Sous le signe d’Emmanuel

A paraître dans quinze jours mon prochain livre en deux volumes de poche aux éditions Via Romana : « Sous le signe d’Emmanuel ».

Tome I : « La chute de la Maison France (2012-2017) »

Tome II : Dans l’attente de l’aube (2017-2019)

Derrière ce titre ne se cache pas un mélange plus ou moins subtil d’exégèse biblique, d’occultisme astral, ou de politique fiction, mais une suite de réflexions que je me suis senti obligé de coucher par écrit depuis 2014. A partir de cette date en effet, j’ai tenu un blog, et j’ai cru utile de relever, entre autres, toutes les attaques dont notre civilisation judéo-chrétienne était l’objet, et l’Eglise catholique en particulier. Cette dernière a toujours gêné ceux qui voulaient réduire l’humanité en esclavage par des cultes idolâtres divers et variés. Ceux-ci s’incarnant dans les idéologies, le sexe, l’argent, le consumérisme et j’en passe… Et tous les moyens ont toujours été utilisés pour la discréditer. A la date à laquelle j’ai commencé à écrire, il ne faisait aucun doute qu’il fallait se préparer à de grands assauts. En fait, et pour être tout à fait clair, je serrais mon poing et mon stylo depuis 2012, et plus exactement depuis un certain mois de mai de cette année néfaste, et même fort mauvaise pour le vin de Bordeaux. A ce moment, le candidat François Hollande devint le président « normal » de notre République, élu essentiellement par ce que toutes les sensibilités politiques en présence comptaient d’anti-sarkozystes, en y ajoutant les lobbies voulant créer une civilisation anti-judéo-chrétienne, sans oublier ceux des électeurs qui préféraient des drapeaux étrangersà notre drapeau tricolore, comme on le vit place de la Bastille, le soir du triomphe.

Aussi mon ouvrage intitulé « Sous le signe d’Emmanuel »se décompose-t-il en deux tomes. La présidence de François Hollande, tome 1, porte comme sous-titre « la chute de la Maison France », et celle d’Emmanuel Macron, tome 2, « Dans l’attente de l’aube ».

La journée d’investiture enchaîna l’affichage de symboles inquiétants : place de second rang à l’Elysée dévolue au Cardinal Archevêque de Paris et au Grand Rabbin de France, au profit d’autres personnalités… Discours devant la statue de Jules Ferry pour louer son action en faveur de la laïcité, tout en condamnant sa politique coloniale, et au passage salut, à mon avis immérité, à Georges Clémenceau comme humaniste, ennemi du « colonialiste Ferry. », pour terminer à l’hôtel de ville de Paris par un discours glorifiant la Commune de 1871, devant le Cardinal Archevêque et ses évêques auxiliaires, « oubliant. » peut-être que celle-ci avait fait fusiller Monseigneur Georges Darboy avec quelques autres otages, à la prison de la Roquette (sans oublier les 11 prêtres faisant partie des 50 otages de la rue Haxo et les cinq dominicains d’Arcueil avec 9 de leurs employés, tous fusillés par les communards). Il était clair qu’il ne ferait pas bon être catholique sous ce quinquennat ! C’était aussi une manière de déchirer dans les mémoires le discours du Latran de son prédécesseur tant honni ! Voilà qui réglait les comptes de ce qui pouvait exister avant le retour à une « normalité » présidentielle. En bon partisan du quinquennat, contre le septennat, l’heureux élu pensait évidemment à la suite, à sa réélection. Ce système permettant en principe à ses yeux, de briguer plus facilement et avec succès un second mandat, avec des ministres et des majorités de députés dociles, tous ayant leur sort lié à celui du président.

D’où l’importance accrue du « Château » (l’Elysée) et des principaux personnages qui l’animèrent sous les ordres du président. Dès le début du quinquennat, Emmanuel Macron, cheville ouvrière du programme hollandiste, se retrouva donc bien placé à un poste de commande, puisque secrétaire général adjoint de la Présidence de la République. Peu connu du grand public, il l’était en revanche de personnes très influentes, qui le firent remarquer par François Hollande avant son arrivée au pouvoir comme esprit brillant, connaissant l’économie et la Banque, sachant bien communiquer. Dominique Strauss-Kahn avait laissé une place vide au parti socialiste arrivé au pouvoir, celle du spécialiste de « l’ennemie », la finance… Si certains pouvaient s’en accommoder, sans trop de chagrin, cette absence constituait tout de même un moins. François Hollande avait suffisamment de « métier » politique pour s’en rendre compte. Il avait été bien formé en cela. De plus, Emmanuel Macron était très jeune, il pouvait patienter le temps d’un deuxième quinquennat de son patron. Il serait devenu président de la République à 45 ans, ce qui aurait été encore un record. Et s’il était nécessaire de l’aider à attendre, le roi élu avait toujours le loisir de faire en sorte qu’il soit considéré comme son dauphin.

