Les oubliés ! (1ère partie)

Il s’agit des chrétiens bien entendu ! Et pas seulement ceux d’Orient qu’on n’arrête pas de massacrer, mais plus simplement de France, soigneusement omis du plan d’action gouvernemental 2015-2017 contre le racisme et l’antisémitisme (lien). J’ai lu attentivement ce texte, bien dans la mode de notre temps, je n’y ai pas vu une seule fois le nom de chrétiens, à moins que ceux-ci ne soient comptés comme race, à l’instar des vendéens catholiques qualifiés de brigands par la première République, et qui à ce titre étaient exclus du pacte républicain et donc humain, puisqu’un homme digne de ce nom ne pouvait être que républicain ! On connait la suite, j’y reviendrai.

Je retiens simplement pour l’instant que l’Etat va dépenser cent millions d’euros jusqu’en 2017, et ce n’est qu’une prévision, pour défendre ceux de nos compatriotes qui sont menacés par la haine, la discrimination, les injures, les attaques physiques quelquefois meurtrières, et que ne sont concernés par cette protection que les juifs et les musulmans. C’est très bien pour eux et je m’en réjouis.

Ceux qui connaissent ma vie savent que j’ai toujours milité contre le racisme et l’antisémitisme ainsi que contre tous les fanatismes qui introduisaient entre les hommes des haines toujours dangereuses. Ce pourquoi je réprouve totalement cet « oubli » ! Le président de la République avait si j’ose dire, préparé le terrain en omettant de dire que les 21 décapités de l’Etat islamique, étaient des chrétiens et non pas seulement « des ressortissants égyptiens ». Mgr Jean Pierre Batut évêque de Blois l’avait fort opportunément rappelé.

Et ce n’est pas un « détail » car l’oubli présidentiel, tout comme celui du premier ministre dans son plan de lutte, constituent de fait un encouragement pour les tueurs du « Califat » et aussi les terroristes. Montrer qu’on ne pense qu’à protéger en France que les juifs et les musulmans, c’est laisser entendre qu’on ne s’intéresse plus aux chrétiens ! N’ont-ils pas d’ailleurs osé manifester contre des lois de la République, jadis l’avortement, grand symbole de la libération de la femme moderne et républicaine et plus récemment contre le mariage pour tous, gage d’avenir d’une société plus juste et plus équilibrée ? Oui, ces chrétiens et plus spécialement ces catholiques deviennent de plus en plus des sous citoyens et bientôt, qui sait, des sous hommes ! Vous verrez, pourraient conclure certains de nos gouvernants, ils vont en arriver jusqu’à vouloir nous empêcher de mourir et surtout de faire mourir dans la dignité, s’acharnant au nom de leur idéologie doloriste à maintenir en vie des vieillards qui ne demandent qu’à mourir, vite et sans souffrance, et ce, d’autant plus qu’ils sont riches, et veulent au nom de leur idéal socialiste se débarrasser de leur héritage, vil argent dont l’Etat doit profiter le plus vite possible, en se débarrassant des frais inutiles produits par leurs soins médicaux. Et les jeunes, grand souci de la fin de ce quinquennat, y trouveront aussi quelques avantages !

Mais il se peut aussi que l’Etat estime que les chrétiens de France ne sont jamais agressés et ne fassent jamais l’objet de discriminations. Je crois pourtant me souvenir de certains spectacles parisiens un peu particuliers, d’exposition de crucifix conservé dans de l’urine (« Piss Christ »), attaques de hordes de femens, profanations constantes d’églises et de cimetières chrétiens…

Il est vrai qu’en France peu de voix chrétiennes s’indignent et moins encore osent proclamer la supériorité du Christianisme.

