Parole de la semaine – 4e dimanche de l’Avent

Pour ce 4ème dimanche de l’Avent, l’Eglise nous invite à méditer sur la Visitation ; la rencontre autant réelle que symbolique entre la Vierge Marie qui vient juste de commencer à concevoir en son sein le Verbe de Dieu et sa cousine Elisabeth, à son sixième mois de grossesse de celui qui sera Jean Baptiste. Le moindre détail de ce récit est porteur de sens. Retenons la fin de l’homélie :

Comme Jean-Baptiste a tressailli dans le ventre d’Élisabeth en entendant la salutation de Marie porteuse de Jésus en son sein, prouvant que Marie a bien un rôle de médiatrice[1]car c’est par la voix de Marie que Jean ressent la présence de Jésus, il faut qu’en nous, à chaque messe, tressaille ce qui est annonciateur du Christ, ce qui en constitue les marques, son emprunte. Mais encore faut-il laisser à Dieu la première place comme ici dans cette rencontre. La première voix qui s’élève est celle de Marie certes, mais elle ne fait que traduire la présence de Jésus en elle, ensuite l’Esprit Saint se manifeste dans l’enfant que porte Élisabeth et enfin dans les propos de la mère elle-même. Lire la Suite →

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Parole de la semaine – 33e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 33ème dimanche du temps ordinaire et avant dernier de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à méditer sur les fins dernières par la méditation de l’Evangile selon Saint Marc chap 13 v 24-32. Ce thème étant rarement abordé dans les homélies, je reproduirai, une fois n’est pas coutume, l’intégralité du texte que j’ai rédigé pour ce dimanche. Je n’ai pas la prétention de combler le vide créé par l’absence d’enseignement régulier sur cette importante question. Mais j’espère simplement susciter des interrogations et montrer que la préoccupation de la fin des temps n’appartient pas qu’aux sectes, mais fait partie de l’enseignement de Jésus lui-même !

Ce passage que l’Eglise nous propose à méditer pour cette avant-dernier dimanche de l’année liturgique n’échappe pas à la tradition qui veut qu’en ce temps nous dirigions nos pensées vers les fins dernières, et ce n’est pas moi qui m’en plaindrai.

Il commence par « Jésus parlait à ses disciples de sa venue », ces paroles ne se trouvent pas exactement au verset 24 ni même auparavant sous cette forme. Cependant elles sont nécessaires et utiles et notre lectionnaire a eu raison de les placer ainsi. Pourquoi ? Parce qu’en fait depuis le début de notre chapitre 13 Jésus parle de sa venue en commençant par annoncer la destruction du temple. Aussi, pour bien essayer de comprendre ce qui nous est dit dans ces versets 26 à 32, il faut dire quelques mots de ce qui précède. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 28e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 28e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur la célèbre histoire du jeune homme riche (Marc 10,17-30). Pour bien comprendre tout ce passage, il faut se souvenir qu’à l’époque de Jésus, la richesse était considérée par beaucoup comme une bénédiction. Ici, le Christ nous montre d’une manière astucieuse qu’elle peut prendre la place de Dieu. Cela dit la richesse n’est pas seule en cause. Tout ce qui intéresse les hommes en ce monde peut prendre la place de Dieu. Sans payer l’impôt sur les grandes fortunes, nous pouvons nous trouver dans la situation spirituelle du jeune homme riche. Voici la fin de l’homélie :

Demandons-nous maintenant comment cette histoire peut s’adresser à nous qui ne sommes pas des gens fortunés, à qui Jésus n’a pas demandé de tout quitter pour le suivre… Nous ne sommes pas des gens fortunés ? Personne dans les pays latins n’aime se reconnaître riche. Mais en vérité nous possédons tous plus ou moins quelques biens et si nous étendons le sens des richesses à toutes les activités humaines procurant à l’homme du pouvoir et du plaisir, eh bien nous sommes tous nantis dans un certain nombre de domaines. La question que nous pose notre texte est simple. Ces divers biens que sont l’argent, les sentiments, le pouvoir, le sexe, le travail, etc, ne tiennent-ils pas dans notre vie la place de Dieu ? Lire la Suite →

Parole de la semaine – 24e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 24ème dimanche du temps ordinaire, j’ai choisi la première lecture Isaïe 50 vv 5-9, un des passages célèbres des chants du Serviteur souffrant, dans lesquels les premiers chrétiens et l’Eglise à leur suite ont vu l’annonce de la passion de Jésus. Ce dernier l’annonce d’ailleurs à ses disciples dans l’Evangile du jour (Marc  8 v 27-35). L’homélie se termine par le commentaire de ce verset : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille et moi je ne me suis pas cabré, je ne me suis pas rejeté en arrière. »

