« Le grand soir ? »

Tout a été presque dit sur l’événement qu’a constitué la rencontre du président de la République et la Conférence des évêques de France ce lundi 9 avril aux Bernardins. Un premier constat : ce lieu continue à inspirer, et je n’ai pu m’empêcher de penser au Cardinal Jean Marie Lustiger. Étant un vieux parisien, j’avais pu mesurer en son temps le pari énorme que constituait la restauration de cet ancien couvent cistercien. Le Cardinal a osé, comme il l’a toujours fait dans sa vie, parce qu’il croyait à la puissance de la vérité catholique, active dans les paroles et dans les actes, puissante dans ses constructions de toutes sortes, artistiques y compris, dans l’architecture religieuse en particulier. Car ce n’est pas en vain qu’on célèbre la messe dans une ancienne église dont les pierres sont patinées par des siècles de prières. Et quand il s’agit de Notre Dame de Paris, l’archevêque, se sachant soutenu par les prières qui se sont élevées à l’abris de ces murs depuis leur construction, peut avoir toutes les audaces. Faire restaurer un couvent médiéval ne lui fera pas peur, il sait qu’il ne fera pas que sauvegarder le patrimoine, ce qui est déjà bien, il a la certitude de remettre en place un lieu-relai de l’Esprit de Dieu qui ne soufflera jamais sans effet. Nous en avons eu la preuve avec l’extraordinaire discours de Benoît XVI en 2008, et nous venons d’en avoir une confirmation supplémentaire avec la réunion de ce 9 avril. Lire la Suite →

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Parole de la semaine – 3e dimanche de Pâques

Pour ce 3e dimanche de Pâques, l’Eglise nous invite à méditer sur l’Evangile de Saint Luc, chap 24 v 35-48. Relevons tout d’abord l’insistance sur la difficulté de croire en la résurrection des morts. Elle ne commence pas avec ce que nous appelons notre monde moderne, mais avec les apôtres et leurs compagnons ! Pour la vaincre, Jésus va jusqu’à se risquer à faire croire que son corps glorieux n’a pas atteint la perfection. Il montre ses plaies et va même jusqu’à manger du poisson grillé ! En fait, il poursuit sa pédagogie de l’abaissement, j’entends par là faire découvrir aux hommes le triomphe de la vie, là où la mort semble avoir le dessus. En Jésus agonisant le bon larron reconnaît un roi qui va régner. En Jésus mort, le centurion discerne le Fils de Dieu. Et dans notre texte de ce jour, les apôtres et leurs compagnons confessent le Christ ressuscité par l’apparition d’un corps blessé ayant besoin de nourriture ! La fin de l’homélie explique le “pourquoi“ d’une telle pédagogie.

Revenons aux détails de notre texte. Lire la Suite →

“L’heure du royaume de France est-elle venue?”

Préface de Jean Tulard de l’Institut, Éditions Via Romana, 324 pages, 12€

Le titre de mon dernier ouvrage n’est autre que la réflexion de Luther, selon Michelet, apprenant la terrible défaite française de Pavie, en 1525. Le Réformateur allemand y voyait un signe annonçant peut-être la fin de notre pays, d’autant plus que le roi y avait été fait prisonnier. Ce dernier était d’ailleurs conscient de l’ampleur du drame:” Tout est perdu fors l’honneur “, avait-il écrit à sa mère. Et la France demeurait un pays riche quoique vaincu! La rançon royale fut payée et notre pays reprit sa marche en avant, devenant jusqu’en 1789 le premier pays d’Europe, arbitre du bon goût, des arts en général et surtout de la paix. De 1774 à 1789, durée du règne personnel de Louis XVI, il n’y eut aucune guerre en Europe. La France avait le pouvoir de les empêcher. Elle le fit par deux fois! Mais il avait fallu mener un combat dispendieux contre l’Angleterre, certes pour aider “ les insurgents “ d’Amérique, mais aussi et surtout pour avoir la possibilité de reconstruire une marine moderne garante de notre liberté de commerce. La dette de l’Etat était très lourde, mais non sans solutions. Pour faire bref, tout reposait sur une réforme fiscale adaptée aux nouvelles donnes de la société. Les privilégiés devaient renoncer à “ leurs droits acquis “, et pour cela être animés de sentiments fraternels et altruistes. L’Eglise devait donner l’exemple, parce que le roi de France était son fils aîné et qu’elle constituait le premier ordre du royaume “ très chrétien “ (et aussi le plus riche). Lire la Suite →