Léon Bloy aurait-il eu raison d’écrire dans « Le désespéré » en 1886 : « En général le clergé français n’aime pas les saints et les apôtres. Il ne vénère que ceux qui sont morts depuis longtemps et en poussière. Rejeton ligneux de la vieille souche gallicane et légataire de son coriace orgueil, il abhorre par dessus tout la supériorité de l’esprit, naturellement incompressible comme l’eau du ciel, et, par conséquent, dangereuse pour l’équilibre sacerdotal ». Et continuant sur cette « lancée », il allait, pour caractériser le catholicisme de son temps jusqu’à écrire : « Emasculation systématique de l’enthousiasme religieux par médiocrité d’alimentation spirituelle ; haine sans merci, haine punique de l’imagination, de l’invention, de la fantaisie, de l’originalité, de toutes les indépendances du talent, congénère et concomitant oubli absolu du précepte d’évangéliser les pauvres ; enfin adhésion gastrique et abdominale à la plus répugnante boue devant la face des puissants de ce siècle : tels sont les pustules et les champignons empoisonnés de ce grand corps autrefois si pur ! […] (Léon Bloy, « Le désespéré », p. 51, p. 53 et p. 54, éd Omnia).

La réponse des puissants du siècle d’alors ne se fit pas attendre trop longtemps. Ce fut la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, qu’il est plus que de bon ton d’encenser aujourd’hui, même dans l’Eglise catholique où l’on s’obstine à ne pas voir la formulation juridique dangereuse.

Je prends le pari que sans en changer une ligne, mais en l’interprétant autrement que jusqu’en mai 2012 (avènement en France d’un nouveau principat), l’Etat pourrait faire vivre aux églises une liberté semblable à celles qu’elles avaient en URSS sous Staline !

Les laïcistes ont d’ailleurs senti l’air du changement de mai 2012, et l’on a commencé à reprendre de vieilles revendications « laïques » comme l’abrogation du Concordat en Alsace Moselle, le Grand Orient de France est bien sûr de la partie mais aussi la Libre Pensée.

Voici l’article 2 des statuts de cette dernière : « La Libre Pensée se réclame de la raison et de la science. Elle n’est pas un parti ; elle est indépendante de tous les partis. Elle n’est pas une Eglise ; elle n’apporte aucun dogme. Elle vise à développer chez tous les hommes, l’esprit de libre examen et de tolérance.

Elle regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action. Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme, fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude. Dans leur prétendue adaptation aux idées de liberté, de progrès, de science, de justice sociale et de paix, la Libre Pensée dénonce une nouvelle tentative, aussi perfide qu’habile, pour rétablir leur domination sur les esprits.

Estimant que l’émancipation de l’homme doit être poursuivie dans tous les domaines, la Libre Pensée réaffirme sa volonté de combattre également aux côtés de tous les hommes et associations qui s’inspirent des mêmes principes ; toutes les idées, forces ou institutions qui tendent à amoindrir, asservir ou pervertir les individus ; sa volonté de défendre la paix, les libertés, les Droits de l’Homme, la Laïcité de l’Ecole et de l’Etat.

Estimant que toute croyance est justiciable de la libre critique, elle entend n’imposer ni se laisser imposer aucune limite dans l’utilisation du libre examen comme méthode de la pensée libre.

A ses adhérents, fraternellement unis dans l’action commune, elle propose la méthode la plus efficace de perfectionnement individuel et de rénovation collective.

Elle adjure tous les hommes de progrès, oublieux de leurs vaines querelles, de se grouper dans son sein pour travailler à l’avènement d’une morale rationnelle de bonheur, de dignité humaine et de justice sociale. »

Le gouvernement ne devrait-il pas demander sa dissolution, dans la logique de son plan contre le racisme, compte tenu de son appel au mépris et en fait à la haine contre « la race » des religieux ?

Mais elle ne s’est attaquée qu’à l’Eglise catholique avec son souhait de voir disparaitre les crèches de Noël des espaces publics et une statue de la Vierge Marie d’un square communal !

Ce pourquoi je conseille au catholique qui éprouverait quelque chagrin, voire quelque peine, de méditer ces lignes prophétiques de Léon Bloy : « Enfin et surtout, la porcine congrégation des sycophantes de la Libre Pensée pourra s’accorder le facile triomphe de contemner – jusqu’au fientement vertical ! – L’exacte genèse de ce catholique (le lecteur auquel je viens de faire allusion) ballotté par d’impures vagues au dessus d’absurdes abimes….. Qu’importe ! » (Op cité p 60).

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Un commentaire

  1. Silence de notre président fantoche devant les tentatives d’attentat contre des églises. L’armée garde les mosquées et les synagogues. Les églises, non. Pourquoi, Quelle égalité? On garde Julie Gayet qui n’est rien. Pourquoi? B…ez en paix, Flamby, les français meurent!

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