L’indispensable unité catholique

Trois éléments ont aggravé la situation actuelle. D’une part le dialogue stérile et nocif avec les musulmans inclus dans la communauté nationale, auxquels il faut ajouter les immigrés qui vivent sur notre sol. Cela a souvent révélé des incohérences doctrinales, provoquant des critiques méchantes, portant vite atteinte à l’unité. Celles-ci se transforment vite en péchés contre la charité, qui est pourtant son indispensable et véritable ciment. Et, surtout depuis 2012, une attitude inamicale, voire hostile des différents gouvernements à l’encontre de l’Eglise catholique. Le troisième élément, je le dis avec douleur et chagrin, étant la persistance de la désunion des catholiques de France qui paralyse toute action sérieuse.

Il semble, entre autre, que le mépris dans lequel les tient le pouvoir politique les incite à renforcer leurs divisions, comme si, ceux qui nous gouvernent pourraient préférer les uns aux autres ! Qu’avons-nous donc dans les yeux pour ne pas voir le cynisme du monde politique actuel vis-à-vis de tout ce qui est religieux ? Car nous nous étions tout de même rendus compte que le monde musulman n’intéressait les détenteurs actuels du pouvoir depuis 2012, que comme réservoir de voix électorales.

En réalité, si les catholiques de France sont tant méprisés en haut lieu, c’est parce que le pouvoir a le sentiment de leur mollesse et qu’ils n’ont plus aucune influence électorale, qu’il les tient donc pour quantité négligeable dans ses différents projets de lois, et mieux qu’il compte faire d’une pierre deux coups en les attaquant de diverses façons pour les diviser encore plus ! Et l’on ne peut exclure, hélas, que la situation psychologique qui est faite à tous les français, à cause de la situation sanitaire, provoquant, énervement et peur avec leurs conséquences, soit exploitée aussi dans ce sens.

Il faut donc retrouver rapidement son sang-froid, car le catholicisme français vit en ce moment une période décisive. Il y risque sa visibilité sur la place publique, et peut devenir une Église de catacombes, plus rapidement qu’il ne se l’imagine. Je viens d’évoquer la crise sanitaire. Sans entrer dans les détails, car je ne veux pas jeter d’huile sur le feu, nous n’avons pas su rester unis sur l’essentiel, le virus est même allé dans certains cas, jusqu’à prétexter des règlements de compte liturgiques, et quand à juste titre le mouvement « pour la messe » s’est formé et exprimé, j’ai entendu et lu des jugements aussi hâtifs que peu fraternels sur la sincérité de cette légitime réclamation. 

De plus, il me semble que dans de telles circonstances, il n’est ni charitable, ni opportun d’en rajouter, en matière de susceptibilités touchant des formes de piété. La où des fautes auraient été commises récemment dans ces derniers domaines, n’y aurait-il pas lieu de prendre un peu de distance et de relativiser ? 

Si, par exemple, on prend la question importante de mise en danger de la vie d’autrui, par négligence, ce sont toutes sortes d’organismes en France, ainsi que des personnes de beaucoup de milieux de notre société qui doivent se voir mises en examen ou sujettes à enquête ! Je trouve étrange que dans la dernière affaire, concernant une vigile de Pâques à Paris, la presse se soit pressée de jeter en pâture le nom des accusés, deux prêtres, et ait gardé dans l’anonymat le plus total le nom de l’accusateur, se contentant d’une explication peu convaincante pour expliquer sa délation.

Et ce procédé, qui m’inspire quelque dégoût, m’amène à la question de la pédophilie, avec laquelle on a particulièrement bien tourmenté l’Eglise catholique ces temps-ci. Il me semble que cette dernière a dit tout ce qui était nécessaire, et a tout fait pour réparer ce qui pouvait l’être et prévenir des récidives. Elle applique la tolérance zéro et a bien pris acte du nouveau principe régissant ces sortes d’affaires. Mais je me dois de rappeler que c’était exactement le contraire dans les années 1960-1970, tant dans l’Eglise que dans l’Education Nationale, ce qui explique, sans pour autant les justifier certaines situations.

Cela dit, il faut faire la différence, surtout dans l’Eglise, entre l’incitation à la vigilance et la délation.

