Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité

Telle devrait être la devise de la République selon le candidat Hamon. Ancien ministre d’un président qui voulait faire inscrire la loi de 1905 dans la constitution, il manifeste sa fidélité à sa famille politique, et il le dit clairement. Le candidat Macron, ancien collaborateur élyséen du président, ancien ministre, est sur la même longueur d’ondes, mais à sa manière, tout en « nuances ». Il soutient toutes les lois sociétales du gouvernement auquel il a participé, ce qui ne l’a pas empêché de « faire ses Pâques » au Secours Catholique. Lors du débat télévisé, monsieur Hamon s’est déclaré partisan de l’euthanasie et du suicide assisté, approuvé très explicitement par monsieur Mélenchon. Silence de monsieur Macron ! Comme cela avait été souligné lors du débat, lui qui est « toujours d’accord avec tout le monde » devait sans doute ici aussi être d’accord ! Bref, nous nous trouvons devant une pensée de gauche – qui a aussi ses représentants à droite – qui n’en finit pas de développer la culture de mort, dénoncée maintes fois par Saint Jean Paul II. C’est ce qui motive ces réflexions à quelques jours d’un scrutin qui va forcément marquer un tournant pour la France.

S’il ne s’agissait que d’oppositions de programmes économiques, ou de choix d’orientation de politique étrangère, je n’aurais rien écrit sur la campagne si près du vote. Mais la mise en avant de la Laïcité, la volonté affichée de donner des gages supplémentaires à la culture de mort, le danger islamique passé sous silence m’obligent à mettre en garde.

Depuis plusieurs années, la Laïcité est redevenue ce qu’elle était à sa naissance sous ce nom, aux alentours des années 1905 : une idéologie quasi religieuse conçue pour éradiquer le catholicisme de France. Les deux guerres mondiales ont ralenti son effet dévastateur (voir à ce sujet mon dernier livre, Il y a quelque chose de pourri au royaume de France). Dans la troisième guerre mondiale, déjà commencée selon le Pape François, le catholicisme est à nouveau désigné comme l’ennemi. Il promeut des principes moraux et une doctrine sociale incompatibles avec ce que certaines puissances entendent faire subir aux hommes. La France, dans cet ensemble est une cible privilégiée à cause de son influence culturelle et même spirituelle sur la francophonie, sur l’Europe et sur une partie de l’Afrique. Et je ne parle pas ici du reste de son influence. La poursuite de la déchristianisation d’Etat de la France, par la Laïcité, s’inscrit dans la lutte que mènent ces puissances. Que l’Etat et ceux qui le représentent soient « laïcs », au sens de neutres, me conviendrait parfaitement. C’est ce que j’ai connu dans ma jeunesse à l’école de la République et dans les institutions. Mais nos dirigeants politiques actuels, tout comme leurs différents héritiers spirituels qui prétendent les remplacer, ne sont pas neutres : ils sont anti catholiques ! Les lois qu’ils ont promulguées l’attestent, comme la toute dernière, celle de madame le ministre Rossignol sur le délit d’entrave à l’avortement, qui ironie du sort, pourrait même faire condamner ceux qui appliqueraient toutes les dispositions de la loi Veil de 1975, si ce n’est Madame Veil elle-même pour les discours qu’elle tenait en défendant son projet de loi ! En dignes héritiers des Lumières du XVIIIe siècle, les grandes consciences détentrices du « privilège du cœur » et du progrès permanent persévèrent dans la volonté de méconnaître, ou mépriser, la réalité des religions et la prégnance culturelle et historique du christianisme en France.

À l’inverse ceux qui parmi les dirigeants musulmans ont des visées impérialistes voient se produire avec intérêt la « déconstruction » spirituelle de la France. Le rejet officiel du catholicisme, son dénigrement à toute occasion, l’élévation de la Laïcité à la hauteur de 4ème devise de la République manifesteraient que la France est bel et bien devenue un désert religieux. La place est donc à prendre. Et l’on ne s’embarrassera pas de scrupules sur les moyens pour y parvenir, quitte à exploiter, même en la condamnant, la violence des islamistes. Les « blasphèmes » ne se punissent-ils pas ? Aussi, ceux qui prétendent défendre la paix civile en renforçant la Laïcité, ne font qu’augmenter les risques de conflits. Plus ils multiplieront les lois transgressant la Loi naturelle, plus ils affaibliront le pays et l’exposeront à un terrorisme d’autant plus vengeur et cruel qu’il aura le sentiment d’agir au nom de Dieu. Les « enfants terribles » du président actuel, ceux qui se disputent son héritage, n’ont pas plus compris cela que lui.