Ne pas se cabrer devant la parole de Dieu, ne pas se rejeter en arrière, voilà la seule attitude positive devant elle, tant pour celui qui en est le ministre que pour celui qui l’écoute. Et ce n’est pas toujours facile nous le savons tous. Mais ce que nous savons aussi, si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, c’est que toutes les fois que nous ne nous sommes pas cabrés, toutes les fois que nous ne nous sommes pas rejetés en arrière, nous avons été heureux d’avoir obéi. Toujours attentifs à la parole prêchée, sachons ne pas nous cabrer devant elle. Lire la Suite →

Parole de la semaine – 21e dimanche du temps ordinaire

Avec ce 21e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous fait achever la méditation de cet important chapitre 6 de l’Evangile selon Saint Jean, v 60-69.

Dans ce passage ce ne sont plus simplement les adversaires de Jésus qui n’acceptent pas le mystère de la manducation de la chair du Fils de l’homme, mais une partie de ses propres disciples. Cela nous montre que les critiques sur la présence réelle et le sacrifice de la messe sont fort anciennes et qu’elles n’ont pas attendu le 16ème siècle et la Réforme protestante pour se manifester. Cela explique aussi pourquoi elles durent toujours et demeurent bien vivaces dans certaines formes modernes du catholicisme. Voici la conclusion de l’homélie :

De nombreux catholiques malheureusement en sont aussi à ce point, à différents degrés bien sûr, mais le fond est le même. Que d’églises catholiques ont été dépouillées de leurs statues, de leurs tableaux, sous prétexte qu’elles n’étaient pas des musées, que de crucifix ont été remplacés par de simples croix, sans parler de l’art de célébrer complétement oublié, tout comme les vêtements liturgiques, « sinistrés » eux aussi, jusqu’à des temps récents ! Lire la Suite →

Parole de la semaine – 14e dimanche du temps ordinaire

Ce 14e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur l’Evangile selon Saint Marc chap 6 v 1-6. C’est le célèbre épisode de la prédication de Jésus dans la synagogue de Nazareth , sa ville d’origine. L’accueil mitigé qu’il reçoit lui fait dire : ”Un prophète n’est méprisé que dans son pays…”. Pourquoi ce constat désabusé ? N’est-il lié qu’à cet événement particulier et son intérêt se limite t’il à l’histoire très particulière du temps de l’incarnation ? Je ne le crois pas. J’ai essayé de le démontrer tout au long de l’homélie. Ce qui provoque le constat de Jésus et sa réflexion, ce qui le limite dans son activité de guérisseur, étroitement liée à son exhortation à la foi, c’est l’incrédulité de ses auditeurs. Le connaissant depuis l’enfance, ainsi que sa famille, ils éprouvent de la difficulté à s’élever au dessus du “charnel“. L’humanité de Jésus les écrase, et l’histoire du christianisme nous montre que ce phénomène n’a pas été réservé qu’à la population de Nazareth. Voici la deuxième partie de l’homélie :

C’est pourquoi ses auditeurs de la synagogue de Nazareth concernent les chrétiens de tous temps et particulièrement ceux de notre époque. Depuis Arius[1], puis au IIIe et IVe siècle, on a vu dans l’Eglise des théologiens refuser la divinité du Christ. Et nous constatons, par l’évangile de ce jour, que cela a existé dès le premier siècle, à la formation même de l’Eglise. Les auditeurs de la synagogue de Nazareth étant des ariens avant la lettre. Lire la Suite →

Parole de la semaine – Dimanche de la Pentecôte

Pour la fête de la Pentecôte, l’Eglise nous invite à méditer sur Jean 15 v 26-27 et Jean 16 v 12-15. Onze premiers versets du chapitre 16 sont ainsi escamotés ! Et c’est bien dommage ; je l’ai expliqué dans mon homélie :

La lecture de ce jour est en effet Jean 15, 26-27 puis le chapitre 16, versets 12 à 15. Ce qui veut dire que les onze premiers versets du chapitre 16 ont été « escamotés ». Or un passage est capital quant au rôle du Saint-Esprit, qui va expliquer pourquoi Jésus dit aux apôtres qu’il est avantageux qu’il s’en aille pour que l’Esprit vienne à eux, ce qui va les entraîner à être hardis. Ecoutons saint Augustin : « en promettant d’envoyer le Saint-Esprit, qu’il a effectivement envoyé, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ disait entre autre beaucoup d’autres choses : il condamnera le monde à cause du péché, à cause de la justice et à cause du jugement. Et avant de passer à un autre sujet il daignait s’arrêter pour expliquer sa pensée plus clairement. Lire la Suite →