Un sondage en eaux troubles

Je me sens moralement obligé, comme prêtre de l’Église catholique, et bien sûr ne parlant qu’en mon nom, de dire publiquement mon désaccord avec les méthodes de travail de la commission prétendument indépendante, la CIASE. Car il faut être précis, l’extrême gravité du sujet l’exige, le rapport d’une telle commission ne devrait résulter que de la consultation d’archives et d’auditions de témoins ou de lectures de dépositions écrites, certainement pas en y rajoutant les méthodes propres aux sondages. Or, c’est ainsi qu’a travaillé la commission, et je me fie ici à un spécialiste ! Globalement, observe-t-il, le rapport parle de 3000 prêtres prédateurs sexuels en 70 ans, et extrapole (par les techniques de sondage) à 216 000 le nombre de leurs victimes. Car le chiffre de 330 000 inclut les laïcs employés par l’Église catholique dans les écoles ou autres activités auprès des jeunes. Je ne néglige pas ces victimes supplémentaires. Mais je distingue leurs agresseurs. Les prêtres, à cause de leurs vœux religieux et des fonctions particulières qu’ils exercent, sont revêtus d’une autorité sacrée. Leur ministère configure au Christ. S’ils sont coupables d’abus, leur faute est beaucoup plus grave que celle des laïcs ! De plus, ceux qui comme moi sont nés en 1944, ont bien connu et vécu la période couverte par l’enquête de la commission, 1950-2021. Ils savent très bien qu’on ne peut appliquer les mêmes chiffres multiplicateurs dans les statistiques à la période qui va de 1950 à 1970 qu’à celle qui va de 1980 à nos jours. Le regard des institutions qui s’occupaient de jeunes, Église, Éducation Nationale, Jeunesse et sports, etc….a changé entre ces deux époques. Cela vaudrait la peine de bien creuser ce problème. De toutes façons, cela m’amène à un premier constat. Le sondage Sauvé produit deux chiffres, en donnant certes la distinction que je viens d’exposer, mais ceux qui en prennent connaissance ne comprennent pas toujours ; on parle le plus souvent des 330 000 enfants victimes de l’Église et des prêtres. Par ailleurs, on se sert de la supériorité du nombre des victimes abusées par les clercs pour demander la désacralisation du prêtre, certains vont même jusqu’à exiger qu’on ne parle plus du fait qu’il représente le Christ. C’est tout simplement la suppression du in personna Christi capitis, « comme personne représentant le Christ Tête », cela est en filigrane des recommandations du rapport Sauvé, tout comme la limitation du secret de la confession. Qu’est-ce qui permet à une commission, mandatée par l’épiscopat, de s’égarer ainsi dans des domaines qui ne sont pas de sa compétence ? Eh bien les chiffres, les chiffres énormes auxquels on est arrivé, et c’est pourquoi j’y reviens. Car, qu’on ne s’y trompe pas, si l’on avait dénombré dix fois moins de victimes, je serais tout autant indigné par ceux qui ont commis, ou laissé faire de tels crimes. Si je pointe du doigt ces chiffres, c’est uniquement parce que les auteurs du sondage, comme une partie de la presse, ainsi que le catholicisme libéral et moderniste qui en ce moment s’en donne à cœur joie dans ses journaux habituels, veulent en tirer profit pour transformer et détruire l’Église catholique. Je reprendrai plus loin cette question !

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Comme Marie à La Salette, l’Eglise pleure aujourd’hui !

Au terme de cette journée du 5 octobre où je prenais connaissance de la totalité du rapport de la commission Sauvé et des premières réactions qu’il suscitait, mes pensées sont immédiatement allées aux victimes : les jeunes de tous âges dont les vies ont été souillées et compromises, peut-être gâchées en grande partie et aussi aux prêtres qui font honnêtement leur travail, en même temps qu’aux jeunes séminaristes qui se préparent à leur succéder. Oui, je me suis senti en communion de souffrance avec eux, souffrant moi-même, mais ayant la consolation de me trouver vers la fin de mon parcours terrestre, alors que pour eux, à vues humaines, ce n’est pas le cas. Ils vont devoir poursuivre beaucoup plus de temps que moi leur travail dans la vigne du Seigneur , dans l’Eglise , au sein du peuple de Dieu. Et de me remémorer ce psaume huguenot (80 dans la numérotation protestante) que je chantais dans mon enfance, évoquant la vigne du Seigneur ravagée
« D’où vient sa haie toute brisée ?
Aux passants elle est exposée.
Les sangliers, sortant des bois,
Partout ravagent à la fois.
Les hommes et les animaux
Ont dévoré tous ses rameaux ! »

