Parole de la semaine – 17e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 17e dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur Matthieu 13 v 44-52. En ces temps de dialogues inter religieux souvent malmenés et où on incrimine encore Vatican II et Nostra Aetate, je renvoie à la dernière partie de l’homélie :

Le cas du négociant en perles fines lui est différent. Nous l’avons relevé, il fait partie des chercheurs en spiritualité, et ces perles ont beau avoir de la valeur, elles ne sont pas de valeur égale ; la révélation chrétienne les dépasse toutes. C’est ainsi qu’il faut à mon avis comprendre le texte de Vatican II « Nostra Aetate », la déclaration de l’Eglise sur les religions non chrétiennes. Le Concile n’a rien innové, beaucoup de Pères de l’Eglise voyaient dans la paganisme une préparation au christianisme des non juifs, et saint Augustin lui-même comprendra Platon comme une sorte de première approche de l’Evangile. Tout cela cadre d’ailleurs avec ce que saint Paul écrit dans l’Epitre aux Romains chapitre premier sur la révélation naturelle : « car ce que l’on peut connaître de Dieu est pour eux manifeste, Dieu le leur a manifesté. En effet depuis la création du monde ses perfections invisibles, éternelles puissances et divinités, sont visibles à l’intelligence dans ses œuvres. » (Romains 1, 19-20).

Je voudrais rappeler simplement alors quelques phrases conciliaires parce qu’elles ont donné lieu à des interprétations tout à fait inexactes. Voici deux courts extraits du paragraphe II de ce texte : « depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certains sensibilité à cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la divinité suprême, ou encore du Père. » Et un peu plus loin : « l’Eglise Catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et sain dans ces religions. » Elle ajoute cependant : « que ces doctrines qui quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle tient et propose apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois elle annonce et elle est tenue d’annoncer sans cesse le Christ qui est la voie, la vérité et la vie (Jean 14, 6) dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans laquelle Dieu sait réconcilier toute chose. »[1]

D’où ma comparaison avec le négociateur de perles fines. On peut assimiler les membres des autres religions à ce négociateur qui n’a pas encore fait sa découverte, les uns comme les autres peuvent bien avoir des perles plus ou moins fines, c’est à dire de plus ou moins grande valeur par rapport à la vérité, il n’empêche que comme le dit très clairement le texte conciliaire dans ce même paragraphe, l’Eglise Catholique annonce et est tenue d’annoncer sans cesse que le Christ est le chemin, la vérité et la vie, nous l’avons dit.

Autrement dit, pour reprendre les termes de la parabole, qu’il n’y a qu’une perle de grande valeur, le Christ, et qu’il faut vendre toutes les autres pour l’acquérir autrement dit abandonner ce qui n’est pas le christianisme pour venir au Christ. D’où la nécessité de la conversion à prêcher à tous, avec discernement certes, mais j’insiste bien « à tous » car il n’y a de salut que dans le Christ. Il est bien évident que Dieu reste le seul maître des modalités extérieures de la conversion et que des non chrétiens peuvent être sauvés si l’on songe par exemple à Matthieu 25, 31-46 sur le jugement dernier où l’on voit des gens ayant servi le Christ sans le savoir au travers de leur prochain qui sont tout de même sauvés. Et cela peut aussi concerner des athées.

Il y a aussi le mystère du salut de l’Israël endurci, au travers de ce qu’écrit saint Paul au chapitre 11 de l’Epitre aux Romains. Mais ces deux textes nous renvoient en partie au grand mystère du secret de l’élection divine et ce n’est pas ce que nous avons à prêcher, ni ce sur quoi nous devons réfléchir. Nous devons fixer notre attention sur ce que Dieu nous a explicitement révélé en Jésus Christ, seule porte de salut, à comprendre et à enseigner. Cela dit cela n’empêche pas le jugement qui intervient pour tous. Nous avons vu que l’image du filet évoquait une menace, après ce que nous venons de dire il faut y ajouter qu’elle manifeste aussi la maîtrise de Dieu et de ses anges sur le jugement final.

La question qui conclut notre passage appuie cette thèse. En demandant à ses disciples s’ils ont compris, Jésus demande en fait une adhésion à sa personne, la foi en ce qu’il est, qui seule permet de s’approprier son enseignement. Et la base de cette adhésion consiste à admettre que Jésus accomplit, amplifie et renouvelle tout ce qu’enseignaient les anciennes Ecritures.

Voilà pourquoi intervient l’image du scribe, homme versé dans les Ecritures Saintes s’il en est, négociant par excellence en perles fines qui mieux que tout autre dans son adhésion aux vérités du royaume peut y reconnaître la perle de grande valeur.


[1] Vatican II, Nostra Aetate, paragraphe II

(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année A », Artège 2013)

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