Parole de la semaine – 14e dimanche du temps ordinaire

Ce 14e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur l’Evangile selon Saint Marc chap 6 v 1-6. C’est le célèbre épisode de la prédication de Jésus dans la synagogue de Nazareth , sa ville d’origine. L’accueil mitigé qu’il reçoit lui fait dire : ”Un prophète n’est méprisé que dans son pays…”. Pourquoi ce constat désabusé ? N’est-il lié qu’à cet événement particulier et son intérêt se limite t’il à l’histoire très particulière du temps de l’incarnation ? Je ne le crois pas. J’ai essayé de le démontrer tout au long de l’homélie. Ce qui provoque le constat de Jésus et sa réflexion, ce qui le limite dans son activité de guérisseur, étroitement liée à son exhortation à la foi, c’est l’incrédulité de ses auditeurs. Le connaissant depuis l’enfance, ainsi que sa famille, ils éprouvent de la difficulté à s’élever au dessus du “charnel“. L’humanité de Jésus les écrase, et l’histoire du christianisme nous montre que ce phénomène n’a pas été réservé qu’à la population de Nazareth. Voici la deuxième partie de l’homélie :

C’est pourquoi ses auditeurs de la synagogue de Nazareth concernent les chrétiens de tous temps et particulièrement ceux de notre époque. Depuis Arius[1], puis au IIIe et IVe siècle, on a vu dans l’Eglise des théologiens refuser la divinité du Christ. Et nous constatons, par l’évangile de ce jour, que cela a existé dès le premier siècle, à la formation même de l’Eglise. Les auditeurs de la synagogue de Nazareth étant des ariens avant la lettre. Lire la Suite →

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Parole de la semaine – Dimanche de la Pentecôte

Pour la fête de la Pentecôte, l’Eglise nous invite à méditer sur Jean 15 v 26-27 et Jean 16 v 12-15. Onze premiers versets du chapitre 16 sont ainsi escamotés ! Et c’est bien dommage ; je l’ai expliqué dans mon homélie :

La lecture de ce jour est en effet Jean 15, 26-27 puis le chapitre 16, versets 12 à 15. Ce qui veut dire que les onze premiers versets du chapitre 16 ont été « escamotés ». Or un passage est capital quant au rôle du Saint-Esprit, qui va expliquer pourquoi Jésus dit aux apôtres qu’il est avantageux qu’il s’en aille pour que l’Esprit vienne à eux, ce qui va les entraîner à être hardis. Ecoutons saint Augustin : « en promettant d’envoyer le Saint-Esprit, qu’il a effectivement envoyé, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ disait entre autre beaucoup d’autres choses : il condamnera le monde à cause du péché, à cause de la justice et à cause du jugement. Et avant de passer à un autre sujet il daignait s’arrêter pour expliquer sa pensée plus clairement. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 2e dimanche de l’Avent

Pour ce deuxième dimanche de l’Avent, l’Eglise nous invite à méditer sur le commencement de l’Evangile de Saint Marc 1 v 1-8. Ce passage nous exhorte à la pénitence en évoquant Jean Baptiste. Comment vivons-nous cet indispensable exercice spirituel dans un monde qui veut ignorer le péché, au sein de communautés chrétiennes souvent poreuses à ce genre d’idées ? L’omission du « Je confesse à Dieu » au début de la messe en est un signe parmi d’autres. Un Kyrie, même « habillé » de paroles prétendument de confession ne remplacera jamais un confiteor ! Voici la fin de mon homélie :

Je ne suis pas un idolâtre du ritualisme, mais je connais sa puissance d’enseignement. Tant que l’on ne voudra pas comprendre que la liturgie et la manière de la célébrer sont aussi importantes que l’homélie et conditionnent en très grand partie la valorisation du mystère eucharistique on n’encouragera pas à venir ou à revenir à la messe.

Certains lieux seront désertés au profit d’autres. Et ce sera juste.

