Quoi de neuf ? La Bible !

Pour la sortie du troisième tome de ma série « À l’écoute de la Bible année C », j’ai choisi pour ma conférence de présentation le titre « Quoi de neuf ? La Bible ! » pour montrer à travers quelques exemples l’actualité de la Bible, et à quel point sa compréhension peut être utile et nécessaire à tout chrétien comme à tout homme qui veut savoir d’où il vient et où il va, mais cela est-il vraiment souhaité aujourd’hui ? Il semble que beaucoup de nos contemporains se complaisent dans des demi vérités, des faux semblant, des sécurités illusoires et surtout rassurantes, le tout dans le flou et la tiédeur, caractéristiques de toutes les médiocrités. Ainsi a- t’on les chefs qu’on mérite, les spectacles et les journaux qui vont avec !

La Parole de Dieu contenue dans la Bible est souvent comparée à un glaive à deux tranchants. Elle pénètre en effet partout, pour tailler, séparer les ténèbres de la lumière, pour diviser le vrai du faux, comme le vieillard Siméon le prophétise à Marie en évoquent le glaive qui lui transpercera le cœur (Luc 2, 34-35). Mais encore faut-il que le prédicateur affûte le glaive en lui prêtant sa parole ! Il ne peut le faire que dans la prière et en se référant à la science des Ecritures qu’il doit avoir acquise au cours de ses études de Théologie ! Ainsi aura-t-il le courage de prendre le risque d’actualiser le texte sacré. Et ce, sans craindre si nécessaire d’aller contre le théologiquement correct, aussi trompeur que son frère « le politiquement ». Et il peut y avoir des désaccords entre prédicateurs ! Cela prouve qu’il y a de la vie ! Et nous avons la grâce, nous catholiques, d’avoir un Magistère pour calmer le jeu ! En ce moment, du moins en France, on l’a mis au chômage ! Tout le monde dans l’Eglise catholique médiatique y dit à peu près la même chose, que par lassitude on n’écoute plus beaucoup ! Les homélies ennuient tellement qu’on s’empresse de les oublier ! Et l’on arrive à cette « prouesse » de ne dire que des banalités sur le texte le plus intéressant du monde : la Bible ! Nos médias catholiques pourraient créer une saine émulation en informant et en suscitant de sains débats ! Mais au nom du « pas de vagues » et aussi par complaisance pour certaines idéologies politiques, beaucoup ne raisonnent qu’en terme de pensée unique!

Et c’est bien dommage, parce que derrière les terribles attentats qu’a connu la France et qui malheureusement risquent de se poursuivre, se cache un conflit religieux prévisible depuis longtemps ! Je veux parler de la guerre qu’une partie de l’Islam a déclarée à la civilisation judéo-chrétienne. Certes, ce n’est qu’une partie, mais cela pourrait malheureusement changer, parce que les raisons profondes de ce fanatisme se trouvent inscrites dans la manière même dont est né l’islam et aussi dans ses propres textes ! Dire que ce terrorisme musulman n’a rien à voir avec la religion est aussi faux que de faire l’amalgame systématique entre les djihadistes et l’ensemble des musulmans. L’Islam doit donc impérativement se réformer, mais cela ne peut venir que des musulmans eux-mêmes, comme l’a très bien compris le Maréchal Al Sissi, le Président égyptien. En revanche il appartient aux juifs et aux Chrétiens de faire entendre leurs différences ! Je connais de longue date le sérieux des écoles rabbiniques et je ne me fais pas de soucis pour l’instruction religieuse de la communauté juive. Je suis inquiet en revanche pour les catholiques. A côté de séminaires qui fonctionnent bien et où on ne néglige pas l’enseignement fondamental de la théologie, en particulier les sciences bibliques, combien de lieux de « désenchantement » spirituel et intellectuel, qui ne donnent aucune envie de les rejoindre, et qui font aussi fuir !

