Une laïcité peut en cacher une autre !

Les terribles évènements que la France vient de vivre ont augmenté une clameur, renforcée déjà depuis un certain mois de mai 2012 : l’invocation à la laïcité, ainsi qu’une référence constante de type « monomaniaque » à la république, comme si la France ne pouvait être définie que par ces deux concepts ! On pourrait faire un parallèle entre le célèbre air de la calomnie chanté par Basile dans le Barbier de Séville, et ce que nous entendons pratiquement tous les jours sur la laïcité. Les « Basile » ne manquent pas, mâle ou femelle, reste à trouver un parolier et un musicien pour composer ce premier hymne du culte républicain souhaité par le ministre socialiste Vincent Peillon, décidément bien national dans son projet d’école nouveau sanctuaire, et d’un corps enseignant érigé en prêtrise, capable d’opérer « la transsubstantiation de l’élève en citoyen », enfin sensible à tous les ordres de l’Etat, minutes de silence et autre… !

Cela dit, qu’on ne se méprenne pas. Je crois que l’Etat doit être laïc. L’Eglise n’a pas vocation à gouverner, même si elle a le droit et même le devoir de faire entendre sa voix sur certains problèmes de société qui touchent à la morale ou à d’autre domaines qui regardent la foi. Et cette liberté vaut aussi pour toutes les familles spirituelles qui composent le paysage culturel français.

Par voie de conséquence, l’Etat n’a pas pour mission d’enseigner la foi ou la morale. Mais il peut et doit intervenir quand il y a menace de trouble à l’ordre public, du fait par exemple de déchainement de fanatisme religieux ou laïciste. Mais pour cela l’Etat doit inspirer confiance par une neutralité juste. Depuis que monsieur François Hollande est à la tête de l’Etat ce n’et plus le cas. L’heure est si grave que personnellement, je suis prêt à ne plus regarder au passé et à prendre en considération l’appel à l’union nationale, à laquelle aspirent tant de français comme l’a montré la grande manifestation de dimanche dernier, qui s’est terminée dans un lieu de prière cher à mon coeur, la grande synagogue de la rue de la Victoire, où revivent encore à mes yeux les visages amis du Grand Rabbin Jacob Kapplan et du Grand Rabbin Meyer Jaïs qui m’honorèrent de leur amitié ! La présence, non crispée, du Président de la République, du Premier Ministre, du ministre de l’intérieur et d’autres officiels m’a fait plaisir ! D’où le propos de ce jour contre ceux, qui relevant d’un autre esprit, ont finalement un comportement de factieux.

C’est de Madame la Garde des Sceaux dont je veux parler, charmeuse des médias et des hommes politiques de droite comme de gauche, dont on ne sait pas trop si l’art relève des charmeurs de serpents ou de celui du joueur de flûte qui entrainait les rats à leur perdition. Le vaudou est peut-être la réponse « syncrétiste » appropriée ?

Aux obsèques de Tignous, elle n’a pas craint de dire : « On peut tout dessiner, y compris un prophète, parce qu’en France, dans la France de Voltaire et de l’irrévérence on a le droit de se moquer de toutes les religions. »

N’importe quel particulier a le droit de penser cela et même de le dire, même si en de pareils moments cela pose quelque question. Mais un ministre en exercice, de la Justice de surcroit, représentant un Etat qui se veut laïc, et depuis ces tristes évènements, neutre et rassembleur de tous les français ne devrait pas tenir de tels propos, sauf dans une perspective de double jeux du pouvoir en place ! Si tel était le cas ce serait plus que grave !

