Après le sabre… le goupillon (1)

Madame Sylviane Bulteau ne s’étonnera certainement pas de cette « association ». Dans les « sectes » ou  » chapelles » qui l’entourent, très laïques et républicaines, on est habitué à cette phraséologie. Son intervention à l’assemblée nationale, le 21 mars 2016, constitue un exemple « remarquable » du splendide aveuglement où mène l’hystérie laïcarde aujourd’hui. Nous voilà revenu en 1905, en pire.

Car à ce moment-là on n’était pas allé jusqu’à manifester de la réprobation pour l’admiration que des militaires français pouvaient éprouver pour Jeanne d’Arc ! Jules Michelet oblige (2) ! Plus tard, en 1914, peu de temps après la mort de Charles Péguy, grand poète catholique – qu’y pouvons-nous – on se rendit compte qu’il était possible d’appartenir à cette religion et de prendre les armes pour défendre la France et son gouvernement légal : la république ! De plus, ne vous en déplaise madame le député, Péguy était très proche des idéaux socialistes ! Enfin des prêtres que vos arrières grands pères spirituels avaient chassés en 1905 sont revenus pour accomplir leur devoir de citoyens.

Alors voilà, chère Madame, que vous craignez pour la neutralité de l’Etat parce que des saints cyriens en uniforme (qui avaient l’autorisation de leurs supérieurs) ont été présents au Puy du fou pour honorer Jeanne d’Arc, au travers du retour de son anneau en France, et qu’en plus on a lu un poème du catholique Péguy rendant hommage à ceux qui sont morts pour la patrie.

Quand on a l’honneur de faire partie de la représentation nationale il faut avoir un peu plus de hauteur de vue. Surtout quand son pays est en guerre et en proie à la menace terroriste. On doit viser à rassembler les français et non à les diviser. Vos propos, en réalité, ne relèvent que de la mesquinerie et du manque de connaissances historiques. Mais pour le temps de guerre que nous vivons, ils relèvent selon moi de la haute trahison. En voulant reléguer dans la sphère du privé un homme et une femme qui ont fait la grandeur de la France et qui par leurs actes et leurs paroles l’ont fortifiée, vous portez gravement atteinte au moral des français. En fait, cela obéit à une certaine logique pour des gens qui, comme vous, s’attaquent à la morale de nos pères, chère à Jules Ferry, rapetissent notre pays et diminuent ses forces.

Aussi persisterez-vous très probablement dans votre aveuglement. Vous refuserez de voir la seule alternative qui s’offre à notre pays et certainement à beaucoup d’autres en Europe : le judéo-christianisme ou l’islam. Et je vous fais la charité de vous avertir que l’islam ne tolère ni les athées et les agnostiques. Enfin vous agressez beaucoup de nos soldats dans ce qu’ils ont de plus cher et de plus sacré. Craignez qu’on en vienne pour vous et les vôtres à célébrer sous peu le 18 brumaire comme fête nationale ! Et toutes les fenêtres du Palais Bourbon ne sont pas au niveau du sol !


(1) Le Général (2S) Marc Paitier a écrit au député Sylviane Bulteau, qui s’est interrogé sur la présence d’officiers saint-cyriens au Puy du Fou :

« Madame le député,

La présence de saint-cyriens en grand uniforme et de leur général à la cérémonie organisée au Puy du Fou pour accueillir l’anneau de Jeanne d’Arc, de retour en France, vous a choquée. Vous y voyez une atteinte à la neutralité des armées. Vous condamnez également le chant du poème de Charles Péguy : « Heureux ceux qui sont morts ». Vous y décelez une entorse à la laïcité.

A mon tour d’être choqué par de telles considérations de la part d’une élue de la Nation. Les saint-cyriens sont venus rendre hommage à Jeanne d’Arc sans y être forcés, spontanément, naturellement, car pour eux la France, qu’ils ont fait le choix de défendre au péril de leur vie, n’est pas une idée abstraite mais une réalité charnelle qui s’incarne, notamment dans de grandes figures comme celle de la petite bergère de Domrémy devenue la plus belle et la plus pure héroïne de notre histoire. Le cœur d’un soldat français vibre au seul nom de Jeanne d’Arc.

Le poème de Charles Péguy qui fait l’objet de votre réprobation est un hommage aux soldats français morts pour la France à travers les âges. Depuis des générations, les saint-cyriens le chérissent car il exprime merveilleusement le sens de leur vocation. Faut-il vous apprendre que Charles Péguy, fils d’ouvrier, poète majeur du XXe siècle fût un ardent défenseur de la justice sociale et des plus humbles. Il fût tué au combat dans les premiers de la Grande Guerre. En vous entendant, une de ses phrases m’est revenue en mémoire : « Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite ».

Dans un monde en péril, face au retour de la barbarie, les saint-cyriens sont venus manifester leur attachement aux vertus qui ont fait la force de notre Civilisation. Ce sont elles qu’il faut promouvoir et non une vision dévoyée de la laïcité et une neutralité qui s’apparente à la lâcheté et au nihilisme.

Je vous prie de croire, Madame le député, à mes sentiments attristés. »

(2) Je ne me fie pas à ce grand homme pour l’exactitude historique, mais pour son génie littéraire et son incontestable amour de la France. Libre-penseur, il fait de Jeanne une héroïne populaire de tout premier plan pour la construction de notre pays. En 1841 au tome V de son histoire de France, intitulé Jeanne d’Arc, il écrit : « Souvenons-nous toujours, français, que la patrie chez nous est née d’une femme, de sa tendresse et de ses larmes, du sang qu’elle a versé pour vous ».

On relèvera la même admiration chez Lucien Herr, bibliothécaire de l’Ecole Normale Supérieure, ami de Léon Blum dans un article « Notre Jeanne » paru le 14 mai 1890. Et en 1910 Jean Jaurès lui rend hommage dans « L’Armée nouvelle ». Époque où les socialistes étaient cultivés à défaut de ne pas être tout à fait objectifs. Mais c’est mieux que rien ! Madame le député devrait de plus savoir que la République a instauré le 10 juillet 1920 une fête nationale de Jeanne d’Arc, soit deux mois après sa canonisation par le Pape Benoit XV, célébrée le deuxième dimanche de mai. Pour le 500e anniversaire de la délivrance d’Orléans, le 8 mai 1929, le Président de la République Gaston Doumergue (protestant) assista à la messe dans cette ville. Beaucoup de présidents de la Ve république l’ont imité chaque 8 mai après leur élection : dont entre autre De Gaulle en 1959 et Francois Mitterrand en 1989.

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2 commentaires

  1.  » le judéo-christianisme ou l’islam » ,écrivez-vous ,je m’interroge ?

    « D’un point de vue théologique, historique, ethnique et culturel, l’expression est fausse. L’élément « judéo » dans la définition de la civilisation européenne est tout simplement impropre. La civilisation européenne n’est pas « judéo-chrétienne » pour la première raison que le judéo-christianisme est une interprétation théologique ethniquement juive d’obédience pharisienne, et donc non européenne…, une interprétation qui du point de vue de la foi s’est effondrée au concile de Jérusalem en 49 ap. J.-C… »

    http://christroi.over-blog.com/article-30308184.html

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  2. Étienne Gilson:
    « Qu’est-ce qu’un ministère d’union nationale ? C’est un ministère d’anticléricaux qui fait appel au dévouement des catholiques pour l’aider à tirer la France du péril où l’anticléricalisme l’a mise et, l’en ayant tiré, continuer de la persécuter. »

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