Parole de la semaine – 5e dimanche du temps ordinaire

Ce texte évoque diférents miracles de guérisons et d’exorcismes opérés par Jésus. La modernité chrétienne des années 1970 a cru bon de les passer sous silence, ou pire, de les interprêter d’une manière symbolique parce que défiant la raison ! On en revient fort heureusement aujourd’hui, parce que l’on sait, de manière scientifique, l’influence du psychisme sur le corps humain ! Et l’Eglise, par son autorité la plus haute, celle de notre Saint Père, nous incite à jetter un regard plus respectueux sur de tels textes. Voici donc la fin de l’homélie de ce jour :

Et puisqu’il est encore question de possession dans notre texte, et que dans la précédente homélie j’ai fait le rapprochement avec les maladies mentales, je voudrais ici aller jusqu’au bout de mon propos pour dire combien il serait important de collaborer avec des psychiatres chrétiens. Cela irait dans le sens de ce que je crois a voulu faire le pape François, en rendant public le 3 juillet 2014 la reconnaissance juridique de l’association internationale des exorcistes (AIE) par la congrégation pour le clergé, et je vous donne l’extrait de la déclaration de son président à radio Vatican, le Père Francesco Bamonte, exorciste dans le diocèse de Rome, extrait fourni par Zenit : « il salue un événement particulièrement significatif et y voit un signe des temps qui exprime la prise de conscience toujours plus vive que parmi les mandats que le Christ a donné a son Eglise, il y a aussi celui de chasser les démons en son nom […] et cette association a pour but de favoriser les rencontres entre exorcistes et d’intégrer le ministère de l’exorciste dans la pastorale ordinaire de l’Eglise locale. »

Le pape François parle souvent du diable dans ses homélies, contrairement à certains prêtres qui prennent bien soin de n’en parler jamais. Comme ceux qui font disparaître des versets des passages bibliques proposés à la lecture des fidèles, ils amputent gravement la Bible de toute une réflexion sur les mécanismes de l’action du mal en ce monde, et font preuve aussi d’une manière de comprendre plus que douteuse des textes comme celui que nous méditons.

En gros, pour eux, l’exorcisme correspond au manque de science psychiatrique. Jésus fait ce qu’il peut avec la pauvre science dont il dispose, tout comme ses disciples et leurs successeurs. Il faudra, toujours pour nos prêtres ou laïcs allergiques au diable, attendre le siècle des lumières pour chasser la superstition et surtout donc les conséquences de ces idées au XIXe siècle, pour que la psychiatrie et la psychanalyse se développent et démythologise la possession pour la classer parmi les maladies mentales : délires à thème religieux. Et là se pose la question du type de traitements sur lesquels les thérapeutes modernes sont bien loin d’être d’accord, et je ne veux pas ici aborder ce problème. Je dis simplement que des scientifiques chrétiens, ceux qui ne considèrent pas la foi comme relevant elle aussi du délire, devraient collaborer avec les exorcistes d’une manière consciente et volontaire. Car déjà ils le font par la force des choses, mais chacun de leur côté, ce qui n’est pas dans l’intérêt de la personne qui souffre. Beaucoup de prêtres en effet désignés comme exorcistes envoient systématiquement leurs « patients » chez le psy. Mais avant de voir un exorciste, la personne qui se dit possédée doit rencontrer un prêtre de sa paroisse, appelé à soumettre ou non son cas à l’exorciste du diocèse. Là encore il y a bien souvent des envois systématiques chez le psy et au mieux, dans la majorité des cas, cela correspond à la réalité des choses. Mais qui nous dit que le prêtre ne se trompe pas ? Et de plus, compte tenu de l’air du temps qui accuse autant les prêtres que les psys, je ne vois pas un psy même chrétien, dans l’état actuel des choses, s’avouer vaincu en renvoyant son malade chez le curé de la paroisse où à l’exorciste du diocèse. Non il préfèrera le laisser aller éventuellement en prison suite à un délit ou à un crime, milieu clos où le prix de journée est moins élevé que dans un hôpital psychiatrique fermé. Je sais de quoi je parle ayant exercé pendant dix ans le ministère d’aumônier de prison et y voyant augmenter, années après années, le nombre de personnes au comportement difficile.

Or le nombre de personnes au comportement étrange et inquiétant, et j’emploie ce terme parce que je ne suis pas médecin, est en nette augmentation et ce à tous les échelons de notre société. Les cas de possession aussi, mais la baisse gravissime de la pratique religieuse fait qu’ils ne se présentent plus à l’Eglise, ils vont ailleurs ce qui quelquefois ne leur réussit pas trop mal et même peut leur assurer des promotions inattendues. Satan n’avait-il pas dit à Jésus que s’il se prosternait devant lui et l’adorait il lui donnerait tous les royaumes de la Terre ? (Matthieu 4, 8-9). Cela peut laisser songeur mais certainement pas inactif.

Dans le domaine spirituel on ne fait jamais du surplace et on n’est jamais neutre, on avance ou on recule, on est avec le Christ ou on est contre lui. Quand on ne veut plus parler du diable et ranger les exorcismes au musée des vieilles superstitions, tout en prétendant annoncer le royaume de Dieu, on joint en fait sa voix à celle des démons qui savaient qui Jésus était. Et l’on est alors soi-même possédé, possédé par un démon qui rend sourd et qui empêche alors d’entendre ce que Jésus dit à ce genre de prêtres ou de laïcs prétendument théologiens : « tais-toi » !

(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année B », Artège 2014)

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