La victoire

Venant de quitter mes fonctions d’aumônier national des anciens combattants ce 30 juin dernier, je me dois pour honorer une promesse d’évoquer le 11 novembre 1918, et ce qu’à mes yeux il fut vraiment.

Il représente avant tout un courage militaire sans précédent. Cette remarque vaut pour tous les soldats qui furent engagés dans ce terrible conflit qui vit s’affronter des armées à lourds effectifs et surtout l’apparition d’armes modernes, dont certaines nouvelles, comme le gaz toxique, qui méritaient déjà le nom d’armes de destruction massive. Ce dernier aspect des choses était connu des militaires, comme de certains politiques. Ces derniers avaient encore droit à la parole. C’est parmi eux qu’on trouva ceux qu’on appela les pacifistes, tels, en France, Jules Ferry, Joseph Caillaux et Jean Jaurès, pour ne citer que les principaux. L’entreprise coloniale de Ferry, on l’oublie généralement, eut en partie pour but d’éviter une guerre de revanche, l’opposition féroce de Clémenceau, en 1885, par exemple vise précisément à l’inverse à la provoquer.

L’arrivée au pouvoir d’un nouvel empereur d’Allemagne de 29 ans Guillaume II en 1888 va aggraver le risque de guerre, mais pas autant qu’on l’a dit car il était profondément chrétien. Il avait des ambitions coloniales qui pouvaient inquiéter autant la France que l’Angleterre, sans pour autant suffire à unir les deux pays. L’affaire marocaine avec la France est du plus haut intérêt pour notre sujet. L’Allemagne s’opposant à un protectorat français sur le Maroc, les choses faillirent mal tourner dès 1905, et la guerre éclater en 1911 avec l’affaire de la canonnière allemande envoyée devant Agadir. (contrairement à ses engagements la France s’était trop avancée dans l’affaire marocaine).

Beaucoup de dirigeants français voulurent répondre à ce qu’ils estimèrent être une provocation par une déclaration de guerre immédiate. Mais fort heureusement Caillaux était président du conseil des ministres. Joffre lui confirma que la victoire était loin d’être assurée faute d’armements modernes (canons entre autre). Caillaux négocia avec le Kaiser, put maintenir la présence française au Maroc en laissant un morceau important de Congo aux Allemands et la paix fut sauvée à la grande fureur de Clémenceau et d’un important parti de la guerre qui voulait tout de suite en découdre. Cette affaire est grave, car elle montre que la guerre n’était pas inévitable. Je ne nie pas l’existence d’un impérialisme allemand dans l’esprit de Guillaume Il et surtout de ses généraux. Mais cet état d’esprit n’existait-il pas aussi au Royaume Uni et en France ? Et que dire des États Unis d’Amérique, qui, en ayant terminé avec l’essentiel de leurs problèmes continentaux regardaient fortement vers l’Europe !

Je ne sais plus quel auteur a écrit que la guerre de 1914 a éclaté à cause de trois coups de pistolet : madame Caillaux abattant Calmette le directeur du Figaro, l’étudiant serbe assassinant l’Archiduc François Ferdinand et sa femme à Sarajevo, et Raoul Vilain tuant Jaurès. Caillaux et Jaurès était les deux seuls hommes politiques, bien que de camps différents, capables d’empêcher la guerre. Par leurs connaissances précises de la situation des états d’Europe, ils savaient les terribles « progrès » accomplis en matière d’armement. Aussi Caillaux fut il anéanti politiquement par une campagne de presse inouïe et inédite (on a fait mieux depuis…!), avant d’être accusé de haute trahison et de risquer le peloton d’exécution par les manœuvres conjointes de Clémenceau et de Poincaré. Quant à Jaurès, il fut supprimé parce que c’était le seul moyen de le faire taire, et ce après que l’élément déclencheur fut intervenu par l’assassinat de Sarajevo. Compte tenu de l’engrenage des alliances existantes en 1914, une guerre éclatant ne pouvait être que mondiale et devenir une horrible boucherie déstabilisant l’ordre européen péniblement acquis au Congrès de Vienne en 1815. Certes il y avait comme « excuse » pour la France la perte de l’Alsace Moselle en 1870. Mais Bismarck n’en n’était pas le seul responsable. Il faudrait avoir le courage de parler des erreurs françaises immédiatement après la défaite de Sedan, en 1870, pour en avoir la preuve. Et, de toutes façons, il n’était pas sage de mettre l’Europe à feu et à sang pour récupérer quelques départements, dont la population était respectée par le Reich ; il n’y a qu’à voir les constructions allemandes faites à Strasbourg de 1870 à 1914 ! Pour ne prendre que cet exemple-là. C’était aussi l’avis de la Papauté. Pie X en mourut de chagrin fin août 1914, et son successeur Benoît XV fit d’énormes efforts pour arrêter un massacre annonciateur du suicide de l’Europe, j’y reviendrai.