Aucune voix catholique ne doit leur permettre d’atteindre leur but, parce qu’aucun catholique ne peut accepter le principe d’une société sans Dieu, qui méprise la vie humaine par la promotion de l’avortement, transforme l’enfant en bien de consommation, la maternité en commerce, et légalise en les organisant le suicide et l’euthanasie.

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4 commentaires

  1. Par Charles Gave
    8 mai, 2017
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    J’écris ces lignes en ne connaissant pas le résultat du deuxième tour des élections françaises.
    Dans les deux dernières années, je me suis rendu à quelques « diners en ville » fort intéressants qui avaient lieu chez des amis de ma fille ainée, Emmanuelle.
    Le principe en était simple : avant de passer à table, nous écoutions un conférencier qui nous parlait d’un sujet qu’il avait travaillé et qui lui tenait à cœur. Et après, nous dinions et buvions en bonne compagnie.
    L’une de ces conférences m’a profondément marqué.
    Le conférencier était un ancien élève de la rue de l’ULM devenu rabbin, et la conférence portait sur la notion de peuple et de foule dans l’Histoire. Je vais essayer de résumer ici ce qu’il a dit et ce que j’en ai compris, au risque de le trahir. Mais c’est le propre d’une idée forte que d’être reprise et parfois transformée. Nul n’est propriétaire de ses idées.
    Et en réalité, ce que cet homme a dit me taraude depuis des mois car je suis ainsi fait que quand je croise une idée nouvelle (pour moi), je me mets à la ruminer lentement pour qu’elle se dépose au fond de mon esprit où elle pourra se croiser avec d’autres idées «fortes» sans que j’en aie vraiment conscience la plupart du temps.Et à la fin du processus, cette idée devient mienne et je me mets à en parler pour la répandre.
    Voici l’idée de départ.
    Dans l’antiquité grecque et latine, la foule, la plèbe, étaient considérées comme dangereuses parce qu’imprévisibles et soumises à des emballements « incompréhensibles » (voir les analyses de René Girard pour une explication).Les gens éduqués, les élites, se tenaient donc le plus loin possible de la plèbe et des petites gens.
    Arrive le Christ qui littéralement transforme la notion de foule, de plèbe en une toute nouvelle entité, le Peuple.
    Et cette transformation se passe pendant une prédication de Jésus dans le désert.Une foule immense suivait Jésus, la fin de la journée approche, il se retourne et a pitié d’eux qui ont faim et soif alors que le lieu est désertique.Il leur dit de s’assoir et procède à la multiplication des pains et du poisson.
    C’est de ce moment là que date la notion de Peuple de Dieu, constitué de pauvres, de bancals, d’aveugles, de perclus, d’idiots. Et ce sont ces gens là que Jésus nous demande d’aimer à la place de les mépriser et de les tenir à l’écart.Et ce sont ces mêmes gens qui seront sauvés « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent… car le Royaume des Cieux est à eux» Et d’ajouter, « ce que vous aurez fait pour le plus petit d’entre eux, vous l’aurez fait pour moi »
    Ce renversement total de perspective, ou la plèbe devient le Peuple, est bien sur à l’origine de la civilisation Chrétienne.
    L’Eglise Catholique a porté ce message pendant vingt siècles (non sans de nombreux loupés, j’en conviens : « L’Eglise est un vaisseau qui a son gréement dans les étoiles et sa coque dans la merde » disait Bernanos …)
    Il n’en reste pas moins que notre bonne vieille Eglise a été à l’origine du développement de la science (puisque le rôle de la créature était de comprendre par la raison ce qu’avait voulu faire le Créateur), des hôpitaux, des écoles , des universités, de la protection des femmes et des enfants au travers de la sanctification de la famille, de la limitation du pouvoir des puissants (trêve de Dieu) et bien sur des droits de l’homme (controverse de Valladolid).
    Au XVIII eme siècle avec la Révolution Française et au XIX eme siècle, surtout, avec Marx, tout change.
    Les notions de peuple, de petites gens comme centre de l’histoire franchissent une nouvelle étape. Le Peuple n’est plus sauvé par le Messie, mais le DEVIENT (Marx), ce qui est une novation extraordinaire. Mais cette nouveauté à une conséquence fâcheuse que peu de gens ont compris à l’époque : le Peuple n’a plus besoin d’être aimé, soigné et éduqué mais … guidé.
    Et nous nous retrouvons avec le problème qui a plombé l’Eglise Catholique pendant des siècles : comment aimer le peuple sans chercher à le diriger ?
    L’église avait non seulement une réponse théorique à cette tentation (à laquelle elle a souvent cédé) « mon Royaume n’est pas de ce monde », mais aussi une réponse pratique, l’émergence de personnalités extraordinaires telles François d’Assise, Vincent de Paul ou Mère Theresa qui aimaient sans chercher à diriger.
