“L’heure du royaume de France est-elle venue?”

Préface de Jean Tulard de l’Institut, Éditions Via Romana, 324 pages, 12€

Le titre de mon dernier ouvrage n’est autre que la réflexion de Luther, selon Michelet, apprenant la terrible défaite française de Pavie, en 1525. Le Réformateur allemand y voyait un signe annonçant peut-être la fin de notre pays, d’autant plus que le roi y avait été fait prisonnier. Ce dernier était d’ailleurs conscient de l’ampleur du drame:” Tout est perdu fors l’honneur “, avait-il écrit à sa mère. Et la France demeurait un pays riche quoique vaincu! La rançon royale fut payée et notre pays reprit sa marche en avant, devenant jusqu’en 1789 le premier pays d’Europe, arbitre du bon goût, des arts en général et surtout de la paix. De 1774 à 1789, durée du règne personnel de Louis XVI, il n’y eut aucune guerre en Europe. La France avait le pouvoir de les empêcher. Elle le fit par deux fois! Mais il avait fallu mener un combat dispendieux contre l’Angleterre, certes pour aider “ les insurgents “ d’Amérique, mais aussi et surtout pour avoir la possibilité de reconstruire une marine moderne garante de notre liberté de commerce. La dette de l’Etat était très lourde, mais non sans solutions. Pour faire bref, tout reposait sur une réforme fiscale adaptée aux nouvelles donnes de la société. Les privilégiés devaient renoncer à “ leurs droits acquis “, et pour cela être animés de sentiments fraternels et altruistes. L’Eglise devait donner l’exemple, parce que le roi de France était son fils aîné et qu’elle constituait le premier ordre du royaume “ très chrétien “ (et aussi le plus riche). Lire la Suite →

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Messe de la Fraternité du Sacré Coeur
Je célébrerai ou concélébrerai cette messe le mardi 6 mars 2018 à 18h30 à l’église Saint Roch, 296 rue Saint Honoré 75001 Paris
Réunion à l’issue de la messe : Réflexion sur une redéfinition des relations entre les religions et l’Etat. Introduction par le P. M Viot. Prévoir trois quarts d’heure d’échange au maximum.

Mon dernier livre vient de sortir aux Éditions Via Romana 

« L’heure du royaume de France est elle venue ? », préface de Jean Tulard de l’Institut. Éditions Via Romana. 12€ (324 pages, format poche)
Je le présenterai dans mon prochain blog.

Un préfet ou un calife pour « l’islam en France » ?

L’annonce récente du Président de la République, Emmanuel Macron de s’occuper de l’organisation du culte musulman en France constitue un événement capital dans ce quinquennat, et pourrait même, si un tel projet était mené dans de bonnes conditions et orientations, se révéler l’un des plus utiles pour la France. Personne n’en a eu le courage jusqu’à présent du fait de l’agitation des fantômes de la loi de 1905, de divers concours de circonstances, de jeux idéologiques pervers avec l’islam et de la pusillanimité de tant de dirigeants politiques.

Je ne saurais cependant donner blanc-seing au président : j’appelle certes de mes vœux un bon projet, établi sur de bonnes bases et bien mené, avec toute l’assurance, la volonté et l’autorité d’un président hardi ; mais, connaissant le sujet[1], sa difficulté, ses enjeux, et au vu des quelques signaux déjà perçus depuis la campagne présidentielle – nature des réseaux de pouvoir qui ont soutenu le candidat Macron, parution du fameux rapport de l’Institut Montaigne « Un islam français est possible »[2]… – et de la très mauvaise orientation de la gestion de l’islam en France depuis les années 1980, je reste circonspect, et propose ces quelques conseils. Lire la Suite →

La prison comme miroir d’une société

Parce que de 2004 à 2014, et de 2013 à 2018, j’ai occupé, avec d’autres fonctions, la charge d’aumônier de prison, poursuivie par celle d’aumônier dans la gendarmerie nationale (cumulée avec l’aumônerie nationale des anciens combattants), j’estime qu’il est de mon devoir de faire entendre une voix pastorale, qui n’engage que moi sur cette question, actuellement non réglée quant au fond.

