Parole de la semaine – 4e dimanche du temps ordinaire

Le passage de l’évangile selon St Marc qui nous est proposé (Marc 1, 21-28) insiste sur l’autorité qui se dégageait de la prédication de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm, de son effet sur les assistants qui en sont frappés, de sa puissance d’exorcisme sur le possédé qui était présent.
Cela nous pose, entre autre, la question de l’autorité des prédications chrétiennes aujourd’hui, en particulier dans des pays d’ancienne chrétienté comme le nôtre, complètement déchristianisés. Voici la conclusion de l’homélie de ce jour :
En fait quand nous prêchons nous devons laisser la place au Christ, tout comme quand nous disons le canon de la messe. Si ce n’était pas le Christ qui parlait à se moment là, en se servant de notre voix pour dire « ceci est mon corps » et « ceci est mon sang », il n’y aurait que du pain et du vin.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire mais je me répète, puisqu’on monte à l’autel pour signifier l’importance de l’Eucharistie, on devrait aussi monter en chaire pour prononcer l’homélie qui n’est qu’une autre forme de la présence réelle du Christ. Dans les deux cas c’est la même personne en chaire pour tous, baptisés ou non, à l’autel pour beaucoup, c’est à dire pour tous ceux qui, parmi les baptisés, se trouvent dans les conditions requises par l’Eglise pour sceller dans le corps et le sang du Christ leur foi en ce même Jésus, dans l’unité complète avec son Eglise, une, sainte, catholique et apostolique, ce qui forcément en exclut certains. (Ceux qui ne se trouvent pas dans les normes du droit canon).

Et elle ne peut qu’être grande, tout simplement parce qu’elle est divine, la force qui permet à un homme faible et pêcheur de parler avec l’autorité de Jésus, comme de rendre ce même Jésus présent en lui pour que se produise la transsubstantiation du pain et du vin en corps et sang du Christ.

Et Marc tient à nous le prouver par la présence du possédé. Il peut paraître surprenant que celui-ci reconnaisse Jésus pour ce qu’il est, alors que des gens de son entourage immédiat devront attendre la résurrection pour savoir exactement qui il est. Que voulez-vous, ce n’est pas pour rien qu’on appelle le diable le Malin. Lui aussi il n’est pas sans force. Vous avez remarqué le jeu du pluriel et du singulier dans l’apostrophe du démon. Il dit « nous perdre » avant de dire « je sais qui tu es ». Le démon a le sens de sa communauté et aussi de sa personnalité. Il sait jouer sur le clavier du collectif comme sur celui de l’individualisme, ce qui manque à beaucoup de croyants. Cela est à méditer… Mais je veux en venir tout de suite au plus important. Avant de le chasser Jésus lui dit « tais-toi ». On peut bien sur y voir le désir du secret messianique, thème cher à l’Evangile de Marc, mais pas qu’à lui. Jésus veut en effet éviter les contresens que l’on peut faire sur le mot Messie, être ébloui par la gloire et se mettre ainsi dans l’impossibilité de recevoir la vérité de la croix. Mais il y a plus, comme le fait remarquer le commentaire de Camille Focant. L’annonce du royaume qui implique l’annonce de Jésus Christ et la reconnaissance de son ministère de salut ne peut être produite simultanément par Jésus et le démon, par les représentants du Christ et les possédés. Il n’y a pas de place pour la parole des deux au même endroit et en même temps.

Les possédés existent toujours, même si aujourd’hui on les couvre pudiquement du voile de la maladie mentale. De toute façon la possession et la maladie mentale sont liées et vont ensemble, seuls les traitements principaux diffèrent, et je dis principaux car il peut y avoir aussi complémentarité. Ce pourquoi il ne faut pas s’étonner qu’une homélie soit quelquefois interrompue par une personne qui se dit scandalisée, le plus souvent d’ailleurs ces gens attendent la fin de la messe et ont à ce moment là, et c’est encore plus perfide, l’art de dire en quelques mots, avec une tête de Christ en agonie, les pires des méchancetés qui peuvent à ce moment précis faire mal à celui qui vient de célébrer. C’est certes désagréable pour le prêtre, mais c’est en fait bon signe pour ce qu’il a dit, car les paroles du Christ font toujours l’effet du poil à gratter pour les démons.

(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année B », Artège 2014)

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