Le canard à l’orange n’a pas été scalpé !

Ainsi Donald a échappé aux augures et autres auspices qui, jusqu’à ce 9 novembre ont pu se regarder sans rire ! Ces derniers d’ailleurs continuent à disserter sur le candidat élu, avec plus ou moins de pudeur, audimat et salaires obligent ! Et puis le ridicule ne tue plus en France, une des raisons sans doute de l’allongement de la vie humaine ! Donald va donc retrouver Daisy et ses neveux ! Il n’a pas besoin de l’oncle Picsou, contrairement à ses « semblables » français ! Grande liberté pour lui, et sans doute une des raisons de sa victoire ! Il a gagné sur les « bien pensants « , qu’il a souvent subventionnés, rien que de très normal. Un bon homme d’affaire sait ce qu’il achète, mais le moment venu, il met au rebut ce qui est usé ! Quand à ceux qui devraient se contenter d’informer au mieux, mais qui trouvent préférable et plus profitable de faire l’opinion, les médias, les voilà pris la main dans la pochette-surprise des mensonges. Désormais personne ne pourra empêcher de penser à « sonder » ceux qui « sondent » et à leur demander des comptes sur leur véritable identité politique. La crinière orangée de Donald est donc sauve ! En entrant à la Maison Blanche, elle se clarifiera ! Elle surprendra même ! Quelle leçon pour la France ? Mon propos ne vise pas à donner de consigne de vote ! Mais simplement à prendre acte, en tant que prêtre catholique, des réactions de nos candidats devant des positions officielles du Magistère romain et de la conférence des évêques de France. Cela vaut mieux que de se fier aux sondages de même nature que leurs grands frères américains, parce que très probablement payés par les mêmes personnes ! A l’heure où j’écris ces lignes, un seul candidat, François Fillon a répondu à la lettre des évêques de France sur les élections. Je vais donc m’intéresser à sa réponse, comme je le ferai pour d’autres candidats, s’ils daignent prendre en compte les propos et les préoccupations de l’Eglise catholique.

Je dis tout d’abord ma joie pour l’existence de cette lettre qui montre au grand jour que l’Eglise s’intéresse à la vie de La Cité, par amour du prochain et par devoir. Alors que certains au nom d’une conception sectaire et étriquée intellectuellement de la laïcité voudraient lui interdire de s’exprimer en tant que telle, comme le candidat Mélenchon, nos évêques prennent courageusement la parole pour s’inquiéter à juste titre du délabrement moral de notre société française, de son manque de confiance dans les hommes politiques, de sa désespérance aussi devant les forces du mal, qu’elles aient nom pauvreté, chômage, terrorisme et guerres, dont les chrétiens d’Orient sont les premières et innocentes victimes. Voilà ce que je lis et devine derrière ce document, qui ne peut pas tout dire! J’aurais aimé qu’on y dénonçât l’escroquerie morale qu’est le quinquennat, qui fausse beaucoup de choses, tant en ce qui concerne les promesses électorales que le rôle du premier ministre! François Fillon en a forcément souffert, c’est une déduction de ma part dont on lira l’explication dans mon prochain livre « Il y a quelque chose de pourri au royaume de France » (sortie chez Via Romana début janvier 2017). Je mentionne cette question, simplement pour dire qu’il était dans l’impossibilité de démissionner à la fin du précédent quinquennat. Il aurait porté alors l’estampille de traître, et bien évidemment les mêmes qui lui reprochent d’être resté, lui feraient grief d’avoir favorisé l’élection de François Hollande, la pire catastrophe arrivée à la France depuis le début de la Ve République !