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Un enterrement de première classe

C’est le titre que m’inspire la vision de notre Arc de Triomphe ainsi traité pour mon propos d’aujourd’hui, et qui justifie la musique qui l’accompagne. J’ai hésité, je l’avoue avec une autre expression venant d’un ami qui qualifiait cet acte comme étant « un événement culturel obscène ». Cela dit, je veux bien reconnaître que je n’éprouve pas une particulière attirance pour l’art moderne. J’irai même jusqu’à confesser que très souvent je ne le comprends pas. Ainsi je déteste les colonnes de Buren au Palais Royal, et il m’a fallu du temps pour aimer la pyramide du Louvre, que maintenant j’apprécie, car elle ne jure pas en cette enceinte du Louvre napoléonien, en évoquant, entre autre, la célèbre campagne d’Egypte, et a en plus le mérite d’être transparente.

Pour me faire bien comprendre, de même que je n’aimerais pas que l’on crachât sur une personne que j’aime, je me révolte devant les laideurs vulgaires infligées à des œuvres artistiques de génie. Cela va de mises en scène de nos grands classiques, où les comédiens urinent en scène, comme jadis à Versailles, grâce aux urinoirs portatifs de laquais, à l’entonnoir rouillé placé dans les jardins de ce même château, pompeusement nommé le vagin de la reine.

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Tout va très bien Madame la Marquise

Entendue pour la première fois en 1935, grâce à Ray Ventura et à ses collégiens, dans la version que vous venez d’écouter, cette chanson à sketchs connut très rapidement un grand succès, qui se transforma en triomphe, car elle traversa le temps. Elle demeurait encore célèbre dans les années 1960 !

Pourquoi ? Elle décrivait tout simplement avec humour la sottise humaine, dans ce qu’elle a de plus ridicule : sa si grande allergie à admettre la vérité, qu’elle ne peut y parvenir qu’en ne l’ayant acceptée que par petits morceaux, et ce , à la suite d’un mensonge énorme, comme l’est en fait le titre de la chanson « Tout va très bien ! ». 

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L’or du Rhin et ses Walkyries françaises

La question de la légitimité des Autorités catholiques, évoquée dans mon précédent blog, m’entraîne aujourd’hui à aborder ce qui se passe dans la très riche Église d’Allemagne et qui réveille en France des manifestations susceptibles de créer des Églises parallèles plus nocives pour l’unité catholique que pourraient l’être les formes les plus intransigeantes de la célébration de l’ancienne messe.

Car il devrait être clair qu’en parlant de leur expérience synodale, nos frères catholiques allemands ne pensent pas tous à la même chose. L’ancien luthérien que je suis, ancien membre de la commission de théologie de l’Alliance nationale des Églises luthériennes de France (ANELF), se souvient très bien des tentations protestantes du catholicisme allemand, et du véritable effet hypnotique qu’exerçait sur lui la théologie de la Réforme luthérienne. Je me souviens aussi, pendant mon mandat d’évêque luthérien, avoir rencontré les plus fortes oppositions à la signature des accords d’Augsbourg avec l’Église catholique sur la justification par la foi au sein de ces mêmes universités protestantes allemandes qui influencent tant l’Église catholique d’outre Rhin. Les accords d’Augsbourg, finalement signés en 1999, œuvre de saint Jean Paul II, des Cardinaux Ratzinger et Cassidy avec leur congrégation, ainsi que des luthériens américains, scandinaves et français avec leur commission de théologie, apparaissaient, tant à une majorité de luthériens allemands qu’à une certaine catégorie de catholiques de ce pays, comme un texte ultra-conservateur, de nature à donner à l’œcuménisme un nouveau visage ! Rendez-vous compte, on y parlait du péché originel, de la grâce, on prenait en considération le décret de 1547 du Concile de Trente sur la justification par la foi, on se référait aussi à la Formule de Concorde de 1580, une des confessions de foi luthérienne, bref nous étions des théologiens échappés du Musée Grévin, attachées à des vieilleries poussiéreuses ! Ceux que j’appelle les modernistes n’ont pas tardé à réagir de différentes façons immédiatement après le 31 octobre 1999 (date de la signature des accords en question). Volontairement je ne donnerai pas d’exemples.