    Le socialisme ou la technocratie n’en avait aucune, ce qui revient à dire qu’au bout d’un certain temps, les élites se lassèrent du peuple (ou le peuple des élites) et que le Peuple de Dieu redevint la plèbe, un peu comme il l’était dans la Rome antique.
    Et la déchristianisation qui commence à peu prés à la même époque ne fit qu’accentuer ce phénomène.Bien entendu, ce qui se passe aujourd’hui dans le domaine politique est la preuve de cette régression historique dans la quasi totalité des pays développés du monde en général et en France en particulier.
    A l’évidence, la gauche n’aime plus le peuple et le peuple, redevenu la plèbe n’aime plus la gauche.
    En fait, nous sommes dans un pays ou la gauche a trahi le peuple, le reléguant au rôle de plèbe, tandis que la Droite a trahi la Nation, ce qui laisse une grande partie de ceux qui ont besoin d’être aidés quelque peu désemparés.
    Et c’est ce que constate le géographe Christophe Guilly dans tous ses livres.
    La France aujourd’hui est géographiquement distribuée en trois zones concentriques :
    Au centre, ceux qui sont adaptés à l’économie moderne que j’ai appelé l’économie de la connaissance dans mon livre « C’est une révolte, non Sire c’est une Révolution ». Ils contrôlent l’économie et les media. Il est d’usage de les appeler les « bobos » et ils constituent l’électorat de Macron.
    En périphérie des bobos, on trouve les immigrés qui sont de fait les domestiques des bobos (Chauffeurs Uber, Taxis, gardes d’enfants, personnel soignant etc..) et sur lesquels se déversent les subventions étatiques, ce qui permet aux bobos d’avoir des domestiques pas trop chers. Ce deuxième groupe vote Melenchon.
    Et enfin, à une heure et demi ou deux heures du centre de la grande ville dans laquelle les bobos résident dans des appartements hors de prix, on trouve les perdants de la mondialisation, ceux qui naguère étaient employés dans le secteur industriel. Ils votaient communistes autrefois, ils votent FN aujourd’hui. Et il n’y a plus aucun contact entre les bobos et les habitants de la troisième zone.
    Et ce que cela veut dire est assez simple : Ce qui fait office d’élites de nos jours n’a que mépris pour ceux qui vivent dans la France de la périphérie. Ce qui implique que « la volonté de vivre ensemble », absolument constitutif d’une Nation n’existe plus. Les élites méprisent la plèbe et plus encore ses représentants encore plus que cela n’était le cas dans la Grèce ou la Rome antique.
    A l’époque, et il faut s’en souvenir, les membres de la plèbe étaient appelés en Grèce les « idiotes » et leurs meneurs les « démagogues ».
    Plus ça change…
    En fait, les bobos méprisent la plèbe et REFUSENT d’entendre sa voix, ce que l’on a fort bien vu lors de cette campagne présidentielle. Toute discussion des problèmes affectant cette troisième zone a été purement et simplement interdite. Et du coup, le Peuple, redevenu plèbe se met à haïr les bobos…
    Nous sommes donc en train de fermer une parenthèse historique qui a duré prés de 2000 ans et c’est sur cette parenthèse que reposait une notion aussi fondamentale que l’égalité de tous devant la Loi.
    En Grande-Bretagne, aux USA le petit peuple a réussi à faire entendre sa voix, au moins partiellement, en France des manœuvres politiciennes de bas étage ont réussi à empêcher tout débat.
    Il reste à notre pays une dernière chance pour permettre à cette partie de la Nation de s’exprimer, les élections législatives de Juin 2017.
    Faute d’un résultat qui permettrait aux citoyens de la zone périphérique de se faire entendre, la France serait irrémédiablement coupée en deux et le pire serait à craindre.
    Si par malheur la Démocratie ne fonctionnait pas, alors la violence deviendrait non seulement inévitable mais légitime.

    Catégories: Charles Gave, Mis en avant

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  2. Après 1789, le royaume de France officiellement de religion catholique devenait rapidement la république française officiellement de religion athée, dans une volonté d’éradication de la catholicité : rien n’a changé depuis le meurtre symbolique de Louis16, la haine est toujours là, mais la greffe a toujours du mal à prendre.
    Et dire que le 3 mai 1892, le naïf Léon 13 commandait aux cardinaux/évêques de France  » … Acceptez la République… » : funeste ralliement qui aboutissait quelques années plus tard aux persécutions que vous évoquez.
    Aujourd’hui, à 5 jours de l’élection d’un résident élyséen, l’ensemble du corps épiscopal français conditionné et buté, n’a malheureusement encore rien compris, si l’on en croit les déclarations et non-déclarations (paradoxe apparent !) aussi explicites qu’hypocrites et marécageuses, émanant de voix plus ou moins officielles de l’Eglise qui est en France.

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