À cause du péché extrêmement grave de quelques-uns, nous n’allons tout de même pas bâtir une Église du soupçon, qui est tout le contraire d’une Église de l’espérance et du pardon, celle du Christ ressuscité. C’est une chose de que d’offrir aux gens la possibilité de se faire entendre, une autre que de placer des affiches incitant à dénoncer. Il n’y manque plus qu’une prime, sous forme d’indulgences, pourquoi pas, puisque l’Eglise n’a pas d’argent ! 

J’ai vu ce genre d’affiches, dignes de nos anciens westerns, et j’ai pensé à nos séminaristes, puisque nous manquons de vocations. Frapperont-ils à la porte d’un séminaire au fronton duquel sera écrit, d’une manière subliminale, « l’un de vous me trahira », parole évangélique certes, mais peu appropriée en la circonstance ? 

Ne vaudrait-il pas mieux promouvoir une théologie vraiment catholique du sacerdoce ministériel, et insister sur le perfectionnement de la configuration à la personne du Christ, que donne l’ordination aux ordres sacrés, celle-ci n’installant pas d’abord dans une fonction, mais créant une croissance de l’être spirituel. Mais vous allez les placer sur un piédestal qui les séparera du monde ! Me répondra-on !

Et après ? Cette situation, quand elle est coordonnée avec justesse à l’ordre hiérarchique de l’Eglise, attire par sa claire luminosité. Faites descendre de ce piédestal, et certains s’engageront alors dans un escalier les enfonçant dans des bas fonds qui risquent fort de les placer en première page des journaux. Et l’effet nocif ne s’arrêtera pas là.

L’Eglise constitue en effet un corps. Ce qui injecté à l’un de ses membres a des conséquences pour les autres. Si l’on fait planer des soupçons sur les prêtres, ceux-ci ne s’arrêteront pas à eux. Ils généreront des cascades de calomnies destructrices d’unité et d’amour. 

Un évêque peut prendre une décision qui surprenne certains de ses diocésains, tout comme un Pape ! Pourquoi tout de suite étaler au grand jour ce qui vous apparaît comme critiquable, et qui l’est peut-être, mais à la seule lumière de ce que vous savez ! Et , en conscience, vous ne pouvez pas tout savoir. Pour ne prendre qu’un exemple, en me souvenant de faits que j’ai vécus, quel catholique peut oser juger le Pape sur ses relations avec la Chine, à propos de l’Eglise catholique qui s’y trouve, divisée comme on le sait.

A l’époque où j’avais déjà un certain nombre de responsabilités dans l’Eglise évangélique luthérienne de France, j’ai pu mesurer à quel point, il était difficile de maintenir un dialogue avec un pouvoir communiste, en l’occurrence, la République démocratique allemande, où se trouvait la majorité des luthériens de toute l’Allemagne. J’ai pu ainsi connaître aussi de très près la situation du clergé orthodoxe en Russie soviétique. Deux soucis majeurs doivent alors habiter le cœur des responsables chrétiens, veiller au maintien du dépôt de la foi en épargnant le maximum de vies. C’est une manière de reprendre la célèbre expression de Pie XII pendant la deuxième guerre mondiale : le martyre ne se décrète pas de Rome. 

Enfin, parmi ceux qui entourent nos chefs religieux, il y a, tout comme dans nos paroisses, ainsi que dans nos familles des maillons faibles. Quand ils cèdent sous le poids d’activités, faut-il immédiatement sauter sur l’occasion pour mettre en péril toute l’institution ? Je ne pense pas qu’on doive vivre ainsi dans l’Eglise catholique.

Et ce, surtout aujourd’hui ! Je reviens à mon propos du début. La situation de notre pays est plus que préoccupante. Un climat détestable de méfiance s’est considérablement aggravé depuis le début de la crise sanitaire, on l’a d’ailleurs nourri en cultivant la peur. 

Bref, le pays peut parfaitement basculer dans une guerre civile, à cause de problèmes sociaux qui risquent fort de devenir insolubles, d’autant plus que la France perd au fil des ans toute souveraineté, pour pouvoir agir dans son intérêt, et que les dits-problèmes peuvent très lourdement s’aggraver si des questions religieuses s’y ajoutent. 

