Parole de la semaine – 6e dimanche de Pâques

Pour ce 6e dimanche après Pâques, l’Eglise nous invite à méditer sur Jean 14, 15-21. Après son départ, le Christ promet d’envoyer à ses apôtres l’Esprit de vérité. Un tel don vaudra pour toute l’Eglise, donc pour tous les chrétiens et par voie de conséquences aussi pour tous les hommes au milieu desquels ils témoigneront. Voici la dernière partie de l’homélie :

Nous devrions donc tirer plus que nous le faisons les conséquences pratiques d’un tel texte. En premier lieu expliquer aux fidèles que la hiérarchie dans l’Eglise n’est pas une invention de l’Empereur Constantin ou encore un alignement sur les structures de la féodalité. Ces « perles » post conciliaires, mais n’ayant aucun lien avec Vatican II, trainent encore non pas seulement à cause de l’extrémisme de vieux fantômes, mais aussi à cause de leur disciples, pas très jeunes, mais encore suffisamment toxiques pour former de véritables « soviets » à la tête des paroisses, entretenant une sorte de lutte des classes opposant prêtres et laïcs, au nom de l’esprit de Vatican II. Le progrès est qu’ils parlent d’esprit, car Jean-Paul II et Benoit XVI ont fait en sorte qu’ils soient maintenant dans l’impossibilité d’invoquer les textes sauf à les découper, et qu’en outre ils en soient réduits à une sorte de spiritisme, faisant tourner quelques vieux guéridons des années 70 pour invoquer l’esprit du Concile !

Mais les plus intelligents ont compris que c’était désormais insuffisant, et ils demandent un autre concile, Vatican III, en des termes qui ne laissent aucun doute sur leur appartenance à l’hérésie conciliariste, voulant soumettre le pape et la curie à une assemblée qui, je suis prêt à le parier, demandera à se réunir périodiquement comme le fit le Concile félon de Bâl, Ferrare, Florence, de 1431 à 1442.

Je l’ai dit et je le répète, les Conciles de Vatican I et de Vatican II sont clairs, l’autorité dans l’Eglise vient du pape et des évêques, en communion avec lui. Parce qu’ils bénéficient, comme nous le rappelle ici notre texte, d’une assistance particulière de l’Esprit de Vérité, ils sont gardés d’erreur. Et si dans les années 70, on a pu voir et entendre certains évêques s’écarter manifestement de la doctrine catholique, c’est qu’ils ne suivaient pas les enseignements pontificaux. La communion avec le Saint Père est plus que jamais d’actualité. Et quand je dis communion, j’inclus dans ce mot adhésion de la pensée et du cœur à son enseignement et à sa personne. On ne peut vraiment obéir au Vicaire du Christ que si on l’aime, tout comme Jésus le demande à ses apôtres pour pouvoir être fidèles à ses commandements. Notre pape émérite a plus d’une fois souffert de ce manque d’amour. Il a prononcé quelques fois certaines phrases qui ne trompent pas. Il est allé même jusqu’à se comparer au « bouc émissaire ». Nul doute que cela ait joué un rôle dans sa renonciation !

Et pour achever de s’en convaincre il suffit d’avoir lu quelques textes d’ecclésiastiques particulièrement louangeurs à l’égard du pape François – je m’empresse de dire que je suis plus qu’heureux de son élection, sinon je ne dirais rien – textes dont certains relèvent proprement de l’indécence, les fleurs envoyées à François étant autant de pelletées de terre destinées à enterrer Benoit, le premier prix toutes catégories revenant très certainement à Hans Küng, publié dans son journal favori, ce qui n’étonnera personne vu le « talent » de l’auteur et la diffusion de son support médiatique.

Mais ces manifestations du monde ne pourront pas durer longtemps car Jésus nous le dit, le monde est allergique à l’Esprit de Vérité. Le monde qui apparaît bien aujourd’hui comme l’immonde ne peut produire que le mariage pour tous, avec le commerce des enfants qui en est le corollaire, le Gender à l’école dès la maternelle qui va détruire la psychologie des enfants déjà bien menacés, l’euthanasie et d’autres lois mortifères dont il a le secret.

Aussi le devoir de l’Eglise est-il de parler, non pas en la forme illusoire d’un dialogue à poursuivre avec les autorités civiles qui écrasent cette même Eglise de leur morgue autant hypocrite que malveillante. Le pieux mensonge n’est donc pas nécessaire. La seule vérité s’impose : le dialogue n’a jamais existé !

N’ayons donc pas peur ! Nous ne sommes pas orphelins et nous avons un avocat que Jésus lui-même nous a envoyé. Croyons-nous en sa force et en la justesse de notre combat ? A trop ménager un adversaire, on insinue le doute chez les autres comme dans sa propre conscience. Enfin, et pour conclure en allant jusqu’au bout de l’image juridique que nous suggère Jésus au travers de saint Jean, sachons qu’une loi humaine considérée comme injuste par rapport aux lois divines n’oblige pas une conscience chrétienne.

Saint Thomas d’Aquin nous précise même qu’il s’agit alors de violences auxquelles un chrétien ne saurait souscrire.

Notre défenseur fera alors monter sa plaidoirie devant Dieu. Sa flamme fera fondre la cire du jugement humain et nous n’aurons même pas besoin de faire appel.


(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année A », Artège 2013)

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