Au fond nous voilà revenus à l’une des causes principales de la Réforme du XVIe siècle : la médiocrité, pour ne pas dire l’absence de prédication. Cela dit, il existe une différence fondamentale entre cette époque et la nôtre ! Le magistère de papes comme Léon X et surtout Clément VII fut négligeant en la matière ! Le très catholique Charles Quint, le plus grand prince de son temps, dut même en arriver jusqu’à châtier le Pape Clément par le terrible sac de Rome en 1527 ! Depuis des papes comme Paul III et Saint Pie V qui furent les artisans courageux du Concile réformateur de Trente, leurs successeurs qui connurent la tourmente du siècle des Lumières, Pie VI et Pie VII, tous, jusqu’à François, ont eu le souci de l’évangélisation. La crise moderniste, qui fut un mal nécessaire, devint finalement l’occasion pour le magistère de redéfinir les modalités de l’étude de la Bible. C’est le Vénérable Pie XII qui, dès 1943, officialisa la méthode (Encyclique « Divino afflante spiritu ») reprise par Vatican II et tous les papes qui ont suivi, par exemple Benoît XVI avec Verbum Domini en 2010 et François avec Evangelii gaudium. Les prêtres (comme les professeurs de théologie) ont donc toute liberté pour scruter l’Ecriture Sainte et l’enseigner, selon les normes de la Tradition catholique. L’urgence pour l’Eglise est donc de former les fidèles pour les sortir de l’analphabétisme chrétien dans lequel on les a abandonné (pour reprendre une expression de Benoît XVI).

Pour conclure, et introduire d’une manière concrète ma conférence de présentation de mon livre, quelques réflexions sur la première homélie, celle du 1er dimanche de l’Avent qui porte sur Luc 21, 25-28 ; 34-36. On remarque d’emblée que le lectionnaire a omis les versets 29 à 33. J’ai déjà dit mon opposition à cette pratique ! J’ai été à moitié entendu puisque c’est indiqué ! Le prédicateur doit, par honnêteté vis à vis du texte, mentionner ces versets et au moins expliquer pourquoi Saint Luc les a écrits à défaut d’expliquer pourquoi le lectionnaire les a supprimés ! Le texte lu nous parle du retour de Jésus, qualifié de Fils de l’Homme. C’est l’occasion de rappeler la continuité entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Ainsi pouvons nous dire que nous avons le même Dieu que les juifs, avec des pratiques religieuses différentes, constatation unique, impossible à faire avec une autre religion !

Ensuite, il est question des signes de la fin des temps. Là aussi nous sommes en pleine actualité, les catastrophes en tout genre ne manquent pas, qui font penser nos contemporains à la fin du monde, au mieux à la fin d’un monde ! Les sectes et d’autres savent récupérer ce sentiment de peur ! L’analyse précise du texte montre qu’en fait Jésus se garde bien de donner des signes précis de cette fin, ce qui irait contre la vigilance de tout instant qu’il nous recommande. Le caractère terrible des catastrophes citées n’est mentionné que pour nous rendre attentifs à la gravité de l’arrivée du Christ dans le monde, la première comme la seconde ! Ce qui doit avoir une incidence dans notre manière de préparer Noël et de le célébrer. Comme aussi d’attendre avec foi et piété le retour ! Prenons exemple sur St Ambroise de Milan (340-397), témoin des premières invasions barbares, qui se garda bien de voir en elles le signe de la fin du monde ! Et cela concerne donc aussi les invasions barbares de 2015 ! Prêchant sur ce texte et évoquant la « catastrophe  » de la destruction du Temple, il dit : « C’est donc à moi que le Christ doit venir, c’est pour moi que doit avoir lieu son avènement ! ». C’est à son âme comme à celle de tout chrétien qu’il applique « l’agression » contre le temple et en déduit une invite à guerroyer contre ses propres passions. C’est très certainement, en partie pour n’avoir pas compris cela, qu’on a supprimé les versets indiqués au début de mon propos sur ce texte ! Ils avaient « le malheur » de faire dire à Jésus que « cette génération ne passera pas que tout n’arrive » ( v32.). Si par « génération  » on entend les contemporains de Jésus, il s’est trompé ! Mais cela suppose qu’on ait pris les signes terrifiants comme des annonces précises. Et nous avons vu que tel n’est pas le cas ! Mieux, dans les versets omis, les arbres qui bourgeonnent ne sont mentionnés que pour indiquer que l’été est proche, pas qu’il est là ! Nous sommes donc toujours dans l’avertissement du Christ à nous tenir prêts, car nous ne savons ni le jour ni l’heure. Et cette vigilance doit être combattante et non résignée ! Comme elle est donc d’actualité cette parole de vigilance combattante face aux signes de destruction ! Elle invite à perfectionner notre témoignage pour un meilleur combat, en priant et en manifestant clairement et « ostensiblement  » notre attachement au Fils de l’Homme. Tout le contraire du repli laïc auquel nous invite une certaine société civile, qui à la place de la destruction du Temple, agite devant nos yeux celle des crèches dans les mairies. Mais l’âne y restera en très bonne place car il est têtu, l’animal ! À jeudi 3 décembre pour la suite !

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Un commentaire

  1. je ne suis pas d’accord quand vous dîtes que nous avons le même Dieu que les Juifs ILs ne croient pas à la Trinité et pour eux Jésus n’est qu’un prophète

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