La folie des hommes peut faire des miracles, comme la sagesse. L’union sacrée en fut un ! Reste à connaître sa provenance ? Cette expression inventée par Poincaré désigna l’union de tous les Français, des pires antichrétiens aux plus catholiques pour défendre la patrie en danger ! Qu’on me comprenne bien, je ne critique nullement le patriotisme qui doit effectivement unir les citoyens de tout bord pour défendre leur pays. Mais encore faut-il avoir conscience d’appartenir à un pays, mieux à une patrie qui n’est pas seulement un assemblage de régions, mais une terre habitée par des ancêtres depuis des siècles, terre qu’ils ont valorisée, défendue, et dans laquelle ils sont enterrés. Ces lieux ont engendré un art de vivre et une culture auxquels on tient parce qu’ils apparaissent indispensables à la vie. Leur abandon aurait une signification mortelle, d’où les sacrifices que l’on est prêt à consentir pour les conserver. Le mieux demeurant toujours la victoire pour continuer à vivre par et pour eux, et non la mort comme l’exigeait l’idéal patriotique révolutionnaire. Le chrétien patriote préférera toujours vivre sur la terre de ses églises que de voir reposer son corps prématurément sous terre, quand bien même il serait recouvert d’une «  pierre » honorifique ! Ce qui ne l’empêchera pas d’accepter ce sort, si son devoir d’état le lui commande.

C’est pourquoi j’en profite au passage pour saluer le courage et l’esprit de pardon des prêtres et religieux chassés en 1905 (et cela avait commencé avant cette date) par une république jacobine qui rappelait étrangement celle de 1792. Ils revinrent en 1914 pour la défendre, parce que de fait c’était le gouvernement légal de la France. Ce qui n’empêcha pas la gauche mangeuse de curé de les traiter de planqués dans les tranchées jusqu’en 1916.

Le déclenchement de la première guerre mondiale ne doit donc plus tromper personne aujourd’hui. Ses causes viennent essentiellement de la montée du principe des nationalités au dépend de celui de patrie, et de la déchristianisation des élites européennes, et par voie de conséquence de la baisse d’influence de la Papauté. Comme l’a fort bien montré Jean de Viguerie dans l’un de ses chefs-d’œuvre Les deux patries, l’Union sacrée de 1914 n’a pu se construire qu’au prix d’une imposture : le masque hideux de la patrie révolutionnaire (de 1792) recouvrant celui de la vieille patrie française. Pour faire bref, la patrie révolutionnaire, qu’il faut en fait appeler Nation (avec majuscule) est une divinité féroce qui ne peut vivre que par des sacrifices humains. Robespierre l’a très bien exprimé en déclarant dans un de ses grands discours à la Convention qu’il valait mieux mourir pour sa patrie que de vivre pour elle (1). C’est ainsi qu’on justifia, avant ce discours, la levée en masse pour défendre la patrie en danger, la Terreur et le génocide vendéen. La sensiblerie rousseauiste de Robespierre lui fit envoyer, le plus souvent sans haine nombre de gens à la mort. Et c’est bien pour cela qu’ils furent nombreux ! L’incorruptible n’agissait pas par cruauté, mais par nécessité. Il fallait faire des sacrifices pour faire triompher le Bien contre le Mal. En 1914, l’Allemagne était le mal absolu, comme en 1792 l’était ce qui n’allait pas dans le sens de l’histoire, c’est à dire de la révolution. C’est ainsi que tout naturellement au pays de la Laïcité, l’Union sacrée remplaça l’Etre Suprême. Robespierre devait bien rire en Combes, et Hébert se lamenter en Clémenceau ! Comprenne qui pourra ? Aussi est-ce le seul courage des soldats qu’il faut admirer de 1914 à 1918 et non les chefs politiques qui les ont menés au carnage. Partis sans casque parce que persuadés d’arriver à Berlin dans les trois semaines, ils n’avaient pas non plus l’armement nécessaire. Les généraux n’y furent pour rien. La faute en incombe aux seuls politiques, qui renouvelèrent l’erreur de leurs prédécesseurs d’avant 1870 en refusant d’accorder les crédits nécessaires à l’armée. Le maréchal Niel, ministre de la guerre de Napoléon III dès 1867 avait prévu ce qui risquait d’arriver si une guerre franco prussienne survenait. On lui refusa les crédits et ce fut Sedan. Le même genre de sottises se reproduisit en 1914. D’où nos premiers revers auxquels il faut ajouter comme cause un avancement des officiers supérieurs plus « idéologique » que technologique, pour faire bref !