Aussi, faut-il mettre entre parenthèses toutes les dissensions qui ont jusqu’à présent, divisé le monde catholique en France pour s’unir afin de défendre la liberté de l’Eglise catholique dans notre pays et la place particulière qu’elle doit y occuper au nom de l’histoire, de la culture et des accords officiels existants entre le Saint Siège et la République. La loi confortant les valeurs de la République appelée aussi, loi contre le séparatisme, peut remettre en cause, l’équilibre auquel l’Eglise et la République était parvenus de 1924 à 2012. Nous devons, nous catholiques être entendus sur un certain nombre de points soulevés par la loi de bioéthique et demeurer absolument unis pour refuser l’allongement à 14 semaines de l’IVG, et l’autorisation d’IMG à 9 mois, d’enfants ne souffrant d’aucune malformation, refuser l’euthanasie et le suicide assisté, exiger l’objection de conscience pour tout catholique confronté à ce genre d’obligation, inciter à la désobéissance pacifique et demander à nos évêques l’application des sanctions religieuses à qui obéirait à ces lois bravant la loi naturelle. Il serait alors de notre devoir d’avertir les autorités constituées que si elles passent outre, elles perdent toute légitimité et légalité aux yeux du Catholicisme. Oserons nous ?

Le gouvernement a choisi une mauvaise méthode pour éviter le séparatisme. Il croit ménager les musulmans de France, en traitant les religions de ce pays de la même manière. Il nous sert en fait une fausse égalité, parce que son raisonnement donne l’impression qu’il considère les religions concernées comme identiques ! Alors qu’elles sont à l’évidence différentes, et que la seule façon pour un État laïc de leur permettre de vivre en harmonie est de respecter leur caractère propre.

Car il va de soi qu’aucun catholique n’attend de lui qu’il se prononce sur le critère de vérité, mais simplement sur celui qui le regarde, l’ordre public. D’ailleurs c’est ce qu’il est obligé de faire, avec la mosquée de Strasbourg et l’école que cette même tendance musulmane prétendait ouvrir. Le pays étranger qui cautionne ces deux institutions n’est pas notre ami. Ce motif suffit pour interdire à ces bâtiments d’exister. Et je regrette qu’un homme intelligent et cultivé comme Monsieur Mélanchon en profite pour attaquer avec astuce le Concordat et nous faire un couplet, finalement médiocre sur la laïcité. J’ai envie de lui dire reprenant cette apostrophe de Jean Jaurès vis à vis d’un opposant, dont il connaissait les capacités intellectuelles « pas ça, ou pas vous ! ».

N’en arrivons pas là dans l’Eglise. Et dès maintenant agissons dans le sens de l’unité. En mai va commencer le mois de Marie, Patronne principale de la France. Ah, si les piscines de Lourdes pouvaient être les premières réouvertes ! Mais cela regarde la direction des sanctuaires ! Plus modestement, mais tout aussi efficacement, nous pouvons à Paris nous rassembler au nom de ce qui fait la grandeur de Lourdes, son instrument humain, qui compte parmi les humbles dont la Vierge Marie, dans son Magnificat a annoncé l’élévation par Dieu, Bernadette Soubirous, dont la paroisse Notre Dame de Lourdes, dans laquelle j’ai le bonheur de coopérer, va recevoir les reliques, les 23 et 24 avril. 

Elle ne sera pas la seule paroisse parisienne à avoir cet honneur, elle le partagera avec Saint Germain L’Auxerrois, Saint Nicolas des champs, sanctuaire auprès duquel il faut se renseigner. C’est le moment de venir prier pour l’union de tous les catholiques de France afin de faire face ensemble à la grande épreuve que Dieu nous envoie. Et pourquoi ne pas reprendre « les gestes de Lourdes » comme signe de ralliement de tous les catholiques de ce pays.

Un commentaire

  1. Une belle leçon de tempérance que ce blog du père Michel Viot !
    Il a raison, bien évidemment, mais il faut reconnaitre qu’il est difficile d’adhérer aux décisions « religieuses » de notre gouvernement…comme à ses contritions sur l’Algérie musulmane par exemple…
    En ce qui me concerne je ne parviens pas à me résoudre à cette « égalité » des religions, dont celle qui tue selon le commandement de son prophète.
    Le mieux et le plus équitable serait que les musulmans ne viennent plus chez nous, Chrétiens, pour nous voler et assassiner.
    Le « Pardon » est arrivé avec les Chrétiens alors que les musus en sont toujours à la vengeance…

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