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Pas de passe liturgique dans l’Eglise Catholique

Ayant reçu avec la gravité qui s’impose le nouveau motu proprio Traditionis custodes de notre Pape François, je m’étais fixé comme ligne de conduite de n’en rien dire publiquement, sans me priver d’échanger avec quelques confrères amis sur cette importante question. J’estime en effet que son application relève exclusivement des évêques.

Ce qui m’oblige aujourd’hui à sortir partiellement du temps de silence que je m’étais fixé, c’est en tout premier lieu l’angoisse de fidèles et de prêtres que j’estime, très attachés à la messe de Saint Jean XXIII, qui croient que l’extinction de cette forme du rite romain est maintenant programmée, comme peut effectivement le laisser entendre la lettre du Pape aux évêques accompagnant le motu proprio. Cette peur se manifeste d’autant plus que règne une grande inquiétude concernant l’unité catholique, tant par les nouvelles qui nous viennent d’Allemagne que par le récent et indécent tapage des suffragettes de l’ordination presbytérale devenant de plus en plus affligeant ! Il est vrai que les bénitiers de nos Églises sont en ce moment vides pour cause de pandémie et que leurs pieds, qui selon un de leurs livres y trempaient, sont en manque, tout comme, semble-t-il, leurs aspirations ! Ce sera le sujet de mon prochain blog.

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Le salaire de la peur

C’est donc en utilisant la peur que le Chef de l’Etat a décidé de nouer la gerbe de l’ensemble des mesures destructrices de notre civilisation française, prises sous son quinquennat (et tout n’est pas encore voté !). Il n’empêche que le passe sanitaire sera lié au nom de Monsieur Emmanuel Macron, comme la passion douloureuse de Jésus à celui de Ponce-Pilate. Il y eut des ténèbres…

Mais ce mardi 13 juillet, un rayon de soleil vint les percer : la Conférence des évêques de France, prenant acte que le passe sanitaire ne serait pas exigé pour accéder aux églises, invitait « chacun à se mobiliser contre le virus et appelait les catholiques à se mobiliser en prenant leur propre responsabilité vis-à-vis du vaccin ».

Sage recommandation qui incite à la vigilance, sans passer outre la responsabilité personnelle. Les catholiques sont ainsi invités à redoubler de prudence en ce qui concerne leur santé et celle de leur prochain, sans pour autant être obligés de mettre leur raison sous cloche. 

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Du marbre pour statue à la faïence des bidets

Ce titre reprend les images utilisées par une femme politique contemporaine pour exprimer l’évolution de son jugement sur un de nos anciens présidents de la République. 

Au regard des derniers événements politiques que nous venons de vivre, les Français seraient très certainement tentés d’utiliser de la faïence, si l’envie leur prenait d’ériger une statue à leurs dirigeants.

Je ne retiendrai que deux événements, qui à mes yeux annoncent la fin d’un système, permettant de faire mentir le Cardinal de Retz, selon qui on ne sortait d’une ambiguïté qu’à ses dépens ! Certes ceux qui vivent de l’intrigue pouvaient trouver leur compte avec une semblable maxime…mais pour un temps, l’Eminence en donna un triste exemple. Mais avoir la prétention de diriger un pays avec une telle mentalité relève du mépris le plus total du peuple que l’on prétend gouverner, et par voie de conséquence du bien commun.