En premier lieu, il faut être clair et juste si possible. Cette crise n’est pas imputable à l’actuel gouvernement. Tous les français, ainsi que les précédents gouvernements en sont responsables, depuis des dizaines d’années.

Qu’on se souvienne, ou qu’on se documente de ce que furent les réactions, quand le Président Valéry Giscard d’Estaing, pendant son mandat, est allé visiter une prison et a serré la main de détenus. A droite comme à gauche on protesta ! Les uns au nom de la morale et de l’exemple quant à l’ordre public, les autres ne voulant y voir que de la démagogie à but électoral ! J’étais pasteur luthérien à l’époque et la providence m’avait rapproché des soutiens du futur président dès le premier tour des élections de 1974, pour éviter l’application du programme commun et la participation de quatre ministres communistes au gouvernement. Je n’ai jamais pu lire, et c’est tant mieux, dans les pensées secrètes des hommes. Lire la Suite →

Homélie Jean 6, 37-40 – Messe requiem pour Louis XVI – 20 janvier 2018, St Germain L’Auxerrois

« Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. » (v 39).

Cette affirmation capitale pour l’espérance chrétienne laisse tout de même planer un mystère à cause du passage évangélique dont elle est extraite : le discours sur le pain de vie. En y affirmant la nécessité de manger sa chair et de boire son sang pour obtenir la vie éternelle, Jésus va perdre de nombreux disciples. Après avoir dit : « Cette parole est rude ! Qui peut l’écouter ? », ils s’en retournèrent chez eux et cessèrent de faire route avec lui. Échec pour Jésus ? En apparence sans doute ! Aussi l’évangéliste prend-il soin de nous préciser que « Jésus savait dès le début quels étaient ceux qui ne croyaient pas. » Il ne nous invite donc pas par là à des spéculations sur la volonté secrète du Seigneur. Cela fait partie du mystère de l’élection, qui doit toujours demeurer mystère. En revanche, il s’agit de questionner ceux qui restent auprès de lui, sur leur foi, en premier lieu les douze, et nous à leur suite ! Et je rappelle que parmi les douze il y a encore Judas. Croyons nous donc, comme les douze, que Jésus a les paroles de la vie éternelle pour continuer à le suivre, à être ses témoins, malgré la parole rude sur le pain de vie ?

Nous ne sommes plus très nombreux, aujourd’hui en France, à continuer à suivre Jésus. Et si nous nous tournons vers le passé, comme la messe de ce jour nous y invite, nous verrons que cet abandon du Christ ne date pas d’hier. Lire la Suite →

Liberté des consciences et paix civile

En ce début d’année 2018, qui ne souhaiterait pas, quelle que soit sa religion ou son absence de religion, que soient respectées la liberté des consciences et la paix civile ? Elles vont de pair, et c’est donc en particulier sur la question de leurs liens étroits que j’attends avec beaucoup d’intérêt l’intervention du président de la République sur la « Laïcité ».

A quelques nuances près, mes attentes vis-à-vis de cette intervention recoupent pleinement celles de Jean Baubérot, telles que rapportées par La Croix du 4/1/2018[1] : « qu’il énonce clairement les objectifs de la laïcité. Qu’il rappelle que l’impératif de neutralité vaut pour la puissance publique et que c’est là un moyen pour garantir liberté de conscience et respect mutuel des opinions dans l’espace public. Pour dire les choses autrement, que la laïcité n’impose pas la neutralité de l’espace public et qu’elle n’est en rien synonyme de sécularisation. »

Pour faire encore plus simple, j’ajouterais, désacraliser la « Laïcité à la française », ôter sa lettre majuscule (placée ou non, inconsciente ou non) qui en fait une religion dans une république, qui, pourtant, refuse de reconnaître le fait religieux. Et qui le combat, même et surtout lorsqu’il s’agit du catholicisme. Lire la Suite →