Parole de la semaine – 7e dimanche du temps ordinaire

Pour ce 7ème dimanche du temps ordinaire, l’Eglise nous invite à méditer sur St Matthieu 5 v 38-48. Après avoir évoqué la Loi du Talion, et son dépassement par le pardon chrétien, Jésus soulève la difficile question de l’amour des ennemis :

Et nous conclurons sur le plus difficile : l’amour des ennemis. Et là une question se pose complètement nouvelle par rapport aux autres antithèses. L’Ancien Testament n’a jamais commandé la haine des ennemis comme il a commandé l’amour du prochain ainsi que l’atteste notre première lecture (Lévitique 19, 18). A ce sujet d’ailleurs, vous avez pu remarquer que cet amour du prochain n’exclut pas la réprimande s’il y a péché. Ce texte du lévitique en fait même un devoir car ce n’est pas aimer selon Dieu que de taire à un pécheur son péché au nom de l’amour. Et je ne serais trop vous conseiller la lecture de ce passage du prophète Ezéchiel qui décrit son rôle de guetteur au chapitre 3, versets 16 à 21. Il lui est fait obligation d’avertir celui qui suit une mauvaise voie car Dieu lui demandera des comptes. L’Eglise a hérité du rôle prophétique, tant vis-à-vis de ses membres que tous les humains, quels que soient leurs croyances ou leur rang dans la société car la royauté du Christ regarde tous les humains, nous y reviendrons à propos de la fête du Christ Roi.

Si donc l’Ancien Testament ne commande pas de haïr ses ennemis, il ne méconnait pas la nécessité de réprimander certains, ce qui implique que ces derniers s’opposent à Dieu. Et les psaumes vont encore plus loin. Ils parlent des ennemis du croyant (psaume 31, 9) et n’hésitent pas à dire ce que cela peut inspirer au psalmiste : « je hais ceux qui tiennent aux vaines chimères, mais je compte sur le Seigneur » (Psaume 31, 7).

Et il y a plus fort encore au psaume 131, 21 « Seigneur, comment ne pas haïr ceux qui te haïssent, ne pas être écoeuré par ceux qui te combattent ? Je les hais d’une haine parfaite. Ils sont devenus mes propres ennemis. » Le psalmiste fait donc cause commune avec Dieu.

Alors nous posons directement la question parce que certains dans l’Eglise semblent y avoir répondu déjà d’une manière positive. Jésus, dans ce passage du sermon sur la montagne, nous ordonnerait-il d’oublier certains versets des psaumes ? Ce qui justifierait la mise entre crochets de certains. Ce serait en parfaite contradiction avec ce qu’il a annoncé sur son attitude vis-à-vis de la loi ! Il ne serait donc être question ici de supprimer tel ou tel verset de ces textes sacrés, mais au contraire de les renforcer en permettant à celui qui veut y obéir de mieux se sanctifier.

Etant entendu que ce qui est contraire à la volonté de Dieu est haïssable au point qu’il est juste de vouloir sa destruction, Jésus veut éviter à ses disciples de haïr du même coup les pauvres instruments humains de la désobéissance à Dieu.

Dans la logique du « moi je vous dis », il nous demande de laisser Dieu entre celui qui commet le sacrilège et le sacrilège lui-même, par exemple entre un législateur qui par extraordinaire serait devenu fou et sa loi, produit de sa folie ! Nous risquerions en effet de laisser entrer le mal en nous. En effet, une colère a beau être quelques fois sainte, plus elle durera, plus sa sainteté s’émoussera. Aussi faut-il remplacer au plus vite cette colère par la prière…Ce n’est pas facile, là aussi je le sais bien. C’est pour cela que saint Paul est allé un peu plus loin que le Christ pour nous aider à bien prier pour nos ennemis en nous rappelant qu’en agissant ainsi nous amasserons des charbons ardents dans leur tête (Romains 12, 20). Le résultat est garanti, sans dommages pour ceux qui agissent ainsi. S’ils défendent vraiment les voix du Seigneur, les feux de Dieu sera toujours beaucoup plus efficace que toutes les haines des hommes, même les plus perfectionnées pour reprendre le vocabulaire du psaume 131.


(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année A », Artège 2013)

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