Messe de la Fraternité du Sacré Coeur
Je célébrerai ou concélébrerai cette messe le mardi 6 mars 2018 à 18h30 à l’église Saint Roch, 296 rue Saint Honoré 75001 Paris
Réunion à l’issue de la messe : Réflexion sur une redéfinition des relations entre les religions et l’Etat. Introduction par le P. M Viot. Prévoir trois quarts d’heure d’échange au maximum.

Mon dernier livre vient de sortir aux Éditions Via Romana 

« L’heure du royaume de France est elle venue ? », préface de Jean Tulard de l’Institut. Éditions Via Romana. 12€ (324 pages, format poche)
Je le présenterai dans mon prochain blog.

Un préfet ou un calife pour « l’islam en France » ?

L’annonce récente du Président de la République, Emmanuel Macron de s’occuper de l’organisation du culte musulman en France constitue un événement capital dans ce quinquennat, et pourrait même, si un tel projet était mené dans de bonnes conditions et orientations, se révéler l’un des plus utiles pour la France. Personne n’en a eu le courage jusqu’à présent du fait de l’agitation des fantômes de la loi de 1905, de divers concours de circonstances, de jeux idéologiques pervers avec l’islam et de la pusillanimité de tant de dirigeants politiques.

Je ne saurais cependant donner blanc-seing au président : j’appelle certes de mes vœux un bon projet, établi sur de bonnes bases et bien mené, avec toute l’assurance, la volonté et l’autorité d’un président hardi ; mais, connaissant le sujet[1], sa difficulté, ses enjeux, et au vu des quelques signaux déjà perçus depuis la campagne présidentielle – nature des réseaux de pouvoir qui ont soutenu le candidat Macron, parution du fameux rapport de l’Institut Montaigne « Un islam français est possible »[2]… – et de la très mauvaise orientation de la gestion de l’islam en France depuis les années 1980, je reste circonspect, et propose ces quelques conseils. Lire la Suite →

La prison comme miroir d’une société

Parce que de 2004 à 2014, et de 2013 à 2018, j’ai occupé, avec d’autres fonctions, la charge d’aumônier de prison, poursuivie par celle d’aumônier dans la gendarmerie nationale (cumulée avec l’aumônerie nationale des anciens combattants), j’estime qu’il est de mon devoir de faire entendre une voix pastorale, qui n’engage que moi sur cette question, actuellement non réglée quant au fond.

En premier lieu, il faut être clair et juste si possible. Cette crise n’est pas imputable à l’actuel gouvernement. Tous les français, ainsi que les précédents gouvernements en sont responsables, depuis des dizaines d’années.

Qu’on se souvienne, ou qu’on se documente de ce que furent les réactions, quand le Président Valéry Giscard d’Estaing, pendant son mandat, est allé visiter une prison et a serré la main de détenus. A droite comme à gauche on protesta ! Les uns au nom de la morale et de l’exemple quant à l’ordre public, les autres ne voulant y voir que de la démagogie à but électoral ! J’étais pasteur luthérien à l’époque et la providence m’avait rapproché des soutiens du futur président dès le premier tour des élections de 1974, pour éviter l’application du programme commun et la participation de quatre ministres communistes au gouvernement. Je n’ai jamais pu lire, et c’est tant mieux, dans les pensées secrètes des hommes. Lire la Suite →