Le titre « Sous le signe d’Emmanuel » convient donc bien, selon moi, aux deux tomes de mon livre. Pour l’année de sa naissance en 1802, Victor Hugo écrivait « Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte, déjà Napoléon perçait sous Bonaparte ». Pour 2012, et qui sait peut-être avant, déjà le Président Jupiter perçait sous le secrétaire général adjoint de l’Elysée !

Mais ce titre renvoie aussi, et l’on s’en doutera aisément, à la Bible et plus précisément à l’Ancien Testament. Que de fois, d’ailleurs, le déroulement du quinquennat Hollande m’y a fait songer ! Madame Taubira m’a toujours fait penser à la reine Jézabel (1), reine d’Israël, bien que païenne mais mariée au roi, et le dominant lui et d’autres hommes, au point de détenir les sceaux et de rendre sa propre justice. Aussi la fameuse loi portant son nom me fit penser au culte de Baal et d’Astarté, avec son clergé très particulier, et surtout à l’épisode de la vigne de Naboth (2) où elle montra le peu de cas qu’elle faisait de la famille et de la filiation. N’avait-elle pas dit au Cardinal Vingt Trois qu’elle voulait changer de civilisation, le transformant ainsi en nouveau prophète Elie. Et de fait, il fut, lui et les catholiques, livré à une véritable persécution médiatique qui trouva son sommet quand il rencontra, avec d’autres responsables religieux la commission parlementaire de l’Assemblée Nationale. Il eut alors l’honneur de devenir Daniel dans la fosse aux lions. Mais le Cardinal avait l’habitude des manifestations anti-chrétiennes. Il avait eu son lot de la part de prétendus « d’artistes » et il sut réagir avec tact, et devint ainsi notre providentiel prophète Elie contre une Jézabel déchaînée qui engendra des filles dignes d’Athalie, comme Mesdames Vallaut-Bekacem et Rossignol dont les exploits sont évoqués dans mon ouvrage.

Sur le quinquennat de François Hollande, comme sur celui de son successeur, j’ai voulu jeter le regard d’un prêtre-citoyen. J’ai donc surtout relevé ce qui concernait les questions de liberté religieuse, de culture, de civilisation, ce qui était fidèle ou non au génie de la France, lequel pour moi ne commence pas seulement à briller en 1789, pour illuminer le monde en septembre 1792 avec la proclamation de la première république, mais bien treize siècles auparavant, dans l’alliance entre Saint Rémi et le roi Clovis.

La France existait avant la république, elle s’est édifiée sans elle, et s’est ensuite maintenue malgré elle. La troisième république trouve cependant quelque grâce à mes yeux, j’y fais souvent allusion dans l’ouvrage. Elle porta en effet plusieurs projets pour la France, et par son pragmatisme conforté par la grande culture de beaucoup de ses dirigeants, elle sût modifier et ajuster son programme politique. Mais elle ne put empêcher une première guerre mondiale, berceau de la seconde. La troisième prit alors fin par une dictature comme les précédentes. La quatrième république fut une prolongation-compromis qui rata, et la cinquième un costume sur mesures pour le général De Gaulle, ajustable pour son collaborateur de longue date, Georges Pompidou, et que François Mitterrand pût porter quatorze ans grâce à un don inégalé dans l’art de la transformation. Mais cela n’arrêta pas le déclin français, en particulier, la réduction de la souveraineté de la France, à la façon de la peau de chagrin.

Bien qu’un président de la cinquième république ait sur le papier plus de pouvoirs aujourd’hui que Louis XIV n’en eut jamais, sa marge de manœuvre réelle s’est en effet très réduite. J’ai donné comme sous-titre à mon premier tome, concernant le principat de Monsieur le Président Hollande, « la chute de la maison France ». J’aurais pu préciser « l’accélération de…». Et, en ne m’en tenant, je le rappelle qu’aux questions spirituelles ou de civilisation, « le mariage pour tous » légalisé a constitué, si j’ose dire, un point d’orgue dans l’accélération de la décadence et de la destruction de la famille par la perte de deux repères fondamentaux pour un enfant : le couple parental père-homme et mère-femme, ainsi que la filiation. Car la PMA est la conséquence inéluctable de la loi Taubira, tout comme la GPA. Je regrette la mollesse de certains catholiques face à la loi en question et m’étonne de leur naïveté aujourd’hui devant ses conséquences. Il est vrai que la propagande pro avortement n’a pas beaucoup trouvé de résistance. Madame Rossignol, ministre de la santé, a pu chanter sa partition sans essuyer trop de sifflets !

