« À mourir de honte »

« À mourir de honte » : c’est ainsi que je qualifie la conduite absolument scandaleuse du Service Funéraire de la Ville de Paris, dont j’ai été le témoin ce jeudi 19 mars 2020, dans le cadre de mon ministère de prêtre au service de la pastorale diocésaine de Paris pour les funérailles.

« À mourir de honte » : c’est le titre qui conviendrait au reportage vidéo tourné alors par une équipe du journal Le Parisien, publié sous le titre mensonger « Coronavirus : la tristesse des obsèques à huis clos », et qui s’est révélé être un petit bijou de propagande et de désinformation.

Que s’est-il donc passé ce jeudi 19 mars 2020, vers 15h, à la Basilique Notre Dame du Perpétuel Secours, 55 boulevard de Ménilmontant, Paris 11e ? Lire la Suite →

Sainte Geneviève, Maire de Paris et Mère de la France (née vers 420, décédée vers 500)

Conférence par le père Michel Viot, le jeudi 26 mars à 19h30, Paroisse du Bon Pasteur, Paris 11e

L’ordre dans lequel sont données les fonctions, que selon moi a remplies Geneviève, m’a simplement été dicté par la chronologie et le souci de montrer déjà par le titre que notre Sainte se trouvait à un tournant capital de notre histoire. D’une part il s’agit de la fin de la Gaule gallo-romaine, avec l’installation progressive du royaume franc, et d’autre part de bien manifester que cette grande aventure avait commencé à Paris (Lutèce), ville où Geneviève occupait un rang important quand Clovis en venant y demeurer en fit sa capitale.

Née dans une famille qui jouait déjà un rôle non négligeable, tant à Nanterre (sa ville de naissance) qu’à Lutèce, Geneviève se révéla très tôt comme femme d’une grande foi, et de ce fait une femme de pouvoir. Elle fut remarquée très jeune par l’évêque Germain d’Auxerre, lors de son voyage vers la Bretagne vers 429, selon sa première biographie anonyme du VIème siècle. En la voyant, il aurait dit « Heureux parents qui avez donné le jour à une enfant si respectable ! Elle sera vénérée et grande devant le Seigneur. Admirant sa vie et sa conduite, beaucoup s’éloigneront du mal et abandonnant une vie malhonnête et impudique, reviendront au Seigneur. Ils obtiendront la rémission de leurs péchés et les récompenses promises par le Christ. » (1).

La prophétie du saint évêque se réalisa. Geneviève commença à prendre le voile des vierges consacrées au printemps 438. Elle avait environ dix-huit ans. Comme l’écrit Monseigneur Michel Aupetit, notre Archevêque, dans la belle préface écrite pour un livre sur notre sainte patronne « Par sa consécration, elle manifesta dans sa vie les valeurs évangéliques qu’elle fit rayonner jusque chez les païens, nouveaux maîtres de cette terre encore marquée par la civilisation romaine. » (2). Et ce rayonnement fut capital pour l’Eglise catholique en Gaule, le devenir de Paris, et la création de la France.

Alors que la très grande majorité des païens qui entouraient la Gaule et s’intéressait à Rome était chrétienne, mais hérétique (arienne, niant la divinité du Christ, et de ce fait donnant à leurs chefs politiques des pouvoirs religieux), Geneviève préféra faire le choix risqué, mais de loin le plus utile pour le but qu’elle s’était fixé, de préférer des barbares païens. Elle avait parfaitement compris qu’ils auraient plus de facilité à se convertir au catholicisme. Elle se tourna donc vers Childéric le roi des francs saliens, et gagna sa confiance, son estime et son respect. Elle eut la sagesse de n’exercer sur lui aucune pression religieuse. Et ainsi, elle attendit l’avènement de son jeune fils Clovis, d’une très grande intelligence et surtout son mariage avec la princesse catholique, Clotilde, aussi sainte que belle, pour mettre en œuvre son zèle missionnaire qui justifie le titre de cette conférence.


1 Joël Schmidt « Sainte Geneviève. La fin de la Gaule romaine. » p 35 Editions Perrin 1997.

2 Denis Metzinger « Geneviève au service du bien commun et de la paix. » préface de Mgr Michel Aupetit. p 10 Éditions Parole et Silence 2020.

Je recommande aussi la lecture de « Sainte Geneviève de Paris. » par Dom Jacques Dubois et Laure Beaumont-Maillet. Éditions Beauchesne.

Le conférencier :

Père Michel Viot
Prêtre du diocèse de Blois, au service du diocèse de Paris.
Ancien aumônier national des anciens combattants.
Ancien aumônier dans la Gendarmerie nationale.

Notre Dame de Paris a-t-elle encore droit de Cité ?