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En ce 30e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur Matthieu 22, 34-40. La question posée à Jésus sur le grand commandement nous donne une réponse très actuelle sur ce qu’est un Dieu miséricordieux ! Sa reconnaissance a pour conséquence directe l’amour du prochain, considéré comme “semblable“ en importance à l’amour de Dieu ! Mais semblable ne veut pas dire identique. La rencontre miséricordieuse avec le prochain ne saurait remplacer la communion eucharistique, et d’une manière plus générale l’activisme chrétien, même charitable, la vie sacramentelle. Ces errements qui connurent un certain succès dans les années 1968, ne sont pas tout à fait éteints aujourd’hui… ! Voici la fin de l’homélie :

Il nous reste maintenant et en guise de conclusion à préciser la nature de la similitude entre les deux commandements du sommaire de la loi.

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Parole de la semaine – 24e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 24e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur Matthieu 18, 21-35. Comme dimanche dernier Il y est question du pardon. A partir d’une question de Pierre, Jésus ordonne à ses disciples de toujours pardonner et illustre son propos par la célèbre parabole du serviteur impitoyable. Tout le texte vise le comportement du croyant comme personne privée et non les structures de la société. Cette dernière doit en effet par sa police et sa justice user de la force contre les « méchants » , et cela contribue d’ailleurs à aider au pardon ceux qui ont été leurs victimes. Mais l’essentiel, pour tous, pécheurs honnêtes ou scandaleux, c’est d’avoir conscience qu’ils ne pourront jamais rembourser leur dette envers Dieu, ce que ne comprend pas le serviteur de la parabole. Voici la conclusion de l’homélie :

Et la parabole va illustrer par le même procédé d’exagération, mode oriental d’enseignement je l’ai déjà dit, mais qui ici dépasse la manière pédagogique pour exprimer ce qui est au centre même du mystère du salut : l’immense miséricorde de Dieu mise en lumière par l’énormité du péché de l’homme, montrant ainsi d’une manière ô combien magistrale qu’on ne peut pas parler de l’un sans l’autre. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 22e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 22e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur Matthieu 16, 21-27 qui font suite à la célèbre confession de Pierre et à la non moins célèbre promesse de Jésus : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… ». Et voilà qu’ensuite, ce grand apôtre se fait traiter de Satan ! Pourquoi ? Tout simplement parce que n’admettant pas la passion et ce qui devait suivre, il n’envisage la glorification de son Maître que selon les critères de ce monde, il refuse le mystère de la croix. De fait, la croix comme supplice est un échec cuisant et infamant, tant pour les romains que pour les juifs ! Maudit est celui qui est pendu au bois ! Mais dans le cas de Jésus, c’est une apparence ! C’est « l’hameçon » auquel le diable, Satan justement se fera prendre, et à sa suite tous ceux qui demeurerons volontairement ou non des aveugles devant la Lumière du Christ. Réfléchissons à tout le mal qu’ont produit ceux qui ont trahi la refondation chrétienne de l’Europe au moment où il s’agissait de la reconstruire. Le « arrière de moi Satan » est aussi pour eux :

Regardez le chemin parcouru entre un des grands moments fondateur de la reconstruction de l’Union Européenne, le traité d’amitié Franco-Allemand signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Cette réconciliation fut scellée par une messe à la cathédrale de Reims où les deux chefs politiques prièrent. Et voyons où nous en sommes aujourd’hui depuis que d’autres chefs d’Etat ont poussé l’Europe à apostasier en refusant de reconnaître ses origines chrétiennes. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 20e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 20ème dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur trois textes qui traitent du problème de l’évangélisation des juifs et des païens. Le premier texte, Isaïe 56, 1-7, évoque la venue des païens au vrai Dieu. On remarquera que ces étrangers qui viennent vers la Maison du Seigneur doivent se conformer aux coutumes du pays… ! L’Evangile nous rapporte le célèbre épisode de la rencontre de Jésus et de la femme cananéenne (Matthieu 15, 21-28). Demandant la guérison de sa fille, elle se heurte d’abord au silence du Christ. Voici la fin de l’homélie :

Mais Dieu agit toujours après le silence. Pensons au grand silence d’avant la création dans la tradition juive. Après le silence de Jésus la femme se heurte à deux paroles. La première est une déclaration dont elle devrait logiquement déduire que Jésus ne peut rien pour elle puisqu’elle ne fait pas partie des brebis de la maison d’Israël. Elle pourrait donc s’en aller sur ce simple constat d’incompatibilité. Ce serait sans risque personnel pour elle, sinon pour sa demande pour sa fille, mais commode en tout cas pour tout les autres. Lire la Suite →