Sans surprise on a continué à jouer les autruches face à la menace que constitue l’islam en France. Face au terrorisme, le message de l’Etat sur le plan culturel s’est résumé dans un premier temps au « je suis Charlie » et à la dénonciation d’un islam que l’on a prétendu s’être dévoyé. Notre police et nos services de renseignement sont restés fort heureusement à la hauteur, la justice quant à elle n’a pas suivi, faute de lois adaptées à la situation. J’ai illustré tout cela avec hélas de nombreux exemples. Ce quinquennat vit ainsi l’égorgement du Père Hamel, alors qu’un de ses assassins portait un bracelet électronique ! Voilà qui résume tragiquement la situation. A situations d’exception, il faudrait des mesures d’exceptions, du type proclamation de l’état de siège avec une justice militaire comportant la possibilité de l’application de la peine de mort(3) pour les crimes de terrorisme ou de haute trahison. Sans cela l’Etat qui ne prend pas ces mesures met la population dont il a la responsabilité en danger, et perd le peu de crédibilité qui lui reste dans un arbitraire incontrôlable. La sortie de prison de terroristes, comme le retour de Syrie des djihadistes démontreront la légitimité de mon inquiétude.

Comme aumônier national des anciens combattants, j’ai pu vivre de près les diverses commémorations du centenaire de la première guerre mondiale. Le grand courage des soldats, de part et d’autre, permettait l’organisation de cérémonies édifiantes, manifestant le respect dû aux morts, pour la France, en particulier, et une relecture de l’histoire permettant de mieux cimenter des réconciliations nécessaires. Le plus souvent on donna dans la médiocrité, voire le mauvais goût quand on songe à ce qui se passa en 2017 pour le souvenir de Douaumont. Un certain nombre de gens s’en émurent, y compris chez les politiques. D’où ma première idée de sous-titre pour ce tome I « Du pouvoir de dérision à la dérision du pouvoir». Le danger est en effet mortel, tant pour les dirigeants que pour les dirigés de transformer l’irrespect et l’insolence en habitudes. On creuse des fossés et on accentue des divisions. C’est toujours très mauvais pour les français, surtout depuis la Révolution de 1789 dont malheureusement beaucoup sont encore fiers.

La certitude que le président Hollande ne se représenterait pas sembla arranger les choses dans le court moment du début de la campagne électorale, jusqu’à ce jour de janvier 2017 où un grand hebdomadaire révéla une affaire d’emplois fictifs au bénéfice d’un des trois principaux candidats. C’est, en gros, à cette période que se réfère le tome II, « Dans l’attente de l’aube». Dans les trois camps soutenant ceux qui paraissaient les mieux placés pour l’emporter, on crût à la possibilité d’un changement en mieux puisqu’il semblait impossible à une majorité de français de faire pire que le quinquennat finissant.

Mais l’intervention des « affaires » fut extrêmement malheureuse par le dégoût général qu’elle suscita pour toute la classe politique et pour nos institutions. Le grand vainqueur en fut le mépris généralisé dans le cœur de beaucoup pour un système représentatif qui ne les représentait plus. Les vestes qui avaient commencé à se tailler sous François Hollande se raccourcirent en gilet, prenant la couleur jaune des maris trompés à la fin de l’état de grâce du nouvel élu. Pourtant un certain nombre de français parmi ceux qui n’avaient pas voté pour le nouveau président furent tout de même heureusement surpris par certaines de ses prises de position, marquant une différence d’avec son prédécesseur. Je pense à son attitude vis à vis des religions et du catholicisme en particulier. Il n’appartient pas de sonder les cœurs, je ne puis que me fier aux textes et y constater une ouverture d’esprit. Mais, pour l’instant il n’y a pas eu de suites concrètes au discours des Bernardins. Avant de se demander à qui la faute, il faut s’interroger sur la persistance du climat de méfiance entre l’Eglise et l’Etat. Et se poser des questions sur ce que fera Emmanuel Macron en matière de lois dites civilisationnelles, comment il conçoit vraiment la laïcité. Veut-il toujours organiser l’islam de France à la manière de Monsieur El Karoui, alors que les musulmans de France, pour une fois unanimes rejettent ce projet et demandent qu’on leur applique la loi de 1905 ? Or le président a dit vouloir modifier cette loi, en laissant planer trop d’incertitudes pour entraîner un ralliement franc et massif. J’ai toujours été très critique à l’égard de cette loi, tout en sachant très bien qu’elle fut un moindre mal au moment où elle fut votée. Mais il n’empêche qu’au moment où j’écris ces lignes je suis pour le statu quo.