Les premières défaites françaises puis la tuerie de Verdun, plus que démoralisante pour les soldats (enterrement dans les tranchées et morceaux de terrains conquis et perdus du jour au lendemain au prix de milliers de morts) forcèrent la réflexion. Elles amenèrent deux formes de révolte, bien différentes, mais traduisant la même répulsion contre la culture de mort : les mutineries et les tentatives de paix de 1917.

Les mutineries du printemps 1917 ne doivent pas être considérées comme une manifestation de lâcheté des soldats français. Ils ne voulaient nullement cesser de combattre. Ils demandaient simplement à être mieux commandés. Ils avaient l’impression, vraie ou fausse, que l’offensive à outrance du général Nivelle n’avait aucune utilité stratégique. Je mentionne simplement l’exemple de l’offensive Nivelle au Chemin des dames, tellement controversée avant sa mise à exécution, tant par des politiques que par des généraux (très nombreux), que Nivelle offrit sa démission qui fut refusée par le gouvernement (2). Et ce fut la défaite du Chemin des Dames. Rien qu’au début en une semaine d’avril 1917, quelque 140 000 hommes neutralisés, dont 30 000 tués. Les combats continuèrent cependant. Ils sont sujets de polémiques dans lesquelles je ne veux pas entrer ici. Je dirai simplement qu’ils expliquent en grande partie le désespoir des soldats français et que le général Pétain, après avoir su être le vainqueur de Verdun, arrêta les offensives à outrance et limita le nombre d’exécutions de soldats jugés coupables de mutinerie.

Mais une autre révolte, qui masquait en fait une révolution s’était manifestée en Russie en février 1917. Elle joua, à mon avis un rôle décisif dans l’intervention du Pape Benoît XV le 1er août 1917. Le 2 mars de cette même année le tsar Nicolas Il avait effet abdiqué en faveur de son frère, et ce qui s’annonçait bien comme une révolution l’avait emporté, amenant au pouvoir un socialiste Kerensky. Mais ce dernier était loin d’être entouré d’une majorité cohérente et les chancelleries savaient que l’Allemagne soutenait tous les courants révolutionnaires qui agitaient la Russie. Ce pays pouvait donc quitter le champ de bataille et l’Italie y arriver pour prendre des territoires sur l’empire autrichien. Des problèmes de stratégie se posaient à l’évidence, tout comme de graves questions humanitaires, telles que la guerre sous-marine, devant entraîner l’entrée en guerre des États Unis, et la perspective d’une tuerie plus grande encore. Benoît XV choisit donc bien son moment et proposa, comme je l’ai écrit plus haut, des solutions acceptables pour les différents partis. Je n’en veux pour preuve que la réaction du président Wilson, qui compta parmi ceux qui firent échouer cette initiative pontificale en 1917, et qui s’en inspira largement pour en 1918 et 1919 dicter sa paix à Clémenceau et aux Européens. Car à cette date, c’en était fait de l’empire austro-hongrois et de la Turquie, ce qui tactiquement importait aux Anglo-saxons. Éric Zemmour a parfaitement décrit le processus de paix de 1918 dans son dernier livre Destin françaisdans un chapitre génial, « Le prophète Wilson dompte le Tigre » (3). Clémenceau n’avait aucune idée du « prophétisme américain. », je pense qu’il n’avait pas lu Tocqueville sur le rôle de la religion aux États-Unis, et il n’entendait pas grand-chose à la politique étrangère. Il servit donc mal les intérêts français. Éric Zemmour le dit très bien. Il titre fort justement son chapitre sur Clémenceau « Crime et châtiment ».