Le soir du 9 avril 2018, le président de la République, Emmanuel Macron a prononcé un important discours au Collège des Bernardins. Il y a exprimé, entre autres, son désir de réparer « le lien abîmé» entre l’Eglise catholique et l’Etat. Il a rajouté de nombreuses précisions importantes, comme « Je suis convaincu que les liens les plus indestructibles entre la nation française et le catholicisme se sont forgés dans ces moments où est vérifiée la valeur réelle des hommes et des femmes. Il n’est pas besoin de remonter aux bâtisseurs de cathédrales et à Jeanne d’Arc… La nation s’est le plus souvent grandie de la sagesse de l’Eglise, car voilà des siècles et des millénaires que l’Eglise tente ses paris, et ose son risque. C’est par là qu’elle a enrichi la nation. C’est cela, si vous m’y autorisez, la part catholique de la France». Puis d’évoquer la question du salut « instillée» par l’Eglise, dont il ne craint pas de dire « Cet horizon du salut a certes totalement disparu de l’ordinaire des sociétés contemporaines, mais c’est un tort et l’on voit à bien des signes qu’il demeure enfoui ». C’est la raison pour laquelle, ne méconnaissant pas les ombres d’autres parties de ce discours, je l’ai salué en son temps, avec des commentaires. (1) Lire la Suite →

Le soviet de Lyon

La « trêve pascale » étant maintenant terminée, il importe que l’Eglise se souvienne que sur la terre elle a le devoir d’être militante. Au cas où elle l’aurait oublié, au travers du désengagement de certains, voire de leurs manques, et pire encore de leurs trahisons, le terrible avertissement, que constitue à mes yeux l’incendie de Notre Dame de Paris, est venu nous le rappeler. Le feu  qu’il agresse des cerveaux chrétiens ou leurs sanctuaires de pierres, est le genre d’ennemi qui incite aux questions et aux combats. A ce propos d’ailleurs, je me demande si nous avons tous vu brûler la même chose quand j’entends parler de reconstruction et de restauration. Je fais partie de ces catholiques qui n’admettront ni le modèle Reichstag de Berlin (mais les allemands avaient de bonnes raisons de ne pas reconstruire à l’identique), ni l’intrusion d’une flèche de style contemporain qui serait à notre cathédrale ce que le « vagin de la reine » fut aux jardins de Versailles. Lire la Suite →

Le Père Michel Viot signera le samedi 13 avril 2019 de 15h à 18h à la librairie
Notre Dame de France, 33 rue Galande 75005 Paris, son dernier livre «  Sous le signe d’Emmanuel » (Editions Via Romana) :

  • Tome I – La chute de la Maison France 2012-2017
  • Tome Il – Dans l’attente de l’aube 2017-2018

Chaque tome est en format poche à 12€ l’exemplaire.

 

Le dimanche 17 février 2019 de 12h à 13h30, en direct, sur les ondes de Radio Courtoisie, le libre journal de lumière et d’espérance, émission présidée par le père Michel Viot, sera consacré au thème : Le sacré et le pouvoir.

Y seront évoqués le pèlerinage de Pontmain, concernant la supplique pour le retour du roi, avec son responsable et surtout d’une manière plus générale sur ce sujet l’héritage de la révolution française en lien avec les divers affrontements et débat actuels.

Le professeur Philippe Pichot-Bravard, docteur en droit et historien, auteur du remarquable livre «  La Révolution française », récompensée par le prix Renaissance en 2015, sera des nôtres

Parole de la semaine – 3e dimanche de Pâques

Pour ce 3e dimanche de Pâques, l’Eglise nous invite à méditer sur l’Evangile de Saint Luc, chap 24 v 35-48. Relevons tout d’abord l’insistance sur la difficulté de croire en la résurrection des morts. Elle ne commence pas avec ce que nous appelons notre monde moderne, mais avec les apôtres et leurs compagnons ! Pour la vaincre, Jésus va jusqu’à se risquer à faire croire que son corps glorieux n’a pas atteint la perfection. Il montre ses plaies et va même jusqu’à manger du poisson grillé ! En fait, il poursuit sa pédagogie de l’abaissement, j’entends par là faire découvrir aux hommes le triomphe de la vie, là où la mort semble avoir le dessus. En Jésus agonisant le bon larron reconnaît un roi qui va régner. En Jésus mort, le centurion discerne le Fils de Dieu. Et dans notre texte de ce jour, les apôtres et leurs compagnons confessent le Christ ressuscité par l’apparition d’un corps blessé ayant besoin de nourriture ! La fin de l’homélie explique le “pourquoi“ d’une telle pédagogie.

Revenons aux détails de notre texte. Lire la Suite →

Messe de la Fraternité du Sacré Coeur
Je célébrerai ou concélébrerai cette messe le mardi 6 mars 2018 à 18h30 à l’église Saint Roch, 296 rue Saint Honoré 75001 Paris
Réunion à l’issue de la messe : Réflexion sur une redéfinition des relations entre les religions et l’Etat. Introduction par le P. M Viot. Prévoir trois quarts d’heure d’échange au maximum.

Mon dernier livre vient de sortir aux Éditions Via Romana 

« L’heure du royaume de France est elle venue ? », préface de Jean Tulard de l’Institut. Éditions Via Romana. 12€ (324 pages, format poche)
Je le présenterai dans mon prochain blog.