La victoire

Venant de quitter mes fonctions d’aumônier national des anciens combattants ce 30 juin dernier, je me dois pour honorer une promesse d’évoquer le 11 novembre 1918, et ce qu’à mes yeux il fut vraiment.

Il représente avant tout un courage militaire sans précédent. Cette remarque vaut pour tous les soldats qui furent engagés dans ce terrible conflit qui vit s’affronter des armées à lourds effectifs et surtout l’apparition d’armes modernes, dont certaines nouvelles, comme le gaz toxique, qui méritaient déjà le nom d’armes de destruction massive. Ce dernier aspect des choses était connu des militaires, comme de certains politiques. Ces derniers avaient encore droit à la parole. C’est parmi eux qu’on trouva ceux qu’on appela les pacifistes, tels, en France, Jules Ferry, Joseph Caillaux et Jean Jaurès, pour ne citer que les principaux. L’entreprise coloniale de Ferry, on l’oublie généralement, eut en partie pour but d’éviter une guerre de revanche, l’opposition féroce de Clémenceau, en 1885, par exemple vise précisément à l’inverse à la provoquer. Lire la Suite →

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Parole de la semaine – 33e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 33ème dimanche du temps ordinaire et avant dernier de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à méditer sur les fins dernières par la méditation de l’Evangile selon Saint Marc chap 13 v 24-32. Ce thème étant rarement abordé dans les homélies, je reproduirai, une fois n’est pas coutume, l’intégralité du texte que j’ai rédigé pour ce dimanche. Je n’ai pas la prétention de combler le vide créé par l’absence d’enseignement régulier sur cette importante question. Mais j’espère simplement susciter des interrogations et montrer que la préoccupation de la fin des temps n’appartient pas qu’aux sectes, mais fait partie de l’enseignement de Jésus lui-même !

Ce passage que l’Eglise nous propose à méditer pour cette avant-dernier dimanche de l’année liturgique n’échappe pas à la tradition qui veut qu’en ce temps nous dirigions nos pensées vers les fins dernières, et ce n’est pas moi qui m’en plaindrai.

Il commence par « Jésus parlait à ses disciples de sa venue », ces paroles ne se trouvent pas exactement au verset 24 ni même auparavant sous cette forme. Cependant elles sont nécessaires et utiles et notre lectionnaire a eu raison de les placer ainsi. Pourquoi ? Parce qu’en fait depuis le début de notre chapitre 13 Jésus parle de sa venue en commençant par annoncer la destruction du temple. Aussi, pour bien essayer de comprendre ce qui nous est dit dans ces versets 26 à 32, il faut dire quelques mots de ce qui précède. Lire la Suite →

« Une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la transparence sur les crimes de pédophilie et leur dissimulation dans l’Eglise catholique »

Voici dans quels termes commence cet écho en forme de pétition[1]que ce vieux sépulcre blanchi[2]qu’est le journal Témoignage Chrétien demande de signer. Une remarque liminaire. Le gros titre ne mentionne que « les crimes de pédophilie dans l’Eglise catholique ». Le texte à signer, écrit en plus petit, comme les contrats d’assurance, demande «  la transparence » et parle de « dissimulation ».  Cette pétition n’est donc pas qu’une demande d’enquête venant d’élus de la nation, c’est aussi un acte d’accusation et de condamnation de l’Eglise catholique et sans jugement, car il y a pire, plus loin, j’y reviendrai !

Je relève cependant tout de suite que les rédacteurs reconnaissent que « l’Eglise catholique est réglée par l’état de droit » ajoutant «  comme toute organisation religieuse en France ». Et il y là une première erreur de taille ! Contrairement aux autres organisations religieuses, l’Eglise catholique est dirigée par une hiérarchie spirituelle ayant à sa tête le Pape, évêque de Rome. Depuis que la France existe, tous les gouvernements français ont traité avec le Pape pour tout ce qui concernait la vie de l’Eglise catholique en France. À deux exceptions près, qu’il est d’actualité de rappeler : Lire la Suite →

Parole de la semaine – 28e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 28e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur la célèbre histoire du jeune homme riche (Marc 10,17-30). Pour bien comprendre tout ce passage, il faut se souvenir qu’à l’époque de Jésus, la richesse était considérée par beaucoup comme une bénédiction. Ici, le Christ nous montre d’une manière astucieuse qu’elle peut prendre la place de Dieu. Cela dit la richesse n’est pas seule en cause. Tout ce qui intéresse les hommes en ce monde peut prendre la place de Dieu. Sans payer l’impôt sur les grandes fortunes, nous pouvons nous trouver dans la situation spirituelle du jeune homme riche. Voici la fin de l’homélie :

Demandons-nous maintenant comment cette histoire peut s’adresser à nous qui ne sommes pas des gens fortunés, à qui Jésus n’a pas demandé de tout quitter pour le suivre… Nous ne sommes pas des gens fortunés ? Personne dans les pays latins n’aime se reconnaître riche. Mais en vérité nous possédons tous plus ou moins quelques biens et si nous étendons le sens des richesses à toutes les activités humaines procurant à l’homme du pouvoir et du plaisir, eh bien nous sommes tous nantis dans un certain nombre de domaines. La question que nous pose notre texte est simple. Ces divers biens que sont l’argent, les sentiments, le pouvoir, le sexe, le travail, etc, ne tiennent-ils pas dans notre vie la place de Dieu ? Lire la Suite →

Eloge de la terreur

Puisque depuis plusieurs jours on l’agite de nouveau sous nos yeux pour nous imposer une organisation de l’islam de France et recommencer une campagne pro avortement, je voudrais vous inviter à une réflexion sur cette méthode de gouvernement par la terreur dont le raffinement subtil est français. Si elle avait pu donner lieu à un brevet, la France serait riche de droits d’auteur, tant elle a été copiée, et même « améliorée », ce qui prouve au passage les qualités certaines de son système. Par pédagogie, pour mieux découvrir la puissance de la terreur, faisons un moment son éloge, découvrons sa séduction ! Au point où nous en sommes en France, c’est le seul moyen de faire comprendre que le diable est dangereux, tout simplement parce que sa beauté existe !

La première chose à comprendre en ce qui concerne la terreur noble, la bonne, celle que nous avons inventée, c’est qu’elle vise un bien universel capable d’être instauré partout sur notre terre. L’Église ne parlait et ne parle toujours que de bien commun, pour sa doctrine sociale, ce qui ne peut faire venir à l’esprit que le spectre de la médiocre charité chrétienne. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 24e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 24ème dimanche du temps ordinaire, j’ai choisi la première lecture Isaïe 50 vv 5-9, un des passages célèbres des chants du Serviteur souffrant, dans lesquels les premiers chrétiens et l’Eglise à leur suite ont vu l’annonce de la passion de Jésus. Ce dernier l’annonce d’ailleurs à ses disciples dans l’Evangile du jour (Marc  8 v 27-35). L’homélie se termine par le commentaire de ce verset : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille et moi je ne me suis pas cabré, je ne me suis pas rejeté en arrière. »

Ne pas se cabrer devant la parole de Dieu, ne pas se rejeter en arrière, voilà la seule attitude positive devant elle, tant pour celui qui en est le ministre que pour celui qui l’écoute. Et ce n’est pas toujours facile nous le savons tous. Mais ce que nous savons aussi, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, c’est que toutes les fois que nous ne nous sommes pas cabrés, toutes les fois que nous ne nous sommes pas rejetés en arrière, nous avons été heureux d’avoir obéi. Toujours attentifs à la parole prêchée, sachons ne pas nous cabrer devant elle. Lire la Suite →