Parole de la semaine – 2e dimanche du temps ordinaire

1 Samuel 3 v3-19 ;  1 Cor 6 V13-20 ,  Jean 1 v35-42, ces trois textes traitant de la vocation, sujet très actuel dans l’Eglise, je distinguerai cependant l’extrait de l’Ancien Testament concernant le jeune Samuel et le prêtre Eli :

« Si malgré les censeurs du lectionnaire on a le bonheur de lire les deux versets qui précèdent le verset 3 qui débute la lecture dominicale de l’Ancien Testament, on y apprend ceci : « la parole du Seigneur était rare en ces jours là, la vision n’était pas chose courante » (1 Samuel 3, 1).

Eh oui Dieu faisait une sorte de grève vis-à-vis de ses prêtres, les deux fils du vieil Elie, qui se conduisaient fort mal et que leur père ne réprimandait que fort légèrement (voir 2 Samuel 2, 12-26). Le vieux prêtre avait été pourtant réprimandé, lui, par un prophète (2 Samuel 2, 27-36) mais rien n’avait changé dans son comportement. Alors Dieu sort de son silence et s’adresse à Samuel. Et le vieil Elie n’est pas jaloux, il donne au jeune enfant toutes les indications nécessaires pour recevoir comme il faut l’oracle de Dieu et lui faire ensuite jurer de tout lui dire dès qu’il a en lui la certitude que Dieu a parlé à Samuel. Elie n’est donc pas jaloux de Samuel, il sait qu’il est en faute, mais il ne cède pas au dépit. Il accomplit son ministère de prêtre en instruisant l’enfant dans sa manière de se comporter devant Dieu et mieux, il veut entendre de lui ce qu’a dit le Seigneur alors qu’il doit plus que s’en douter vu son expérience et ce que lui a déjà annoncé de très désagréable l’homme de Dieu auquel j’ai fait précédemment allusion.

Belle leçon pour les vieux prêtres en général et qui tel le vieil Elie sont encore en exercice. Pas de jalousie envers ce jeune à qui Dieu parle et par qui Dieu va aussi parler, alors qu’à cause de leur lâcheté ils sont devenus secs spirituellement et cependant capables d’accepter la sentence divine sur le naufrage de leur ministère, sentence prononcée par ce même jeune. Que de remords, auxquels il faut espérer que se mêlent aussi des repentirs, comme dans cette réflexion du vieil Elie : « il est le Seigneur, qu’il fasse ce que bon lui semble » (2 Samuel 3, 18).

Pour qui connaît la mentalité de l’Ancien Testament, cette réplique ne reflète pas non plus je ne sais quel fatalisme mêlé à du dépit. Elie connaît parfaitement la signification de la sentence divine que notre lectionnaire nous cache. C’est une condamnation sans appel compte tenu des sacrilèges commis par les fils d’Elie dans l’exercice de leur fonction sacerdotale, que leur père n’a pas sanctionnés comme il l’aurait dû. Dans le texte biblique le jeune Samuel, lui, ne cache rien au vieux prêtre alors que les auteurs de notre lectionnaire eux nous le cachent. Quand on songe aux dérives qui ont suivi le concile Vatican II et qu’on a osé lui imputer et ce, aussi bien dans les « pour » que dans les « anti », on est en droit de se demander si les auteurs de ces coupures n’ont pas quelque chose à voir avec je ne sais quel sacrilège ? Pas forcément à l’identique de ceux des rejetons d’Elie, mais sacrilèges tout de même parce que faussant les doctrines et l’enseignement du magistère, ayant vidé les églises et provoqué un schisme.

En fait c’est toute une génération d’ecclésiastiques qui devrait se sentir concernée par ce qui arrive à Elie, génération dont je suis plus proche par l’âge que celle du jeune Samuel. Je n’ai certes jamais partagé les idées de ces ecclésiastiques, ce qui ne veut pas dire que je considère ne m’être jamais trompé et n’avoir jamais commis d’erreurs. C’est pourquoi je puis dire sans m’ériger en juge que même devant des paroles de condamnation sans appel de Dieu, le repentir peut toujours amener le pardon divin. Cela est arrivé pour le roi Achab, idolâtre et meurtrier (1 Rois, 21, 27-29) qui malheureusement ne persévéra pas dans son repentir, qui pourtant avait éloigné un instant le châtiment, en revanche cela se produisit complètement pour les ninivites qui, au grand dam du prophète Jonas, ne moururent pas dans la destruction de leur ville que celui-ci avait pourtant annoncée de la part de Dieu (relire le livre de Jonas). »

(Extrait du livre « A l’écoute de la Bible, homélies Dimanches et fêtes – Année B », Artège 2014)

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Un commentaire

  1. L’amour de Dieu est plus grand que la sottise des hommes. Le repentir et le pardon sont divins. Ils sont impossibles à l’homme, si Dieu ne l’aide pas. Mais il faut Lui demander ces deux cadeaux: demander pardon et pardonner.

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