Les pieds et les mains dans… la glue !

Ainsi se trouve notre premier ministre avec la loi de 1905, portant sur la Séparation des Eglises et de l’Etat ! En affirmant cela, je ne souhaite surtout pas qu’on revienne sur le principe de la séparation ! Je désire simplement qu’on revoie certaines formulations juridiques qui se révèlent aujourd’hui complètement inadaptées.

Avant d’en venir à ce qui doit constituer une juste peur pour nos gouvernants actuels, je crois honnête de rappeler que la situation qui est faite aux « églises » en France n’est pas juste, en ce sens que la loi au nom de la laïcité ne leur reconnait aucune existence juridique propre, mais un statut d’association cultuelle. Le législateur voudrait être restrictif, mais peut-on imaginer qu’il devienne méchant, il ne pourrait reconnaître aux « églises » que le droit d’organiser des cultes et c’est tout… comme sous Staline en Union soviétique ! Au fond, c’est ce que souhaite le camarade Mélenchon quand il dit qu’un catholique en France ne peut s’exprimer que par son bulletin de vote ! Je note que personne n’a réagi à cette déclaration, inacceptable pour un catholique, tout simplement parce qu’elle nie la réalité ecclésiale. Mais cela peut plaire dans certains milieux catholiques, amateurs impénitents de l’ouverture au monde la plus grande possible ! Cela dit cette voix de la gauche de la gauche est parfaitement dans l’esprit et la lettre de la loi de 1905.

Mais il y a un revers à cette « médaille » ! Ce divorce « pour faute » que constitue la loi en question empêche l’Etat d’intervenir dans les questions religieuses, sauf si l’ordre public est menacé. Dans ce domaine, la pensée gouvernementale est à géométrie variable, si l’on en juge par l’attitude des forces de répression dont il dispose, police et magistrature d’accusation. Selon que vous soyez femen, montrant fesses et seins dans les églises, et faisant pipi pendant la messe, ou profanateur de cimetière juif, vous n’aurez pas le même traitement… Mais c’est « un détail » comme dirait l’autre ! L’organisation du culte musulman en France est une affaire autrement plus sérieuse, car du strict point de vue politique, elle conditionne la paix civile en France à cours et à moyen terme.

La formation des imams en France est une affaire capitale ainsi que le contrôle de leur travail, surtout dans des postes d’aumôniers payés par l’Etat ! Et en disant cela, compte tenu de la situation particulière et dangereuse dans laquelle se trouve notre pays, j’accepte la même attention de l’Etat sur les autres religions, et même je la souhaite, son but étant de veiller à ce que personne ne se serve de la religion pour servir les intérêts de pays étrangers. Il ne s’agit pas pour l’Etat de se mêler d’affaires de dogmes. Cela dit, si certains d’entre eux allaient, de par l’interprétation de certains ultras, contre nos lois ou pouvaient troubler l’ordre public, il faudrait que l’Etat pût intervenir sérieusement en toute légalité. Et j’ajouterai même en toute légitimité, entendant par là que dans tous les domaines de la législation, l’Etat respecte la Loi naturelle, qui d’ailleurs le fonde en partie. Quand il ne le fait pas, il perd de sa légitimité ! Il doit au moins alors respecter la liberté de conscience, comme cela est écrit dans le préambule de notre Constitution. Je remarque qu’il n’a fait ni l’un ni l’autre en faisant voter le mariage pour tous ! Chrétiens de toutes confessions, juifs et musulmans avaient pourtant exprimé leur hostilité ! Aussi je rappelle au passage que ce que madame le ministre Taubira appelle une loi ne mérite pas ce nom pour un catholique. Sa foi comme sa conscience, éclairées toutes deux par la raison lui interdisent d’obéir ! L’Etat qui ne comprend pas cela et refuse l’objection de conscience devient alors tyrannique et la question de sa légitimité se trouve posée ! Ce qui n’est guère commode s’il veut intervenir dans le domaine religieux. Il est moralement suspect, et ce d’autant plus que certains de ses représentants affichent un mépris quasi officiel des religions digne des règlements de la Libre Pensée !

L’Islam n’existe pas plus que le catholicisme en France. Au nom de quoi, le gouvernement s’intéresserait-il aux prêches des imams, et pas des prêtres, pasteurs ou rabbins ? Pourquoi ne laisserait-il pas des pays étrangers subventionner la construction de mosquées ou de salles de prières, alors qu’il le permet pour des lieux de cultes d’autres religions, et ce d’autant plus qu’il est officiellement ami avec les pays étrangers en question ! Leur argent ne serait-il le bienvenu que pour beaucoup de domaines, sauf le religieux ? Et que diront certains amis et soutiens zélés de ce gouvernement, libre penseurs, francs-maçons du Grand Orient, dont certains sont des maniaques de la laïcité, si le gouvernement aide à la construction de lieux de cultes musulmans, par le biais culturels, comme il l’a fait pour d’autres ?

A chaque fois on ressortira la loi de 1905 dans son acception la plus étroite. Monsieur le premier Ministre, auriez-vous donc plus peur de corriger cette loi dans certaines formulations juridiques, que du Front National ? Sans faire de pronostics sur votre durée au gouvernement de la France, à ce poste ou à un autre, vous devez savoir que vous n’avez que peu de temps pour régler les affaires religieuses de ce pays et celles de l’Islam en particulier. S’atteler à cette tâche relèverait d’un vrai courage politique, de nature à rassembler beaucoup de français !

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