Dans le même temps, le Pape François expliquait à des journalistes que la liberté d’expression était un droit et même un devoir pour les catholiques, en particulier quand ils sentaient le bien commun menacé, il précisait aussi qu’on avait pas le droit de tuer au nom de Dieu ! Mais il ajoutait qu’on ne pouvait pas offenser la foi des autres, qu’on ne peut non plus ni s’en moquer ni l’insulter. Et c’est ainsi qu’il a évoqué les limites de la liberté d’expression. Paroles sages d’un très haut responsable d’âmes et de vies humaines, à des années lumières d’un ministre idéologue, emprisonnée dans ces restes fétides de la philosophie des Lumières réunis dans le néopositivisme de notre « modernité » qui considère les religions comme avilissantes pour l’homme : superstition pour Robespierre, opium du peuple pour Lénine, enjuivemement pour Hitler, et quoi au juste pour Madame Taubira ? Je ne sais si elle pense et ce qu’elle pense mais elle invoque explicitement Voltaire dont elle fait le « saint » patron de la France ! Opinion particulière qui n’est pas celle de tous les français. Mais ne nous arrêtons pas à cela. Voyons ce qu’il en était de la « laïcité » de Voltaire et ce qui pouvait en résulter quant à la liberté d’expression. La base de la pensée de ce « grand » homme est la haine de la religion et tout spécialement des juifs et de l’Eglise catholique.

Deux exemples, mais il y en a des quantités : en 1761, il écrit à Damilaville « Ecrasons l’Infâme »! Il s’agit de l’Eglise catholique bien entendu. En 1793-1794 ses disciples l’exhausseront par la guillotine, la déportations des prêtres sans jugement, le génocide vendéen, ensuite on fera beaucoup « mieux » !…sur les pas de Voltaire.

Quant aux juifs, voyons cet extrait de son dictionnaire philosophique de 1767 au mot « anthropohagie » : « Il est vrai que du temps d’Ezéchiel les juifs devaient être dans l’usage de manger de la chair humaine, car il leur prédit au chapitre 39 que Dieu les fera manger non seulement les chevaux de leurs ennemis mais encore les cavaliers et les autres guerriers. Cela est positif. Et en effet pourquoi les juifs n’auraient-ils pas été anthropophages ? C’eût été la seule chose qui eût manqué au peuple de Dieu pour être le plus abominable peuple de la terre. »

La « laïcité » de Madame Taubira qui s’inscrit dans la continuité de celle de Voltaire ne m’inspire que mépris et dégoût. Mais, sur le plan national, et c’est cela qui compte, c’est une incitation à la division entre français, un empêchement quant à l’unité nationale et une incitation à la radicalisation en tout genre.

Déjà l’antichristianisme du gouvernement constituait dès 2012 un encouragement pour les islamistes radicaux à conquérir la France et l’Europe. Avoir fait des caricatures de Mahomet le symbole de la liberté d’expression en France constitue un risque majeur : donner des lettres de noblesse à l’insulte. Voir ce qu’en a dit le Pape François !

Continuer aujourd’hui à promouvoir Charlie Hebdo (et je ne demande pas d’interdiction) c’est s’engager dans une spirale d’escalade de la violence. Combien faudra-t’il d’églises brulées, de chrétiens massacrés, puis de mosquées attaquées, de musulmans tués à leur tour pour satisfaire la soif de certains de nos intellectuels pour la liberté d’expression ?

Madame la Garde des Sceaux devrait réfléchir. Une heure de vol de Rafale coûte plus cher qu’une heure d’hélicoptère, la France est ruinée comme beaucoup de français et les finances de Charlie se portent plutôt bien. Viendra le temps où les français feront leurs comptes. Enfin on ne peut opposer aux « fous de Dieu » je ne sais quelle folie laïciste. La foi et la raison doivent coexister, en ce sens que l’une et l’autre doivent toujours se questionner. Ceux qui n’ont pas la foi doivent la prendre en considération, quelle qu’elle soit. Même obligation pour les croyants qui ne doivent jamais se croire dispensés de réfléchir. C’est par ce chemin qu’un « vivre ensemble » est encore possible en France. Certainement pas par la laïcité voltairienne, revue et corrigée par les obsessions et les fantasmes de Madame Taubira.

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Un commentaire

  1. Quelques idées me viennent en tête en lisant votre blog.
    1. “Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter.” Selon Kierkegaard …
    2. On a le droit de se moquer de tout, mais pas de Madame Taubira. Les condamnations pour racisme à son égard sont « normales ».
    3. Voilà ce que j’apprenais en cours de morale, à l’école publique, il y a quelques décennies:
     » Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres. Un homme est bon s’il rend les autres meilleurs.
    La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. »
    Cette laïcité oui, mais pas celle de Peillon, ni celle de Taubira.

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