En ce 30e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur Matthieu 22, 34-40. La question posée à Jésus sur le grand commandement nous donne une réponse très actuelle sur ce qu’est un Dieu miséricordieux ! Sa reconnaissance a pour conséquence directe l’amour du prochain, considéré comme “semblable“ en importance à l’amour de Dieu ! Mais semblable ne veut pas dire identique. La rencontre miséricordieuse avec le prochain ne saurait remplacer la communion eucharistique, et d’une manière plus générale l’activisme chrétien, même charitable, la vie sacramentelle. Ces errements qui connurent un certain succès dans les années 1968, ne sont pas tout à fait éteints aujourd’hui… ! Voici la fin de l’homélie :

Il nous reste maintenant et en guise de conclusion à préciser la nature de la similitude entre les deux commandements du sommaire de la loi.

Que veut dire en effet « et voici le second qui lui est semblable » ? Est-ce à dire que le service de Dieu, l’amour de Dieu, est identique au service et à l’amour du prochain ? Est-ce à dire qu’aimer Dieu et aimer son prochain revient au même et se confondent en une seule et même démarche ? Certainement pas, car cela mènerait alors à la pire des impiétés : la confusion entre le créateur et la créature, confusion permettant au service de l’homme, être visible et limité, de passer avant le service de Dieu. Ainsi toute une attitude de prière et d’adoration pourrait-elle être légitimement bannie de la vie chrétienne ; le service des autres en tiendrait lieu. Et vous voyez bien alors où mènerait cet activisme chrétien, sans qu’il soit nécessaire que j’expose ici les formes variées que peut revêtir le culte de l’homme.

Ainsi l’amour de Dieu et du prochain constitue-t-il bien deux démarches différentes. Elles n’ont de similitude qu’en fonction de leur importance pour la vie chrétienne, pourvu qu’elles découlent des deux plus grands commandements. N’oublions pas en effet que Jésus répond à une question sur le plus grand commandement. Et quand après avoir cité en premier l’ordre d’aimer Dieu, il poursuit par « et voici le second qui lui est semblable », cela signifie semblable en tant que premier grand commandement, semblable donc en importance, absolument pas identique. Sans confondre Dieu avec nos prochain ou notre prochain avec Dieu, rappelons-nous donc toujours qu’il est essentiel de savoir aimer son prochain et qu’il n’y a pas d’authentique vie de la foi sans cela. Le fanatisme religieux engendrant les persécutions physiques ou morales n’est donc pas une attitude de foi évangélique, pas plus que la complaisance à l’égard d’autrui dans le péché ou la démagogie. L’obéissance au sommaire de la loi appelle à vivre dans un équilibre constant que seul l’Esprit Saint peut produire. Le recours à l’intelligence n’est donc pas suffisant en cette affaire. Il faut prier avec humilité pour que notre vie soit chaque jour reconsacrée à l’amour de Dieu et du prochain, et qu’ainsi le sommaire de la loi illumine nos paroles et nos actions.


(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année A », Artège 2013)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s