La Barbarie

« Je le dis pour le bien de ma patrie, je le dis pour le bonheur de la génération présente et pour celui des générations à venir, le scepticisme outré, l’esprit d’irréligion transformé en système politique est plus près de la barbarie qu’on ne le pense ».

Ainsi s’exprimait le 5 avril 1802, Jean Etienne Marie Portalis, ministre des cultes du Consulat, pour présenter le Concordat au Corps législatif. Je signale au passage que ce brillant juriste, principal rédacteur de ce Concordat comme aussi du code civil napoléonien, osa en plein procès de Louis XVI début janvier 1793 lire devant des amis un plaidoyer en faveur du roi, ce qui dans la nuit qui suivit le contraignit à fuir et à se cacher. Dénoncé, il n’échappa à la guillotine que par la chute de Robespierre (27 juillet 1794). Il était, en outre, membre du Grand Orient de France… C’était une autre époque ! Mais le propos demeure terriblement actuel.

Le premier Consul très peu catholique et le très catholique Pape Pie VII avaient en commun une intelligence peu commune. Ils se mirent d’accord pour mettre fin, en France et par voie de conséquence aussi en Europe, à la déchristianisation voulue et organisée par la Révolution française, dans la violence, le sang et justement la barbarie, avec entre autre le génocide vendéen.

En 1905, le 9 décembre, fut votée la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ! La IIIème République revenait aux erreurs funestes de la Ière et eut une  part active dans la grande boucherie de 1914-1918, suicide de l’Europe. Surtout si on songe aux années 1917-1918 où « la paix des braves » ne fut empêchée en 1917 que par l’idéologie criminelle d’un Clémenceau, toujours mangeur de curés, manipulé par Wilson président des Etats Unis, voulant l’un et l’autre la chute de l’empire austro-hongrois qui avait le malheur d’être catholique. Et ils eurent aussi la peau de l’Empire Turc ! Ainsi devons nous à ces messieurs et à leur anticatholicisme maladif : la révolution bolchévique de 1917, les désordres dans les Balkans, le nazisme comme réponse à l’humiliation infligée à l’Allemagne par le traité de Versailles et les désordres dans le monde arabo-musulman ! Et la barbarie est passée du stade artisanal à celui de l’industrie lourde.

Et aujourd’hui, alors que nous commémorons ces évènements, on continue à oeuvrer pour promouvoir la barbarie, au nom de l’idéologie républicaine laïque, devenue une sorte de credo obligé pour tout responsable politique et même aussi quelquefois hélas religieux ! Sous peine de suspicions les plus graves, tout discours public doit prononcer les mots magiques ! A quand le chapelet républicain avec des « je vous salue Marianne », accompagnés de morceaux de la carmagnole, ou du ça ira, remplaçant les gloria ? Pour le reste la « République » compte assez d’écrivains stipendiés et aspirant aux honneurs pour lui écrire de « bons » textes !

C’est pourquoi les récentes attaques contre les crèches et les 25 propositions du Grand Orient de France, ne relèvent pas seulement d’un passéisme désuet ou d’une intolérance provenant d’esprits fatigués. Même si ces éléments existent dans ces actions et les nombreuses tables rondes que nous ont infligées les média, il y a pire qu’eux ! La haine indécrottable de ces esprits abimés par la philosophie des Lumières, la haine anticatholique qui les aveugle au point de ne pas voir qu’ils travaillent à leur propre destruction.

Car toute campagne anti-chrétienne fait aujourd’hui le jeu de l’islamisme, et dans les temps de guerre que nous vivons avec la menace terroriste, relève de la haute trahison sur le plan temporel, et de l’apostasie sur le plan religieux ! On m’a rapporté que récemment un dirigeant catholique avait dit publiquement à des musulmans « soyez fiers d’être musulmans ! ». Sans leur demander de se convertir, il avait, je pense, autre chose à leur dire.

Au moment où une nouvelle année civile va commencer, les français tout comme les européens doivent savoir qu’ils sont à l’heure du choix. Ils doivent refuser de se laisser distraire par des débats d’un autre âge et avoir le courage de mettre au grand jour les ressorts cachés qui les provoquent. Un pays comme un continent ne peuvent se relever que dans l’union, ce qui implique l’exclusion et la neutralisation des forces qui divisent et répandent la barbarie.

Et je terminerai sur une autre citation de Portalis dans le même discours « Sachons qu’on n’afflige jamais plus profondément les hommes que quand on proscrit les objets de leur respect ou les articles de leur croyance ». Depuis un moment les dirigeants français battent des records dans ce domaine. Il en faut plus à certains. Ne laissons pas faire. Résistons !


NB : Pour les références sur Portalis et la question du Concordat, on peut se reporter à ma brochure « Dieu et l’Etat – Signification de la fête du Christ Roi » Ed Via Romana, octobre 2013.

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