Première affaire : la loi de bioéthique, que le Sénat avait à juste titre corrigée en maints endroits, est revenue à l’Assemblée nationale. Les députés n’ont tenu aucun compte des propositions des sénateurs, au point que renvoyée au Sénat pour une troisième lecture, ce dernier a refusé purement et simplement de continuer un dialogue de sourds que je n’hésite pas à qualifier de grossier. Ce jeudi 24 juin, il a purement et simplement rejeté le texte des députés, faisant ainsi retomber sur leur seule assemblée la responsabilité de cette loi monstrueuse. Voilà qui fera plaisir aux déconstructeurs de civilisation, dont le professeur-député Jean Louis Touraine, voix autorisée et quasi officielle de Grand Orient de France, qui représente à l’Assemblée la volonté la plus intelligemment déconstructrice. Cela dit, notre Constitution prévoit deux chambres. Les députés ont certes le dernier mot. Mais l’esprit de la Constitution ne devrait-il pas moralement obliger à prendre en compte ce qu’exprime la Haute Assemblée, surtout quand cela rejoint bon nombre de préoccupations spiritualistes, qui vont bien au delà des frontières du seul catholicisme, comme l’attestent d’autres réactions religieuses, comme aussi d’ailleurs un certain nombre de philosophes, ne se réclamant pas forcément d’une religion ? Mais la majorité actuelle de l’assemblée nationale, le parti du Président, a été intransigeante. La loi est votée, telle que le Pouvoir la désirait. 

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La France maison de passe…. sanitaire

Qui l’eut cru ? La cinquième république fondée par le général de Gaulle en 1958, bien qu’ayant conservé sa qualification de laïque, du moins dans les mots, en arriverait après bien des mutations à sacrifier à un nouveau saint inconnu du calendrier, Saint Sanitaire, sans doute le vis à vis masculin de Marianne, parité des sexes oblige ! Et qu’ainsi, à partir de ce 9 juin, un passe sanitaire, va nous être imposé, si nous voulons reprendre ce qu’on appelle une vie normale !

On se souvient de la manière étrange dont cette loi fut rejetée puis votée le 12 mai dernier à l’assemblée nationale. L’astucieux MODEM n’avait pas suivi la majorité LREM, pour finalement la rejoindre, marquant ou croyant marquer une différence avec les partisans d’une loi qui peut se révéler extrêmement dangereuse pour la dignité de la personne humaine et ses libertés essentielles, comme le droit au secret médical. Oh certes cela ne semble pas être remis directement en cause, puisqu’on parle de situation provisoire, due à la menace que fait peser le Covid, on a même instauré ce qu’on appelle des lignes rouges, pour sauvegarder les libertés que j’ai évoquées. Mais il faut croire que celles-ci ne sont pas très voyantes. Et le fait qu’elles aient été instaurées sous un quinquennat qui n’a su que répandre le plus épais brouillard sur l’affaire des gilets jaunes, et qui a traité ensuite l’affaire du Covid d’une manière que les français ne sont pas prêts d’oublier, et continue sur le même mode, avec le seul postulat de la solution vaccinale, interdisant tout soin ! Tout cela n’inspire pas confiance. Il est clair que le gouvernement actuel veut tout savoir de la santé de chaque français. Pour l’instant, cela ne concerne que ce qui tourne autour de l’affaire du Covid….. mais l’appétit vient en mangeant !

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Une nouvelle pandémie : le crétinisme

En ce mois de mai, mois de Marie, au cours duquel notre Saint Père, le Pape François nous encourage à courir le marathon de la prière pour la fin de la pandémie de Covid 19, il ne faudrait pas pour autant oublier le crétinisme, qui certes ne tue pas, mais altère considérablement les facultés mentales. Aussi ne m’y référerai-je que comme à une pathologie liée, selon les médecins à un mauvais fonctionnement de la glande thyroïde, faisant quelquefois apparaître des goitres. L’iode semble être la base des remèdes, moins cher que les traitements officiels proposés pour la Covid, retirés du marché aujourd’hui, et bien entendu les vaccins ! Je me garderai donc d’imiter le capitaine Haddock de Tintin en utilisant le mot crétin dans un sens contraire à la charité chrétienne. J’en parlerai avec toute la compassion nécessaire, due à une maladie qui brouille le jugement. Puisse l’iode se répandre en abondance ! Avec les vitamines D et A et le fer !

Alors nul doute que le crétinisme n’ait précédé de plusieurs longueurs l’épidémie de Covid. Les altérations de jugement que cette maladie provoque ont certainement un lien avec la manière dont nos institutions se sont effondrées depuis plusieurs années et la façon dont a été traitée la pandémie. Le marathon de prières aurait dû commencer plus tôt. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire !

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