Les autruches : du bénitier à la rose

Quand j’étais jeune, il y a longtemps, plusieurs « bestioles » ennuyaient les prêtres et les chrétiens pratiquants, les punaises de sacristie et les grenouilles de bénitier ! Elles existent encore, mais sont bien vieilles, et beaucoup plus rares, subissant la loi du genre dans son double sens, l’élimination naturelle et la présence des deux sexes ! Les femmes ne sont pas seules visées. En ce domaine, la vérité exige la parité.

Même remarque pour la nouvelle espèce animale, nuisible au témoignage de l’Eglise : les autruches. Les chrétiens et les chrétiennes qui ne veulent pas voir ! Et aussi ne pas entendre, du moins ce qui heurte leur idéologie. Ils s’enfouissent la tête dans le « bénitier » de ce qui leur sert de religion, et ce à l’image de ceux qui nous gouvernent. Ceux-ci sont allergiques au bénitier et préfèrent les buissons de roses, cette belle fleur ayant été prise pour emblème par François, le premier à avoir régné sous ce nom dans leur parti sous notre Ve République. Mais ce monarque était bien éloigné de l’espèce animale dont il est ici question, car il tenait du Sphinx, ce qui est bien autre chose !

Dans mon dernier blog, j’avais à propos de l’affaire grecque évoqué la journée des dupes ! C’était bien sûr emblématique de tout un ensemble ! Jacques Attali, bien meilleur connaisseur que moi de la chose politique, a parlé tout récemment de la « rentrée des dupes » ! Oui, on ne veut pas voir, on ne veut pas faire voir, et pire on croit qu’on n’est pas vu. L’autruche catholique a ceci en commun avec sa congénère socialiste, qu’elles vivent dans l’utopie, à savoir pour l’une dans un christianisme qui n’a existé que dans les hérésies gnostiques et pour l’autre dans un socialisme qui n’a fonctionné que dans les cerveaux d’utopistes, tout particulièrement en France. Dans les deux cas il y a des mythes fondateurs plus ou moins anciens. Pour les chrétiens le partage des biens dans l’Eglise de Jérusalem, beau fiasco que le livre des Actes des apôtres ne s’efforce même pas de cacher, pour les socialistes les trente cinq heures, qui à défaut d’être des heures saintes, sont néanmoins sacrées comme les vaches des Indes ! Lille veut peut-être concurrencer Lourdes ! Nous attendons le miracle (la baisse du chômage) depuis un moment, mais rien ne vient. Peut-être faudra-t-il revoir la façon de compter les chômeurs encore une fois ! Il est vrai que nos dirigeants ont des problèmes avec les comptes. Ils l’ont montré avec leur estimation du nombre de manifestants lors de la manif pour tous !

Aujourd’hui, actualité oblige, nous allons en rester aux autruches de bénitier ! Les perroquets stipendiés par l’Etat, autres oiseaux, nous annoncent sur les ondes que le diocèse de Toulon a invité Madame la Député Marion Marechal Le Pen à son université d’été ! Les autruches sortent la tête du bénitier et se pâment en choeur avec leurs soeurs rosacées. Puis elles regagnent leur « refuge ». En fait, cette parlementaire est invitée à un débat, où elle aura donc aussi droit à la contradiction, par un diocèse qui compte quelque quarante pour cent d’électeurs votant pour le Front National. L’évêque, qui n’est pas une autruche et qui n’a pas envie de le devenir, avait le devoir de provoquer un débat, et c’est à l’honneur du responsable de « Familles Chrétiennes » que d’avoir accepté de présider ces échanges. La presse catholique fait son métier quand elle favorise le dialogue, surtout entre catholiques. Car cette député du FN est catholique, elle l’a prouvé clairement dans des débats sur des sujets moraux, à propos desquels d’autres n’ont pas toujours été clairs, surtout par rapport à leur électorat.

Mais Familles chrétiennes déplait à certains parce que n’étant pas adepte de la pensée unique, et le diocèse de Toulon parce qu’il place toujours en avant sa fidélité au Saint Père, et non aux idéologies à la mode. Et quand il organise des débats politiques, il invite les personnes qui représentent officiellement les courants qu’il veut interroger. Dans d’autres cercles, on n’éprouve pas ce besoin, car on dispose de « permanents » sous la main, dans son clergé ou dans tel ou tel responsable laïc ! Les roses sont dissimulées, mais pas leur parfum !

Quand sera terminé le temps des autruches, mais ce n’est pas demain la veille, nous le verrons, viendra le temps des oies du Capitole. Et comme la Roche Tarpéienne n’est pas loin, les vautours joueront le dernier acte.

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4 commentaires

  1. Bravo Père!
    je suis en profond accord avec vous d’autant plus que Mgr Rey est notre évêque qui n’a jamais failli à sa mission, bien au contraire.

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  2. Il y a dans cet articles sur les autruches, matière à réflexion et il est plaisant que la franchise rime avec un certain humour.
    Merci Padre
    Henri Pinard Legry

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