Il faut aussi rappeler que Clémenceau était monté en première ligne pour faire avorter les tentatives de paix de Benoît XV, ayant ainsi secondé efficacement dans cette vilaine tâche Ribot, qui présidait le conseil des ministres et le Président Poincaré, en parlant de « Paix boche du Vatican » (4). Mais le pire fut l’attitude du clergé français résumée par le célèbre sermon du Père Sertillanges à la Madeleine lors d’une messe présidée par le Cardinal Amette, Archevêque de Paris : « Nous ne pouvons pas ». Ainsi le clergé de France préférait écouter la voix de Clémenceau plutôt que celle du Pape. Je note au passage, combien la tentation nationaliste guette toujours les religieux dès qu’ils se mettent à penser en termes nationaux jusqu’à en oublier leur catholicité – ce qui peut aussi se constater chez les religieux protestants. Il en a souvent été ainsi avec les assemblées du clergé de l’ancien régime, toujours plus aux ordres de l’Etat que du Saint Père, comme avec les conférences épiscopales contemporaines, quand elles prennent quelque distance par rapport au Magistère, par exemple sur la doctrine sociale de l’Église, dans les années soixante-dix, en faisant les yeux doux au socialo-communisme du programme commun. Les catholiques devraient donc veiller à ne jamais oublier le Saint Siège à chaque fois qu’il faut discuter avec le pouvoir politique. Il existe enfin plusieurs témoignages montrant que le protestant Guillaume Il ne fut pas insensible à l’initiative du Pape. Mais en août 1917, il n’avait plus beaucoup droit à la parole. Ce sont ses généraux qui dirigeaient le Reich. En fait les Français et les Américains furent les ennemis les plus importants et les plus influents de la médiation du Pape.

En octobre 1917, le bolchévisme triompha en Russie, et les Allemands eurent les mains libres à l’ouest. Malgré des victoires incontestables, ils ne purent vaincre les Alliés placés sous le commandement unique du généralissime Foch, admirablement secondé par les généraux Pétain et Castelnau. Je n’oublie pas Joffre. Retiré du combat en 1916, par décision gouvernementale, il avait été fait Maréchal de France, en compensation. On peut lui reprocher d’avoir été un adepte trop enthousiaste de l’assaut à outrance, qu’illustra Nivelle au Chemin des Dames, mais que réprouvaient Castelnau comme Pétain. Mais il ne faut pas oublier que Joffre, chef d’État-major depuis 1911, avait su déconseiller la guerre lors de l’affaire d’Agadir, et qu’on lui doit le comblement du retard en artillerie. C’est aussi lui, franc-maçon, qui fit donner des responsabilités au très catholique Castelnau que Clémenceau appelait le capucin botté, ainsi qu’à celui qui au début de la guerre de 1914 n’était encore que le colonel Pétain. Castelnau s’inclina aussi de bonnes grâces devant la nomination de Foch. Il approuva sa nomination de Maréchal en 1918, comme celle de Pétain. En 1921, Castelnau aurait dû avoir les mêmes honneurs. Clémenceau s’en étonna publiquement, et avec une réelle tristesse. Et pourtant il l’avait aussi surnommé le général de la Jésuitière ! Mais encore à cette époque, et malgré l’Union sacrée, il ne faisait pas bon être un catholique trop voyant dans la République française, même si on avait contribué à la sauver, en défendant la France, même si on avait été loyal avec son gouvernement. Castelnau forma certes un parti politique contre l’anticléricalisme du cartel des gauches en 1924, non pour remettre en cause les institutions, mais pour s’opposer à l’abrogation du concordat alsacien lorrain et à la non reprise de relations diplomatiques avec le Saint Siège. Mort en 1944, il ne se rallia jamais au régime de Vichy, avait manifesté des sympathies pour plusieurs réformes du Front Populaire et écrivit des mots très durs à l’encontre de Pétain pendant tout le temps de la collaboration. L’un de ses petits-fils et deux de ses petits neveux moururent pour la France libre en 1944 et 1945, tout comme trois de ses fils étaient morts pour la France lors de la première guerre mondiale.

