Ce texte nous relate le récit de la Transfiguration, qui nous rappelle que la sainteté, selon la Bible, se vit dès cette Terre. C’est la raison pour laquelle Notre Seigneur montre, l’espace d’un instant, son corps de gloire, celui de la résurrection, alors qu’il vit encore en ce monde. Il nous invite par là à l’imiter et à reflèter cette lumière en ce monde de ténèbres ! Mais cela nous ait tout autant difficile que pour les apôtres et les autres témoins du temps de son incarnation ! Voici la fin de l’homélie :
Deux mots peuvent donc résumer les premiers réflexes humains devant les signes annonciateurs de la résurrection : incompréhension et peur engendrant la fuite. Réflexes qui me semblent être toujours d’actualité.

Revenons pour cela aux vêtements qui deviennent d’une blancheur éclatante. Camille Focant dans son commentaire nous renvoie à une vision du livre de Daniel (7, 9), « je regardais lorsque des trônes furent installés », qui inspira l’Apocalypse de saint Jean au chapitre 1 versets 13 et 14 : «  « Un vieillard s’assit son vêtement était blanc comme de la neige et la chevelure de sa tête comme de la laine nettoyée. » Ici dans le récit de la Transfiguration fait par Marc, les vêtements sont qualifiés de brillants, très blancs, tels qu’un foulon sur la Terre ne peut blanchir. »

Je pense qu’il est utile de lire sa note 3 : « dans l’antiquité le foulon est un artisan qui nettoie les peaux et les tissus en les foulant et piétinant dans un bassin rempli d’eau, additionné d’une lessive nitre ou potasse. »

On retrouve aussi les vêtements blancs avec la vision du jeune homme, je l’ai dit, dans le tombeau.

La réponse de Pierre symbolise l’incompréhension des hommes devant la gloire de Dieu même quand celle-ci est manifeste, comme c’est le cas ici. L’apparition des prophètes morts il y a plusieurs siècles vient encore renforcer la puissance de la manifestation. Cela n’empêche pas Pierre de vouloir la placer à sa portée car ce qu’il propose en fait c’est un rabaissement du sacré sous un contrôle humain. Jésus, Moïse et Elie placés sous tente, c’est la religion mise à la disposition de l’homme et ramenée à des préoccupations humaines purement utilitaires. N’est-ce pas en définitive ce que cherchent tous ceux qui veulent aussi mettre la religion au goût du jour, et l’adapter à la modernité ? Et n’est-ce pas encore aussi ce qu’il y a derrière la folle prétention de certains à vouloir élaborer une religion sans Dieu qui serait celle de la République ? C’était ce que tentaient, il y a un peu plus de deux siècles, ceux qui établirent les différents cultes révolutionnaires après avoir mis sous tente ou en cage, ce qui revient au même, Jésus, Moïse et Elie, et ce autant par la constitution civile du clergé qui coupait en deux l’Eglise de France en en séparant une partie du pape, qu’en installant des cultes à la déesse raison puis à l’Etre suprême.

Voilà pour les mises sous tente ou en cage !

Il y a aussi la fuite des femmes au tombeau qui dans un premier temps ont peur du vide du tombeau et de l’ange. Beaucoup de nos contemporains, quand ils vont au delà de l’indifférence en matière religieuse mais versent vraiment dans le refus brutal voire méchant de la religion, traduisent à leur manière cette fuite des femmes. Au lieu d’emprisonner le sacré dans des cultes humains ou encore, ce qui est plus à la mode aujourd’hui, de le limiter à la conscience privée au nom de la laïcité, ils fuient la religion avec une répulsion maladive qui finalement n’est qu’une forme de crainte. Et cette crainte sera d’autant plus nocive pour ceux qui l’éprouvent, comme aussi hélas pour ceux qui la subissent, qu’elle sera inconsciente. Et je ne parle pas des possédés, car il y en a à des postes inattendus dans la société, pour qui le contact avec ce qui est religieux relève de la torture physique et psychique. Il y a certaines têtes qui ne trompent pas, quand on les voit dans les églises !

Ne soyons donc pas angoissés ou inquiets devant les turbulences antichrétiennes. Elles relèvent des soubresauts de la queue du grand dragon rouge jeté du ciel sur la Terre, qui n’en finit pas d’agonir, aveuglé par la blancheur des vêtements du Christ et blessé à mort par sa résurrection.

(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année B », Artège 2014)

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