Dans son discours du cirque d’hiver, dont on retrouve les principaux thèmes dans sa lettre aux évêques, il s’attaque à la pauvreté, dans ses causes et dans ses conséquences par la seule méthode raisonnable, conforme d’ailleurs à la doctrine sociale de l’Eglise : placer l’homme au centre de l’économie en encourageant sa liberté d’entreprendre et donc de s’enrichir. Si l’on veut qu’il y ait mois de pauvreté en France, il faut que les riches soient plus nombreux, qu’ils trouvent de l’intérêt à investir en France et à y payer des impôts ! D’où la nécessité d’en finir avec cette sinistre farce de l’impôt sur les grandes fortunes, plus flatteur pour l’imaginaire socialiste qu’utile pour les caisses de l’Etat. Refusant cette démagogie, le candidat Fillon, va jusqu’à oser faire la distinction entre l’assistance qu’il promet et l’assistanat qu’il récuse. Il se montre aussi partisan d’une immigration choisie, seule solution d’accueil digne et fraternelle des immigrés. Mais, surtout il a le courage de remonter à la cause du déferlement de réfugiés : la lâche politique étrangère de la France qui pour des raisons autant obscures qu’inavouables a refusé de s’allier à la Russie pour combattre Daesch. On se rappellera qu’il l’avait demandé dès juillet 2012 au président Hollande, en vain ! Revenant d’un pèlerinage en Terre Sainte commencé en Jordanie, je puis attester la gravité du mal irréparable qui a été causé, comme du nombre de victimes innocentes qui sont reprochées à notre pays.

Je note aussi dans cette lettre, comme dans le discours qui l’a inspirée, la lucidité qui consiste à désigner l’ennemi : le totalitarisme islamique (on peut aussi lire son dernier livre sur ce sujet). Ainsi ne cède t ‘il pas à l’hystérie laïciste, chère aux Francs-maçons du Grand Orient de France (qui s’éloignent ainsi de plus en plus de la Franc-Maçonnerie universelle dont ils sont exclus depuis 1877) et à tous les politiques qui leur font une cour assidue ! François Fillon relève avec justesse que durcir la laïcité en France porterait atteinte à la liberté religieuse et à la liberté des consciences. Les autres religions qui ont obéi aux règles de la loi de 1905 seraient injustement punies. Il place les musulmans de France, et tout spécialement ceux qui sont français devant leurs responsabilités quant à leur intégration. C’est à eux de clarifier leur position qui, je regrette de le dire, ne l’est pas autant qu’il serait souhaitable en temps de guerre avec une « entité » qui se réclame de la religion musulmane. François Fillon se propose de faire fermer les mosquées salafistes et d’interdire ce mouvement, comme ceux qui lui sont apparentés. Soit ! Mais s’il veut que le travail soit fait en profondeur et ne se réduise pas à une simple mesure de police destinée à maintenir l’ordre public, il faudra revoir l’écriture de la loi de 1905 et la laïcité à la française. Peut-être arrivera-t’on enfin à parler de neutralité de l’Etat et de distinction par rapport aux religions. Ainsi la puissance publique pourrait-elle prendre véritablement en compte le fait religieux. Mais tout ne peut pas se reconstruire en un jour !

Enfin sur les lois sociétales délirantes, dont la pire est la loi Taubira, François Fillon persévère dans son honnêteté. Ayant voté contre, il a toujours eu le courage de dire qu’à vues humaines, il n’était pas juste de faire croire que cette loi pouvait être abrogée ! Compte tenu du jeu parlementaire, on peut le regretter, mais c’est ainsi, le retour en arrière pur et simple est impossible. En revanche, une réécriture est envisageable pour interdire la gestation pour autrui et la PMA pour les personnes de mêmes sexes. Le candidat ne cède nullement à l’homophobie, mais donne la priorité aux droits des enfants, contre le droit à l’enfant. Son souci de la famille qu’il place dans toutes ses interventions comme pilier de notre Société et de ses valeurs montre qu’il saura raison garder devant toutes les autres revendications de la culture de mort, décidément « lieu » de prédilection de nos actuels gouvernants. En fait, et c’est un point commun entre Donald et François, qui ont fort heureusement des styles différents, l’un et l’autre se sont fait l’écho de la pensée des citoyens de base, ceux que l’on méprise, qu’on appelle, comme je l’ai encore entendu à la télé « la bourgeoisie de province ». Et c’était bien sûr un perroquet rose, bien stipendié, qui se permettait de qualifier ainsi l’électorat séduit par François Fillon. Le même qui quelques jours plus tôt n’avait pas de qualificatifs assez méprisants pour désigner les électeurs de Donald qui devait perdre !

Puissent les faiseurs professionnels d’opinion tirer les leçons de leur défaite bien réelle. Dès qu’un autre candidat, de droite comme de gauche, répondra aux évêques de France, je ne manquerai pas de lui consacrer quelques lignes de ce blog.

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