Qu’on regarde vers les simples soldats, ou les militaires de haut rang, il est clair que la victoire de 1918 est avant tout la leur. La majorité des politiques y a joué un rôle négatif. Manquant les occasions de paix de 1917, les responsables politiques français, Clémenceau en tête, se laissèrent berner par Wilson, signèrent l’armistice sans doute un peu trop tôt, empêchant une manœuvre militaire française qui aurait pu donner à la France une place digne des sacrifices auxquels elle avait consenti. Il aurait fallu pour cela qu’elle ait des hommes politiques à la hauteur ! Et cette hypothèse est bien évidemment problématique. De toute manière, la République, de par son idéologie même s’est toujours méfiée des militaires de valeur. Ils étaient toujours sous haute surveillance. Dès la première république, on alla des plus grands honneurs accordés rapidement, après les rapports des représentants en mission, à la guillotine. Bonaparte qui fut à bonne école le comprit le premier et fit ce qu’il fallait. Mais Chateaubriand rappelait en 1830, qu’il n’y avait un Bonaparte que tous les milles ans ! Alors…

Il n’empêche que nos quatre premières républiques ont été achevées par des militaires… Simple remarque. Cela ne m’empêche pas d’affirmer que la victoire du 11 novembre ne mérite ce nom que par égard pour le courage des soldats de tout rang. Sa célébration devrait être essentiellement militaire, et religieuse parce que la France de 1918 était encore majoritairement catholique et priait pour ses morts. Ses dirigeants politiques s’en accommodaient, malgré leur méfiance du sabre et du goupillon. Et l’Église catholique se faisait entendre !

Un dernier mot. On crut en 1918, qu’on en avait fini avec la guerre et les impérialismes en tout genre. La république laïque et ses valeurs avaient triomphé. Les militaires n’avaient pas pris le pouvoir, on les avait dédommagés autrement. On fut aveugle devant le découpage nouveau de l’Europe, on sous-estima la puissance du bolchévisme en Russie, la ruine de l’empire austro-hongrois (un grand état catholique de moins), la fin de l’empire turc (on allait pouvoir coloniser les Arabes sous couvert de favoriser leur nationalisme et leur islam, par exemple en plaçant les Saoudiens wahhabites à la Mecque en chassant les Hachémites en Jordanie). Chacun est à même d’apprécier aujourd’hui « l’intelligence » d’un pareil calcul ! Il n’est donc pas facile de célébrer le 11 novembre 1918, et surtout son centenaire. Il faut y mettre le prix ! C’est celui de la vérité, prix aussi cher que sont nombreux les monuments aux morts qui couvrent notre pays. Ils sont tout autant des hommages aux courage des héros qui ont défendu leur terre, que des signes du cynisme monstrueux des politiques adeptes de la culture de mort, à qui les 1 400 000 morts au combat n’ont pas suffi pour recommencer 21 ans plus tard, et continuer aujourd’hui dans la même voie, toujours en se gardant bien d’identifier le véritable ennemi et en maintenant l’ambiguïté sur la véritable notion de patrie.


(1) Père Michel Viot « L’heure du royaume de France est-elle venue ? » préface de Jean Tulard de l’Institut p 156 Editions Via Romana 2018

(2) Il est intéressant de souligner, en particulier pour la IIIe République, que son organisation a développé le clientélisme des représentants et a surtout fixé, par la séparation des pouvoirs, un régime de castes privilégiant une nomenklatura dont nous subissons toujours aujourd’hui la pression. Ces élus, jusqu’au plus haut niveau du système, profitent d’un statut qu’ils ont progressivement renforcé. Celui-ci, quand il est menacé par des crises graves ou des guerres, les conduit à des choix qui peuvent s’avérer désastreux. L’exemple de l’exigence du gouvernement sur Nivelle au début de 1917 en est une nette démonstration. Il fallait des résultats sur le front, car la pression de la population pouvait se retourner contre la représentation parlementaire… On en verra d’autres sous la IVe et même au début de la Ve république, en Algérie par exemple

Rendons à César ce qui lui incombe : la responsabilité. Après tout, nos politiciens aiment répéter à l’envi que la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée aux militaires… (dixit Clémenceau)

(3) Eric Zemmour « Destin français. » p 454 à 461. Éditions Albin Michel

(4) Yves Chiron « Benoît XV le Pape de la paix. » p 220 . Editions Perrin.

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