Pour le reste, le président fait l’expérience de la difficulté qu’il y a à vouloir imposer n’importe quelle réforme la France, surtout quand le pouvoir souffre d’un déficit de légitimité. Ezéchias successeur d’Achaz fut le premier à se trouver sous le signe d’Emmanuel, puisqu’un temps confondu avec celui qu’avait annoncé Isaïe. Il fit pourtant de bonnes choses, mais déçut et tomba même mortellement malade. Il se tourna vers Dieu, et malgré la condamnation sans appel du prophète, il vécut en obtenant quinze années supplémentaires de vie (4).

Il n’y a pas, en ce monde, de fatalité de la culture de la mort. Un chef d’état français, malgré sa faible marge de manœuvre à l’échelon européen, peut de par ses pouvoirs constitutionnels faire beaucoup en matière spirituelle, tout en conservant à sa fonction la nature laïque qui s’impose en France actuellement. En se tournant vers ce qui doit illuminer l’aube, en consultant le pays, en le mobilisant avec lui, il peut en ralentir, puis peut-être arrêter la chute. Car celui-ci, à force de perdre les éléments de sa souveraineté, en est arrivé aux limites extrêmes de sa survie comme nation.


  1. Jézabel voir 1er livre des Rois dans l’Ancien Testament chapitre chap. 16 vv29-31 et chap. 19 vv1-2.
  2. Voir 1 Rois 21: Récit de l’histoire de Naboth. Ce dernier ne pouvait pas,par respect religieux et piété familiale vendre sa vigne au roi,car elle constituait l’héritage de ses pères, inaliénable selon la loi juive du temps. La reine païenne Jézabel veut méconnaître cette loi.
  3. Le Saint Père François s’est prononcé récemment contre la peine de mort. Loin de moi l’idée de le contredire. Il infléchit en effet le catéchisme de l’Eglise catholique dans le sens de l’abolitionnisme total. Et comme ancien aumônier de prison je le suis totalement. Aussi mon propos ne vise que l’état de guerre ou de siège où la mort s’est invitée. Il appartient au pouvoir temporel de limiter son action, en veillant à ce que les prisonniers de guerre soient humainement traités, les soldats soutenus et encouragés, et par voie de conséquences les traîtres et les terroristes, ainsi que leurs complices, définitivement neutralisés.
  4. Ezechias régna sur le royaume de Juda après son père Achaz, un mauvais roi infidèle à sa religion. A l’opposé ce fils rétablit beaucoup d’éléments du culte traditionnel, au point d’apparaître comme l’Emmanuel annoncé par le prophète Isaïe ( Isaïe chap.7 vv 10-25). Sa maladie comme son rétablissement miraculeux sont racontés en 2 Rois chap 20 vv 1-11.
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2 commentaires

  1. Saint Cyrille de Jérusalem a écrit:

    « Nous ne prêchons pas une unique venue du Christ, mais aussi une seconde venue, beaucoup plus glorieuse que la première: la première nous a donné le spectacle de Sa patience, la seconde apportera avec elle la couronne du Royaume.

    Dans Sa première venue, Il a enduré la croix, sans tenir compte de Sa honte (Hébreux 12: 2), dans Sa seconde venue, Il viendra dans la gloire, assisté par une foule d’anges.
    Nous ne nous reposons donc pas sur sa première venue, mais nous recherchons aussi sa Parousie.  »

    https://orthodoxologie.blogspot.com/2018/04/saint-cyrille-de-jerusalem-les-2.html

    PS C’est le chemin …

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  2. Merci, Cher Père de cet article et de ce beau livre. Prions pour la France. L’Eglise est encore et toujours combattu. La justice n’est pas égale pour elle. Pauvre cardinal Barbarin. Il paye les silences coupables de nos concitoyens. Amitiés confraternelles Olivier Coste

    >

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